• Dimanche 29 juillet: atterrissage à Douchambe

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  •  Samedi 2 août: atterrissage à Bishkek,  au Kirghistan

    Nous sommes bien arrivés à Bishkek.  Le décalage est grand avec le Tadjikistan.  Ici, tout semble plus développé et très pluri ethnique. Bishkek est construite sur le modèle des villes soviétiques: larges avenues avec les bâtiments officiels très massifs et imposants. 

    Bishkek, Kirghistan

    Bishkek, KirghistanBishkek, Kirghistan

     

     

     

    Bishkek, Kirghistan

    Bishkek, Kirghistan  La ville n'a rien de transcendant. On sent par rapport au Tadjikistan une nette différence de développement et de culture.  Le nord du Kirgistan est très russifié alors que le sud a gardé plus ses traditions. Le mélange ethnique est très surprenant: plus de 80 groupes ethniques différents dont pas mal de mongols, ouighours, russes et kirgizes. Cela donne un panachage dans les rues très sympathique.

    Bishkek, Kirghistan

    Bishkek, Kirghistan

    Côté nourriture, on retrouve à peu près les mêmes plats qu'au Tadjikistan,  avec en plus à notre menu, du "bortch", soupe à base de betteraves, les "langhmans", plats de nouilles plates avec viande et légumes et tout un assortiment de samosas géants.

     

     

     

    Bishkek, mercredi 28 août (par Régis)

    On remet en route après quelques jours de repos. On a profite de ce séjour dans la capitale pour bien manger et dormir.
    Il semblerait selon mon compteur qu'on ait parcouru à vélo dans les 700 km pour 9199 m de dénivelé positif, ce qui me parait énorme...
    On repart vers le sud, dans les montagnes. Au programme trois cols dont deux à 3600m et un long tunnel d'une vingtaine de km qu'on va essayer de passer en camion afin de ne pas succomber asphyxiés.
    On se dirige vers Osh et Sary Tash. Arrivés, on aura parcouru 826kms. Il restera 80 kms pour la frontière chinoise et 200 kms de plus pour arriver à Kashgar. Le visa ne nous presse plus, il n'y en a pas pour le Kirgistan, seul impératif: etre en Chine au plus tard le 10 octobre.
    Apres la vie austère de Douchambé, religion ismaélienne, branche de l'islam, les moeurs ici à Bishkek sont plus occidentalisées. J'ai vu des anoureux, les ados se fréquentent, des femmes conduisent...
    Avec la libéralisation des moeurs, suivent les marchands, leurs boissons sucrées, les fast food, la pub, les cigarettes, le modele occidental. Au milieu de tout cela, naviguent les plus agées, en tenue traditionelle. Les faciès sont de type mongol. Beaucoup de Soviétiques vivent ici. L'architecture est de type bolchevique.

     Osh, vendredi 13 Septembre:Kirghistan 

    Kirghistan, transhumance des juments
    Nous arrivons à Osh, au sud du Kirgistan, en plein territoire Kirgize. La majorité de la population est d'origine ouzbèque ici. Effectivement, la frontière avec l'Ouzbékistan est toute proche.
    Avec le peuple kirghize,  je partage, modestement,  le goût pour le nomadisme (tradition ancestrale), et celui pour les chevaux. Sauf qu' ici, leur amour va jusqu'à les intégrer à leur cuisine, chose que je ne partage plus du tout. Du coup, je suis doublement vigilante et respecte un végétarisme strict, de peur d'ingérer ces vénérables amis de l'homme. 

    Pour le nomadisme,  on commence à y prendre un goût certain: se déplacer devient notre quotidien,  paisiblement,  au point même qu'au bout d'un certain temps au même endroit,  l'envie nous démange de reprendre bien tôt les pédales. Le rythme et la lenteur du voyage en vélo nous conviennent toujours autant.  A pas de fourmis,  on avance en prenant le temps de voir se dessiner la route et de détailler les paysages,  on rencontre des gens, on échange, on savoure une "vada c gaz" (eau gazeuse) bien fraîche...
    Et puis je découvre aussi qu'en vélo se déployent de grands espaces de pensée. Quand le relief laisse le corps faire son travail tranquillement,  la tête est libre pour toutes sortes d'errances. On refait le monde, on philosophe,  pense aux amis, monte et démonte des tas de projets... On n'en est pas encore à l'état de zénitude méditative, où les pensées même disparaissent.  Il faudra encore attentre plusieurs milliers de kilomètres pour cela,  je pense!


    Parvenus à Osh, nous approchons du point que nous aurions dû rejoindre en empruntant la route du Pamir, la ville de Sari Tash.
    Beaucoup de beaux paysages traversés pour arriver là,  avec, très présente dans nos pensées, Odile,  une amie disparue bien trop tôt cet été.  Amoureuse de la montagne,  elle aurait aimé ce pays et ses habitants si accueillants...

     

     

    Récit détaillé du périple par Régis:
    28 août: Départ,  altitude 950m, il fait 38 degrés. On roule 84 kms sur une route très fréquentée par les camions et voitures.  On se tient au bord de la chaussée et on a intérêt. Le soir, par chance, au milieu de nulle part, une vieille dame Russe nous accueille dans son jardin d'Eden. Je me régale de framboises, de pommes et de ma première bière du séjour.  On se décrasse avec grand plaisir dans son sauna. On installe notre tente sur sa pelouse, elle nous nourrit, impossible de payer.
    Kirghistan, jardin d'Eden russe Kirghistan, yourteKirghistan, jardin d'eden russe
     

    29 août: On attaque la montée du premier col dans une gorge hinospitalière qui nous mènera 57 kms plus loin en haut du col à 3250 m. Ca grimpe sans répit,  du 5 à 8%; vers 14h un vent violent de face se lève.  On capitule vers 16h. Par chance on se trouve au seul endroit du col où il est possible de camper.... et au bord d'une petite rivière, on a roulé 37 kms.
     

    30 août: Départ 10h, il reste 20 kms pour être en haut. On attaque les lacets, du 12%, de toute manière ils n'ont que ce panneau, ça grimpe régulier,  je me cale dans la roue de Sylvie.  Au 3/4 du col, dans une épingle,  une "gastinitsia" me sauve de la fringale. J'avale œuf, thé, pain, baignets à la patate. On grimpe à 5, 6 kms/h. Quand ça monte sec, les Kirghises nous encouragent à coups de klaxon, le pouce levé, admiratifs. Ils ne comprennent pas bien pourquoi on voyage à vélo, l'un d'eux demande à Sylvie si c'est parce qu'on est pauvres et que l'on ne peut se payer une voiture. Le col se termine par un tunnel,  Sylvie avise un camion â bestiaux vide qui nous embarque avec vélos et bagages. On nous avait conseillé de ne pas rouler dans ce tunnel trop étroit et peu aéré. Un vrai régal la descente.

    KirghistanKirghistan, nomadesKirghistanKirghistan, lac Toktogul

    Elle nous conduit vers un vaste plateau d'altitude où sont installés les nomades avec leurs yourtes, leurs troupeaux de vaches, chevaux, chèvres,  moutons. Ils vendent du lait et du fromage de jument. Le fromage s'avère bon mais piquant. Il se présente sous forme de boules, il est tellement sec qu'on doit pouvoir le conserver des années. Je suis ému de boire du lait de jument.
    L'endroit est vert, herbeux, entouré de hauts sommets enneigés.
    J'ai remarqué qu'on réussissait bien nos implantations de camp. On se concerte intelligemment,  du genre:Kirghistan
    " - Il t'en reste dans les jambes?
       - Non, et toi?
        - Moi non plus..... bon, on campe là!  "
    31 août: Un couple de nomades nous arrête, ils sont âgés, ils veulent à tout prix qu' on boive le thé chez eux. Ils nous offrent sous une yourte tout confort, le pain traditionnel, de la confiture de framboise, du lait de jument fermenté,  des gâteaux,  des bonbons au chocolat. Ils veulent qu' on les prenne en photo avec nous. Sylvie échange avec eux en Russe, j'admire l'architecture de la yourte.KirghistanKirghistan, petit gouter dans une yourteKirghistan, petit gouter dans une yourte

    En partant j'offre mon Opinel N°7. Le vieux Kirghize a l'air d'un enfant qui reçoit son premier cadeau de Noël, il admire le couteau, le tourne dans tous les sens, le met dans sa poche, le sort à nouveau,  l'ouvre,  le ferme, fait fonctionner la virole. Sylvie immortalise l'instant.Du coup le couteau de l'outil Leatherman offert par  Miguel Garcia devient mon couteau officiel.
    Kirghistan1er septembre: On entame la grimpette du deuxième col. J'accepte de mieux en mieux les longues pentes,  les pourcentages à 12%, le rythme lent et que.... de toute manière la grimpette va durer un temps certain. Sylvie, elle, n'a pas d'états d'âme,  rien ne lui fait peur, rien ne lui résiste,  elle a un moral d'acier, elle appuie fort, amène des braquets d'enfer.
    En haut du col on  se photographie sous l'édifice russe célébrant le col, c'est du genre stalinien, tadjik, pauvre en matériaux.
    De 3300m on redescend à 1000 m, en longeant une rivière fabuleuse pour la pêche à la truite et sans pêcheurs, pourtant tous les restaurants proposent ce poisson. C'est aussi la vallée du miel, il m'a fallu un moment pour réaliser qu'il y avait des forêts et donc des arbres. A 13h on s'attable pour déguster la truite sauvage locale, on n'est pas déçu.
    Le soir, on loge dans un hôtel russe délabré (ça va devenir un pléonasme).
    2 septembre: Ca monte fort, ça descend fort et là, malgré les panneaux, Kirghistanc'est plus que du 12%. Sylvie s'en accommode très bien sachant que ça ne  va pas durer (je la cite), elle me dit même qu'elle préfère cela à de longues lignes droites plates et monotones, elle va finir par me traumatiser. Il fait très chaud à nouveau. J'attrape, avec chapeau, une insolation. Le soir, un resto nous loge dans une grande pièce destinée aux repas avec hôtes nombreux,  le tapis est très moelleux.
     

    3 septembre: Route difficile au début,  puis on longe une rivière qui descend dans notre sens... promesse de kms paisibles. Le soir on dort dans l'ancien hôtel soviétique le plus délabré du voyage. Rien ne fonctionne,  pas de douche, pas de lumière dans la chambre, le plafond rempli de gouttières menace de s'effondrer, l'édifice en béton aussi. Une dame très gentille s'occupe de nous et nous ouvre la cuisine, on mange nos nouilles en terrasse.
     

    4 septembre: On suit un lac artificiel toute la journée, il fait très chaud. Le soir on est accueilli chez une Kirghise à qui Sylvie demandait s'il y avait un hôtel.  Elle nous loge dans son salon, on se lave au jet dans son jardin, elle cuisine pour nous. Ses enfants travaillent tous en Russie, à Moscou. Elle garde son petit fils qui ne connait pas ses parents.

    5 et 6 septembre: On roule dans une plaine agricole, riche en fruits et oignons. On nous offre un melon, Sylvie achète du melon séché,  délicieux. Le 6 on rejoint une vallée en hauteur. On s'écarte de notre route. On va vers la plus grande forêt de noyers d'Europe, â 1600m d'altitude. Le CBT nous loge chez l'habitant. Comme on est Français on nous installe chez la dame qui cuisine les meilleurs repas. Sa cuisine est délicieuse, avec Robert le Polonais, on se met de pleines ventrées. Autour de nous on voit vivre la famille, le grand père et la grand mère passent leur journée assis au même endroit pendant que la plus jeune des filles corve toute la journée sous les ordres de sa mère et sa grand-mère. En hiver il y a beaucoup de neige, rien à faire et les gens passent leurs journées à dormir. Pour l'instant le ciel est toujours bleu.
     

    7, 8, 9 septembre: On se pose et se repose dans ce village. On se reconstitue, on mange, on sieste, on lit, on lessive, on dort. On se pKirghistanromène de temps en temps, Sylvie a fait un tour à cheval d'une journée dans les montagnes environnantes. Je bricole les vélos.  Je ne peux rien pour mon pédalier qui depuis 15 jours a des sonorités bizarres qui n'indiquent rien de bon, cloc.. cloc.. côté gauche et un bruit métallique côté droit â chaque tour de pédale, je dois être en plein rodage. Quand à Jeannie L.S Deruy, elle a explosé plusieurs dents des 3 plateaux, elles ont perdu le pointu et sont carrées maintenant!!
    A cet instant on en est à 15 727 m de dénivelé positif.
     

    10 septembre: Journée paisible, après 80 kms on arrive à Jalalabad, ville tranquille. On se ballade dans le bazar. On dort chez l'habitant,  c'est une ONG suisse qui a mis en place ce système qui profite aux gens du peuple, le fameux CBT. Je m'éclate de l'ingéniosité des installations,  tout est bricolé avec des matériaux de récupération,  pas de norme, pas de Castorama dans le secteur, faut voir les installations électriques.  Je n'ai jamais vu deux douches, deux robinets identiques, tout tient avec de la ficelle et du fil de fer. Hier le cumulus devait dater du temps des Soviets, fait main, modèle unique en acier indestructible... et tout est Kirghistan, fromages au lait de jumentainsi, les piscines municipales sans eau, le matériel agricole, le passage à niveau. Pas deux choses identiques ne se ressemblent. Alors c'est vrai que tout cela est dû à la pauvreté,  mais  ça me fait du bien de voir cette inventivité,  cette non uniformisation.  Nos déchetteries feraient leur bonheur.
     

    11 septembre: En route pour Osch, pas d'avions en vue. Staline nous dévie de la route principale. C'est lui qui a dessiné les frontières et la route principale passe sur une dizaine de kms en Ouzbékistan,  sans visas c'est " niet " pour nous. Nous sommes détournés vers les montagnes. Tous les habitants de cette région sont Ouzbeques mais de nationalité Kirghize,  c'est le Kirghistanpouvoir stalinien qui l'a voulu ainsi. Ils peuvent sans visas se rendre en Ouzbékistan 4 jours maximun. Nous nous arrêtons à Ozgon, célèbre pour les émeutes ethniques de 1990 entre les Tadjiks et les Ouzbeks. Il est 19h, le muslim local se déchaine. Tous les matins, vers 5h30, il se charge de notre réveil.
     

    12 septembre: Nous voici à Osh. On a la wifi dans une pièce de l'hôtel. Je vais pouvoir j'espère, envoyer ma prose. On va bien se reposer, c'est du costaud qui nous attend,  Osh est à 1000m,
    Sari Tash à 3700...

     


    Nouvelle énigme:

    La dernière a été élucidée par Alain C. Bravo! Le tonneau sert de barrate à beurre.
    Qui va maintenant deviner le contenu mystérieux du sac vert dans la yourte?

    Kirghistan

    Sari Tash: vendredi 20 septembre
    Splendide traversée sur la route en plein coeur du Pamir Kirghize,  de Osch jusqu'à Sari Tash. Ça y est,  nous avons réussi notre contournement et rejoint le village où nous serions arrivés en empruntant la Pamir Highway.
    Nous avons traversé des plateaux d'altitude très vastes, encadrés par des cirques de montagnes aux sommets enneigés.  La circulation est beaucoup moins dense, l'ambiance est très paisible, on prend le temps de savourer ces paysages grandioses.
     

    Kirghistan

     

     

     Kirghistan

    Kirghistan

     

    C'est la période des transhumances descendantes. On croise sur la route de nombreux troupeaux qui redescendent vers les villages pour l'hiver: vaches, chèvres,  chevaux et moutons aux fesses rebondies (c'est la race endémique ici, les brebis ont une grosse poche de graisse en haut de la croupe, ça leur fait un espèce de "faux cul" assez ridicule,  mais c'est un met très apprécié des kirghizes.) 

    Kirghistan
    Au bazar de Osch,  j'avais acheté une sorte de fouet court que les cavaliers utilisent ici pour leur chevaux.  Moi, c'est dans le but d'éloigner les chiens qui convoitent de trop près nos mollets appétissants. Je le fixe sur le porte bagage arrière,  prêt à l'emploi. Cela intrigue beaucoup les cavaliers que l'on croise qui m'ont demandé ce que je pouvais bien faire avec cet outil.  A force de bribes d'explications russes et de quelques onomatopées de mon cru, ils finissent par comprendre et éclatent de rire. "Muy, toje!", me disent-ils, en montrant mon vélo et leurs chevaux.  "Nous sommes pareils!" Fière de cette consécration,  je serre les mollets et fais démarrer mon vélo par quelques appels de langue...
      
    KirghistanKirghistan
    Osch, Sari Tash: la chronique de Regis
     
    16/9: Och, 1060m. On quitte l'hôtel à 9h. On déjeune de crêpes dans un resto plus loin. La route monte régulièrement, elle devient belle, on aperçoit le pic Lénine qui culmine à plus de 7000m, hier il a du neiger. On s'arrête vers 16h30 après avoir roulé 57 kms, altitude: 2240m. On campe près d'une ferme et d'une rivière à l'eau douteuse. Je casse le filtre à eau, on fera bouillir l'eau des nouilles plus longtemps.
     

    Kirghistan

    17/9: Une des plus belles étapes pour l'instant. On grimpe le premier col. Une vieille femme accroupie, en costume local, écoute de la musique traditionnelle chinoise, l'espace d'un instant je revis une bouffée de la Chine de 1973. On débouche sur une vallée verdoyante d'altitude. Les villages sont beaux et emplis de réserves de foin. Vers 13h on mange le Plog (riz à la mode d'ici), à Goulcha, très paisible village de la région.  Il est agencé sur le modèle russe,  rues perpendiculaires,  chaque "isba" entourée de son jardinet. Les habitants sont très typés,  ils ont les pommettes rouges de l'altitude. Après 53 kms on s'arrête de rouler, on campe près de la rivière Goulcha qu'on remontera jusqu'au deuxième col.
     
    Kirghistan
     
    18/9: On grimpe.... 45 kms parcourus.
     
    19/9: Il est 8 heures, il fait froid dans la tente, 2 degrés,  je me rendors. On se lève à 9h, on décolle à 11h après que le soleil ait séché la tente. Dehors il a gelé. Je redéjeune un peu plus loin d'un plat de sarrasin avec œuf,  tomate et concombre.
    On grimpe fort, un vent violent de face, je me traîne,  je manque d'oxygène. On mange vers 14h au pieds des lacets, on est à 3121m d'altitude.  
     

     

    A cet endroit les Chinois refont la route, les ouvriers sont Kirghizes. Un camion s'arrête à côté de nos vélos, des ouvriers descendent. Le chef et les contre-maîtres chinois arrivent en 4x4. Les Kirghizes viennent voir les "velocipedis", s'assoient sur le talus, fument une cigarette, viennent discuter avec Sylvie. Ils gagnent 3 Euros par jour. Le chef chinois et les contremaitres sont verts, ils sont sur la route, vociferent, agitent leur drapeau rouge. Enfin, le chantier démarre, je ne pense pas que dans cette entreprise il y ait des suicidés. 
    Vers 16h on décide de camper là. De voir la pente et les lacets, ça me fatigue déjà, Jeannie est en pleine forme.
     
    Kirghistan
    20/9: Après une nuit glaciale, on attaque le col. On décide de se séparer le temps de la montée,  Jeannie n'évolue pas dans la même catégorie que moi. Elle mettra 1h15 pour grimper les 7 kms, quand à moi je monte en poussant le vélo, pas assez de souffle, la pente est trop raide.
     

    Kirghistan

    A mi col, je passe devant un autre chantier, un ouvrier, pour faire le malin devant les autres, me demande le vélo,  je lui passe sur 50m, il s'arrête et me le rends, complètement essoufflé, il a compris. Arrivé en haut, on plonge vers Sari Tash, les paysages sont superbes.
     

     Mardi 23 Septembre: Sari Tash - Frontière Chinoise - Oulougat

     
    Journées extraordinaires..... (Par Regis)
     
    22/09: Départ de Sari Tash à 9h sous un grand ciel bleu, pas de vent. C'est dimanche, nous sommes seuls sur la route qui s'étale en lignes droites,  gravissant et descendant les collines d'altitude,  nous roulons. autour de 3200 m.
     
     

    Chine

     
    Les paysages nous entourant sont sublimes. A gauche,  des massifs montagneux ocres,  à droite une chaîne de montagne enneigée,  avec ses glaciers,  qui nous accompagnera sur des dizaines de kms. Au centre, entre la route et les hauts sommets, la steppe d'Asie centrale que j'imaginais... il ne manque que les hordes Kirghizes, Gengis Khan, les caravanes de la route de la soie...
     
     

    Chine

    Des cours d'eau silencieux et larges s'étalent en méandres; dans ces lieux plats et montagneux autour je me demande comment l'eau va se faufiler jusqu'à l'océan.  Pas une habitation,  de temps en temps on aperçoit un cavalier,  sa yourte usée par le temps et les intempéries,  son cheval et son troupeau.  
     

    Chine

    Nous grimpons tranquillement,  un col se présente,  nous optons pour l'ancienne route, la piste.... et là opère la magie du "seuls au monde". Nous débouchons sur une espèce de ligne de crête qui descend vers un check point Kirghize.  Nous nous arrêtons plus loin dans un mini col, il est 17h. Sylvie se repose, elle est fatiguée,  empoisonnée par les œufs de notre vieille hôtesse Kirghize de Sari Tash.
     
     Kirghistan
    23/09: Le ciel est couvert, nous baignons dans une brume orangée.  Nous passons les contrôles Kirghizes, sans savoir quel sera le dernier, on nous photographie la rétine... étrange?... puisque nous quittons le pays. Après un court "no mans land", j'aperçois le drapeau chinois... premiers contrôles... la police des frontières chinoise est impeccable,  l'habit soigné. Les gardes sont courtois et s'adressent à nous dans un Anglais rudimentaire.  
    Nous passons plusieurs postes, nous remontons des dizaines de camions,  attendant depuis je ne sais quand, la frontière venant juste d'ouvrir après quelques jours fériés. Nous arrivons à un grand centre. Les gardes, très jeunes pour la plupart, nous font signe de garer les vélos.  Un garde plus âgé prend notre passeport et disparait dans le bâtiment. Les plus jeunes s'amusent sérieusement à fouiller un bus et les bagages des passagers chargés de nourriture et produits venus du Kirgistan.  Ils s'éclatent à tout inspecter,  tout ouvrir... et pour rien, tout le monde sachant que les sacs, les valises et les cartons ne contiennent rien d'illicite.
     
    Puis ils s' avisent de fouiller nos sacoches,  fouiller est un bien grand mot, dès que nous les ouvrons, ils nous disent "ça va!". Ils envient nos vélos,  touchent les freins,  les vitesses,  jouent avec les pédales,  je suis surpris de les voir faire. Un camion chinois attend. Un responsable chinois nous avise qu'on va faire la route jusqu'à Oulougat, à 130 kms, dans ce camion, c'est une obligation. Le chauffeur demande 200 yuans, soit 25 euros. On embarque les vélos, les gardes scellent la remorque, c'est le chauffeur qui a nos passeports. Je m'éclate de toutes ces complications. Kirghistan
    Les plus à plaindre sont les chauffeurs chinois. Ils rentrent du Kirgistan à vide après avoir livré des produits chinois et rien n'est fait pour leur simplifier le passage de la frontière. En tant qu'étrangers on échappe à cela, nous sommes traités prioritairement.
     
    La route est neuve et non terminée,  nous serons souvent déviés sur l'ancienne route. On arrive enfin au dernier poste frontalier, 130 kms plus loin, à Oulougat Port. Les gardes coupent les scellés,  on décharge les vélos qui se sont détachés pendant le voyage et ont un peu souffert. On rentre les vélos dans un hall ultra moderne, nous sommes seuls. Là s'opèrent les dernières formalités, passeport, fiche d'entrée et passage des bagages au scanner. La police des frontières est très courtoise, très attentionnée et nous simplifie au maximun les démarches.  Les policiers nous tiennent les vélos lorsqu'on replace les sacoches.  Nous les remercions.

    Kirghistan

     
    Nous avons fait tout le voyage dans la brume orange, la veille, cette région désertique et de loess avait été balayée par une tempête de vent de sable. Il fait 7°. Nous voilà en Chine, à l'entrée d'Oulougat Port. Des boulevards s' entrecroisent,  sans bâtiments, formant des îlots vides qui attendent de nouvelles constructions au cas où la ville s' étendrait. Kirghistan
     
    J'avise 3 ouvriers qui m'indiquent la direction de la ville, elle surgira bientôt de ce brouillard. C'est une ville moderne mais déjà "usée". De nombreux Ouigours y vivent. On trouve un "pianyde lugan", hôtel bon marché.  Quel plaisir! Un bon lit, une bonne douche... après tant de jours passés sans se laver. On décide de s'y reposer le lendemain.
     
     Kirghistan
     

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     Mercredi 25 septembre:  Kashgar (par Sylvie)Chine

    Après le passage de la frontière Kirghize (voir article Kirghistan), nous nous arrêtons dans notre première ville  chinoise,  qui est en fait peuplée essentiellement par les Ouighours, puisque nous sommes dans cette région anciennement Turkestan oriental. Le lendemain, conseillés par un couple de cyclistes portugais croisés à Sari Tash, nous empruntons une autoroute en construction pour franchir les 100 km qui nous séparent de Kashgar. Expérience assez surréaliste que de rouler seuls sur cette autoroute déserte, dans une ambiance brumeuse (il y a eu une tempête de sable quelques jours avant). Nous mettrons à peine 5 heures pour faire ces 100 kms, un record pour nous!

                                                               

    Kashgar: retour dans cette ville,  quelques 25 années plus tard...

    ChineChine 

     

    Chine

     

     

    Chine

     

     

     

     

     

     

    J'avais à l'époque été très impressionnée par cette ville,  la plus à l'occident de Pékin. Il y avait uneChine ambiance très particulière,  avec un mélange des populations de pays voisins et une majorité de Ouighours, autochtones de religion musulmane. L'architecture de la ville était très empreinte de ce mélange culturel. La partie ancienne de la ville en particulier était très belle: beaucoup de ruelles encadrées par des maisons en bois dont certaines étaient millénaires,  avec des balcons sculptés. Les ruelles fourmillaient d'échoppes où on pouvait voir travailler tous les corps de métiers...
    Le Kashgar que je découvre est méconnaissable: ville "moderne" avec de larges avenues,  très "chinoise". De la vieille ville, il reste quelques vestiges "aseptisés"pour les touristes et quelques rares belles façades épargnées... La culture Ouighour est toujours majoritaire: cuisine,  langue, Chinetraditions sont très présentes.
    Après le Kirghistan,  c'est un peu brutal de se retrouver ici, où il faut re découvrir les codes de communication et les coutumes locales.  Le chinois est assez peu parlé par les Ouighours et les efforts de Régis pour échanger ne sont pas encore concluants. Il nous faut un peu plus de temps pour intégrer ces nouveaux modes.         

    Visite au grand marché des animaux de Kashgar...Chine
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    Chine

     

      Mardi 1er octobre: quelques tours de roues sur la Karakorum high way...
    (par Sylvie)
    Nous voilà partis pour une petite virée sur la route de la frontière pakistanaise qui traverse le massif du Karakorum,  avec le 2ème sommet le plus haut de l'Himalaya. Nous sommes allés  jusqu'au lac de Karakol, â 200 km de Kashgar et à 3600 m d'altitude.  
    La route traverse d'abord en bordure le désert du Taklamakan,  immense étendue avec quelques rares oasis, puis s' enfonce dans un défilé de très hautes montagnes rocheuses avec des dégradés de couleurs impressionnants. Sur la route, les chameaux et les yacks ont remplacé les ânes et les vaches que l'ont  croisait souvent au Kirgihistan. Ces animaux sont vraiment étranges pour moi. Les chameaux nous regardaient passer avec un air très hautain, limite dédaigneux... 
    Arrivés au lac, les paysages sont très beaux. Les hauts sommets enneigés se reflètent dans les eaux du lac, des troupeaux de yacks broutent tout autour. Le soir, les températures ont sérieusement baissé. Nous renonçons à monter la tente et préférons dormir dans une pièce d'une maison en terre tenue par un ouighour.  Il nous prépare un repas basique et nous fait une flambée à la bouse de yack dans un petit poêle rustique.  On apprécie le tout!

    Chine: route du karakorumChine: route du KarakorumChine: route du Karakorum, lac de KarakolChine: route du Karakorum

     

     

     

     

     

     De retour à Kashgar, nous attendons un train qui va nous permettre de traverser le désert par la route du nord et rejoindre Chengdu,  ville d'où nous démarrerons notre périple vers le plateau tibétain.
    Quelques 3000 km à parcourir,  en 3 jours de train. On a opté pour des "soft sleep", un compartiment avec 4 couchettes au lieu de 6, le grand confort! Les vélos partent dans un autre train, on espère les retrouver à notre arrivée.

       Avant de partir, quelques images de Kashgar, qui se révele à nous, en prenant son temps... A force de flaner dans ses rues et ses banlieues, on découvre une ville pleine de contrastes. Certes, le développement de cette ville l'a vraiment défigurée: cohabitent des quartiers ultra modernes, avec des centres commerciaux gigantesques, et des échopes artisanales dont on avait même oublié l'existence... Mais on finit par y trouver un certain charme.

     Chine: KashgarChine: KashgarChine : KashgarChine

     

     

     

     

    L'énigme du sac vert enfin résolue!
    Une fois de plus, notre champion de l'énigme a frappé!
    Alors, pour ne pas faire attendre plus longtemps notre écoraleur impatient... voici la réponse:
    non, ce sac ne contenait pas la belle mère acariâtre, ni des châtaignes pour la grillade, ni de la bouse de yack séchée, ni toute la longue et inventive liste d'Alexis... mais juste comme Alain l'a deviné, du lait caillé de jument en train  de s'égoutter...

    7 octobre: nouvelles vidéos sur le blog, grâce à la collaboration de notre webmaster!

     

    Mercredi 9 Octobre: traversée du desert de Taklamakan (par Régis)
    Kashgar - Urumqui - Chengdu
    Lundi 6 octobre: " huoche Zola! ", " train parti! " ... sacré Emile !! on a raté le train? Le départ sera pour le 8 avec du coup un jour d'attente à Urumqui. Arrivée dimanche 12.
    Mercredi 8 octobre: Nous sommes à l'heure cette fois ci.... au programme la traversée du désert du Taklamakan....
    Quelques chiffres: 3000 kms de traversée environ, 6000 kms de palissade métallique  pour protéger la voie, 72h dans le train, 3 nuits dans le ruanwo (compartiment à 4 couchettes, 1 repas pas bon au wagon restaurant entourés de jeunes loulous des " banquettes dures ", 1 Chinois gros fumeur et 3 Chinoises très sympas partageant notre compartiment en 2 fois, des raclements de gorge,  du sommeil profond, 2 livres lus, 24h à Urumqui, 500 personnes attendant le départ pour Chengdu,  l'impatience qui monte, du retard, les grilles qui s'ouvrent et.... la ruée vers les quais, 3 étages à descendre, du chacun pour soi, les classes dures n'ayant peut être pas de siège réservé.
    Un désert  de 337 000 km2:
    Le Taklamakan est vaste, sablonneux à 85% (dunes), minéral,  montagneux, parsemé d'oasis.
    Un désert en chantier:
    La vie est fixée dans de vastes oasis où dans les centres industriels créés par les Chinois qui traitent là le charbon et différents minéraux provenant des mines alentours par des voies ferrées et convois dédiés. Les ouvriers et leur famille sont logés sur place.  Ces centres, ainsi que les villes traversées ont souvent leur propre centrale atomique. J'ai dormi 36h... en 1500 kms donc (3000:2), j'ai pu compter depuis ma fenêtre,  9 centrales atomiques, toutes en pleine ville (pas au centre), sans protections spéciales, à côté des habitations,  des rues. Celle de Kashgar de 4 réacteurs est à 150 m de la gare. Un cyclo japonais, voyant que la majorité des Chinois se déplacent en scooter électrique dont les batteries se rechargent sur le secteur (220V), me disait " mais d'où provient leur électricité? "
     Des millions de m3 de béton ont été coulés dans des aménagements colossaux, routes, autoroutes, ponts, tunnels, champs d'éoliennes, murs et digues protégeant de l'ensablement, canaux amenant l'eau.
    Dans les villes les bulldozers,  les tractopelles sont à l'œuvre,  creusant et éliminant tout ce qui gêne les nouveaux aménagements.  Des voies surélevées sont en chantier, des avenues ouvertes, des buildings et logements en construction...
    Entre les centres industriels, les paysans cultivent et regagnent des terres sur le désert. Des milliers d'arbres ont été plantés pour arrêter le sable et la poussière,  fixer l'humidité,  protéger les cultures...

      Chine: traversée du desert de Taklamakan

        Chine: traversée du desert de Taklamakan

    Chine

     10 octobre: escale à Urumqui, anniversaire de Régis
    fêté dans une maison de thé...

     

     

     

    Mercredi 16 octobre: Chengdu, province du Sichuan  (par Sylvie)
    Chine: ChengduChengdu et ses quelques 11 millions d'habitants (et moi, et moi et moi..): je trouvais, aussi, qu'il y avait beaucoup de monde partout...
    C'est la 4ème ville du pays. Une architecture très verticale, des gratte ciels de genre très divers, dont certains assez délirants, des avenues bordées de boutiques clinquantes et au dessus, les étages délabrés à peine dissimulés... des hordes de voitures et de klaxons. Nous avons visité la ville en empruntant les nombreuses pistes cyclables pour les 2 roues, avec quelques vélos et beaucoup de scooters tous électriques, donc silencieux, ce qui est assez agréable. Impression vite ruinée, car ils ont troqué le bruit du moteur contre des klaxons stridents qu'ils utilisent sans modération. Aux carrefours, c'est assez surréaliste, cette chorégraphie improbable de croisements et d'évitements divers, qui au final se résoud de manière assez harmonieuse...
    Chengdu, c'est aussi l'impression d'un défilé de mode permanent dans la rue: les tenues sont étudiées par le menu, et aucun détail n'est négligé. Menues aussi sont les jupes des filles, ce qui a surpris Régis qui en était resté à l'
    époque Mao. Il a apprécié ce virage sociétal... 
    Ces impressions sont celles de seulement 3 jours de visite, alors forcément tronquées... Nous n'avons rien vu de la vie des banlieues, certainement bien différente de l'aspect très "propre" du centre.

    Chine: Chengdu, joueurs de majong sur les quais

    Nous quittons demain cette ville pour grimper sur le plateau tibétain tout proche. C'est la partie du Tibet qui fait partie de la province du Sichuan et que l'on peut visiter sans permis et sans contrôle, contrairement à la région de Lhassa, difficile d'accès sans un tas de démarches. Des cols élevés, des températures basses des tempêtes de neige et des monastères tibétains pour se réfugier nous attendent. Peut-être même un brin de causette avec un yeti, qui sait?
    Au bout de ce long périple, un havre, chez notre amie Estelle qui habite à Benzilan, à la frontière des provinces du Sichuan et du Yunan. On se posera là pour faire un pause et se "rebiscouler" (demandez la traduction à un aveyronnais...)...

      

    17 octobre: Chengdou - DanBa: En route pour le Sichuan tibétain...   (par Régis)

    Chine  Rectificatif: Selon Pierre, notre webmaster, ce que j'ai pris pour des centrales atomiques seraient des centrales à gaz. Me voilà rassuré.
    17 Octobre: 32 kms pour sortir de Chengdu. On avance sous la grisaille. On s'arrête à Xin Jin, la chambre sent le moisi. 
    18 Octobre: La région traversée est agricole. On sent le savoir faire des maraîchers chinois, les cultures au cordeau sont implantées dans de petites parcelles pour faciliter l'arrosage, chaque parcelle contenant un légume différent afin de dérouter l'insecte ravageur. Malheureusement la région est plate, et, sans travaux de terrassement, on peut y implanter des zones industrielles immenses,  de plusieurs hectares.  J'y ai vu certaines usines mesurant dans les 100m. Des routes gardées séparent les usines. A côté,  des zones résidentielles, logent les ouvriers. Les paysans, eux, continuent à planter des choux sur le moindre talus, le moindre lopin de terre.  De grands panneaux publicitaires vantent et présentent les futurs aménagements de demain, cités idéales vénitiennes traversées de canaux, grands parcs de loisir avec prairies et lacs artificiels... sur la route une Rolls Royce nous a doublé,  "ce devait être un promoteur".
    Ils aménagement, mais le traitement des eaux usées n'est pas leur soucis majeur, ça sent souvent les égouts.
      Malgré tout ce béton,  je m'éclate en Chine, je m'imprègne que des bons côtés.  On traverse des villages et des villes grouillant de population, d'enfants, d'engins de transport bizarres. Il y a des étals partout,  des cantines, des boutiques, des ateliers de réparation débordant sur les trottoirs,  des pépés et des mémés archaïques,  vêtus d'habits d'un autre siècle,  mesurant dans les 1m30. Et puis le Chinois de la rue est sympa, rustre, bruyant, en dehors de la politesse, il crache, parle fort, mange en faisant du bruit, se mouche "à l'espagnole", nous bade sans gène,  nous parle comme si le Chinois était l'unique langue parlée au monde. Les intellos, les parvenus,  les responsables,  c'est autre chose. 
    19 octobre: On traverse une région de collines, pays des agrumes, du thé et des mariages... tous les restos sont pleins des invités qui allument des rouleaux de pétards d'une quinzaine de mètres.... ça pétarade sec... de fait, c'est Samedi, Chinejour des mariages en Chine.
    On arrive dans une ville moyenne,  Ya An. A l'entrée,  sur notre gauche,  on avise un quartier nouveau, pas encore ouvert,  avec une centaine de tours en construction ou finies,  de 15 à 20 étages.  Qui va loger là? Y a t-il un manque de logement? Une nouvelle main d'oeuvre à venir? J'aimerais parler Chinois pour savoir...
     On s'offre dans la ville, plus loin, un thé vert, installés dans des fauteuils en rotin, près de la rivière,  c'est rare une terrasse en Chine. On avise ensuite un hôtel pas trop cher, 20 euros. Surprise! à l'étage c'est le grand luxe, tout est feutré,  éclairé au top, la chambre est japonisante... matelas futon, palissandre, broderies sur les murs.... et les éternels préservatifs comme dans tous les hôtels de cette classe en Chine. Je remarque que l'hôtel est fréquenté par de nombreux jeunes couples de 22 à 26 ans et par des gars seuls qui font monter des prostituées.
    20 octobre: C'est dimanche et les routiers sont au boulot...! On attaque sur une route étroite,  très fréquentée.  Des tas de bus, de camions, de voitures nous doublent, nous croisent. TOUS klaxonnent plusieurs fois, avec des cornes aigues qui font un vacarme fou à me transpercer les tympans, j'ai mal aux oreilles. Je veux acheter dans une ville traversée,  un "casque de chantier anti bruit", je n'en trouve pas, heureusement...... Sylvie sauve mon audition avec des boules Quies. De fait les Chinois foncent, roulent vite, conduisent tous au klaxon, tout ce qui fait obstacle doit s'écarter. 
    21 octobre: La circulationChine s'est atténuée,  mais ça grimpe sec, partis de 700 m on attaque pour un col à 3200 m. A 2200 m selon mon altimètre,  les jambes me font mal, un tunnel de 5 kms se présente,  interdit aux vélos.... on s'engouffre... quand on sort ??... CA DESCEND!!!... merci les bétonneurs!  Quelle joie, la nouvelle route évite le haut du col. En bas, on avise un hôtel,  il bruine, il fait 7 degrés,  on est au cœur des montagnes, l'architecture tibétaine fait son apparition.
    22 octobre: On remet en route, ça tire dans les jambes, la grimpette d'hier a laissé des traces, même "Jannie" avoue qu'elle est fatiguée . Sur la montagne d'en face on aperçoit notre route, elle escalade une montagne, 1000 m de dénivelé. On traverse un village rue, à la sortie, un nouveau tunnel nous attend nous évitant la grimpette. Après 35 kms on s'arrête à LuDing, on croise nos premiers Tibétains en costume traditionnel. Ils nous observent avec des mines réjouies. On s'offre un bon hôtel,  à prix modeste, 17 euros... il y avait moins cher, 7 à 8 euros... c'est en général dans ces hôtels là qu'on descend. 
     Toutes ces montagnes autour me chuchotent qu'il n'y aura pasChine toujours des tunnels...
    23 Octobre: Etape mémorable... Cyclotourisme sous roche...
    Pour arriver à Kong Yu on doit remonter une rivière.
    On avance,  rive gauche,  sur une petite route tranquille, dans une gorge assez large,  bordée par deux Chinemontagnes aux flancs Chineescarpés qui descendent direct à la rivière.  On quitte la route qui suit la rivière sur les conseils de plusieurs personnes. Nous voilà sur une route large, aux dalles de béton et qui grimpe. Il me semble être sur une autoroute. On arrive devant deux entrées de tunnel.  Sur les dires d'un chauffeur de camionnette garée là,  nous prenons le tunnel de gauche, passant au demeurant sous un sens interdit. On pédale 6 à 7 kms, au fur et à mesure les aérateurs, la lumière,  le béton de voute disparaissent.  De l'eau dégouline de partout, on laisse des voies adjacentes. Un gars apparaît... ouf! pour DanBa il faut faire demi tour sur 1 km et prendre à droite. Nous roulons des kms sur la nouvelle voie, traversant des ponts... arches de béton jetées entre deux paroies de montagnes. Les ouvriers sont surpris de nous voir là.  Pendant une trentaine de kms les ponts vont nous passer de tunnels en tunnels... c'est notre première journée de ciel bleu depuis longtemps..! Quand on aperçoit l'autre rive, aux traversées des ponts, ce ne sont que carrières, centrales à béton,  baraquements,  centrales hydroélectriques,  logements pour ouvriers quandChine il y a la place, séries de piliers doubles Chinesupportant en partie une autre voie. Le chantier est pharaonique,  quels en sont les enjeux?
    La rivière marron, large, roule des flots rageurs,  impétueux. Sur notre dernier pont, 100 mètres au dessus des flots,  une grue est arrimée à l'un des piliers et dépasse l'ouvrage de 20 mètres. Comment fait l'ouvrier qui actionne la grue, pour ne pas avoir le vertige du haut de sa nacelle... et il y monte par une échelle pas bien large. On dîne là,  c'est maigre, dans ces endroits on ne trouve pas grand chose pour les pique-niques. Au débouché d'un nouveau tunnel, le pont est en construction,  le tunnel en face aussi...
    Ouf!.. un chemin sur la gauche nous descend jusqu'à la route qu'on aurait dû emprunter. On n'en a pas fini avec l'autoroute puisque nous seront bloqués trois fois 45 mn, des pelleteuses envoyant sur notre route la rocaille des tunnels en construction plus haut... à chaque fois un bulldozer dégagera la route. On avance sur une route défoncée par Chineles camions et engins de chantier. On roule dans une boue de béton.  Sur l'autre rive, hauts perchés souvent, on aperçoit nos premiers villages tibétains, les maisons sont splendides. Les Tibétains sont de grands bâtisseurs,  ils travaillent parfaitement la pierre et le bois. Ils osent la couleur et de magnifiques décos. Au bord de la route ils nous regardent passer avec amusement et lancent des "hellos!"
    On arrive enfin à DanBa. Heureusement,  quelques kilomètres avant, une rivière traversant la route nous avait permis de laver le vélo,  les sacoches et mes pieds. On se présente donc décents mais poussiéreux à l'entrée d'un hôtel très sympa et gorgé d'infos. Notre chambre sera tibétaine.

    Version au féminin...
    Sichuan rimerait-il avec "mauvais temps"? Ou est-ce simplement l'approche de la saison hivernale?
    Nous avons remisé au fond de nos saccoches vêtements légers et chapeaux, et fait remonter en surface pulls, habits de pluie, et tout l'attirail pour résister à l'humidité et au froid... Mais le moral est bon!
    Chine: province du SichuanQuitter Chengdu n'a pas été une mince affaire, surtout quand on se trouve face à ce genre de panneau indicateur... Alors, on finit par trouver des ruses subtiles, comme de se faire écrire les noms de nos destinations en caractères chinois, au départ de chaque étape...
    Idem pour tout ce qui est de la nourriture, ce qui nous permet d'échapper à des plats inmangeables ou surprenants... Nous avons troqué nos habituels pique-nique de midi contre des pauses dans des petites échoppes. Nos "cantinières" sont avenantes et empressées de nous régaler...

    Chine

    ChineChineChine    

     

       

     

     

    Chine
    Dans les villes, on rencontre les premiers tibétains en tenue traditionnelle. Ils sont très curieux et nous détaillent longuement lorsque l'on se croise. Pour une fois, les rôles sont inversés et c'est notre tenue tribale de cycliste européen qui passe pour exotique... L'examen mutuel terminé, tout se conclue par un échange de sourires chaleureux...

    Samedi 26 octobre: étape à DanBa
    Chine: Tibet de l'estDanBa, ville au confluent de trois rivières,  emplacement stratégique pour l'accès au Tibet depuis les provinces voisines.
    Cela justifie peut-être la débauche de moyens et de béton pour la construction de voies d'accès gigantesques. Il y a un tel anachronisme entre la beauté des paysages, ces villages aux constructions si harmonieuses et ces tonnes de béton déversées au nom du développement... Je me demande ce qu'en pensent Chine: Tibet de l'estles esprits de la montagne,  représentés sur les fresques colorées des monastères tibétains, survolant fièrement les sommets enneigés...
     A DanBa, nous avons fait étape quelques jours pour visiter les environs. Le soleil et le ciel bleu sont de retour. On pédale légers sans les saccoches!

    Première visite dans un monastère tibétain, MoErduo temple, à une dizaine de km de la ville.  L'endroit est modeste, mais très beau dans sa simplicité. On est touchés par la sérénité du lieu. Un vieux bonze tourne autour du temple en faisant rouler Chine:Tibet de l'estles moulins à prière et nous invite à faire pareil, avec un grand sourire. On se Chine: Tibet de l'estsent un peu démunis... On reste longtemps à admirer l'architecture du temple, un mélange de pierre et bois, témoin d'un savoir faire ancestral. Régis se régale des moindres détails, le fouilli d'un petit sanctuaire,  la forêt de drapeaux de prière autour du stupa, les couleurs des fresques et des décorations autour des fenêtres, les vaches qui broutent tranquillement au milieu de tout ça... Sur la route du retour,  on admire encore de grandes tours en pierre près des maisons tibétaines, qui servaient de stockage pour les récoltes et à dissuader l'ennemi.
    Le lendemain,  nous allons à une fête annuelle dans un village typique, "classé" par l'office de tourisme chinois. Au programme, danses en costumes traditionnels somptueux, d'une ethnie locale, évoquant la vie rurale et certaines légendes,  d'après ce qu'on en a compris. Une foule de touristes chinois, concourant pour l'appareil à photo le plus gros, mitraille tout ce qui fait folklorique, nous y compris...  On se prête au jeu...
    ChineOn apprendra que cette fête est une opération de promotion touristique, rien de traditionnel à l'origine. OnChine visite le village,  les maisons, très colorées,  avec les épis de maïs bien rangés sur les toits en terrasse, sont toujours aussi belles.
    On reprend la route demain, après cette petite escale, vers des plateaux d'altiChinetude plus sauvages. La doudoune et une magnifique chapka récemment acquise, sont prêtes à l'emploi...

     Chine

     27 Octobre:  Sur la route de BaMei... des pèlerins  (par Régis)
    On part de 1700m, arrivée 2880m, ça grimpe. On double un groupe de 5 pèlerins, leur démarche est rapide. Ils avancent penchés en avant, un gros baluchon sur le dos fixé à un arceau de bois, un bâton ouvragé à la main. Vers 17h on avise un beau coin pour camper, on installe notre camp. Je vais chercher de l'eau à la rivière et voilà que déboulent nos 5 pèlerins, 2 hommes et 3 femmes,  droit vers notre camp. Ils nous saluent avec respect prenant notre main dans la leur. Ils s'installent à 5 m de nous. IlChines sont aux anges: nous aussi!Deux mondes se côtoient, le notre matérialiste et hyper équipé,  le leur dans la parole, l'instant, la prière, leurs divinités. Pour dormir... ils verront après... alors qu'il va faire froid et humide.  Notre installation attise leur curiosité,  ils viennent visiter la tente. Puis, ils allument un feu, préparent du thé, sortent leur chapelet, psalmodient, rigolent, discutent entre eux. Le plus jeune sort son livre de prières dont les pages sont coincées entre deux planchettes colorées, il en lit une par instant, tout en conversant avec les autres.  Ces gens sont joyeux. Le boudhisme n'a pas l'air d'être une religion contraignante et asservissante. On leur offre des biscuits secs,  ils nous proposent des pépites... Mon réchaud à essence les intrigue. Les femmes cuisinent d'un côté d'un buisson, moi de l'autre, on s'observe de temps en temps. Elles préparent leur boule de tsampa, eau, farine d'orge, thé, lait. La nuit arrive, ils installent leur campement, ils dormiront sur des bâches et des couvertures, protégés du froid par une deuxième couverture et enveloppés dans leur habit chaud bordé de fourrure. A 3h du matin, je les entends se lever, à 4h ils lèvent le camp, à 5h il pleut...ChineChineChine
    Chine

     

     

     

     

     

     

     

     

      

    28 Octobre: On part pour un col à 3200 m ??  étape de 30 kms. Vers 3200 m, la gorge se rétrécit,  j'imagine l'approche du col...
    De fait, Chineles lacets commencent, ça grimpe entre 8 et 14%. A 3600 m, je m'étonne de ma reChinespiration... ça va, je flotte un peu, Sylvie aussi, ça me rassure. L'effort est rude. Le temps menace, le ciel est bas, on a droit à une averse de grésil, la pluie est tout autour. Des voitures de Chinois s'arrêtent et me mitraillent, ils posent avec moi. De nombreux Yacks broutent dans les herbages.
    Enfin le col! mon altimètre indique 3940 m. La descente s'ouvre sur une vallée d'altitude dominée par un haut plateau et des sommets enneigés. Un monastère au toit doré trône au milieu, nous dormirons à côté dans une auberge tibétaine. Dans la vallée flottent les bannières et les rubans d'immenses chortens. Le soir, nous partageons notre repas avec de jeunes moines du temple voisin près d'un poêle local.
    Chine29 Octobre: Une brume recouvre les paysages, il a neigé pendant la nuit. ChineDans notre chambre de bois, sous 3 couettes, on n'a pas eu froid. On déjeune d'une soupe de nouilles. On part visiter le temple. Il est entouré d'une enceinte carrée de 100 m de côté. Le village est autour. L'endroit est paisible,  serein, ouvert aux cochons, chiens, yacks, pèlerins et visiteurs. Les murs sont teintés de pigments splendides. Les cellules des moines entourent une première cour, avec au fond, d'énormes Chinemoulins à prières. Une deuxième cour ouvre sur le temple. Nous le visiterons avec deux visiteurs chinois et un moine responsable. Nous laissons des offrandes, nous notons nos noms sur un cahier, le moine me tend une bougie que j'allume et place à l'endroit qu'il m'indique.  J'en profite pour demander aux divinités de l'endroit 8 jours anticycloniques avec grand ciel bleu...
    En sortant nous baignons dans une ambiance, une lumière... d'hiver. J'apprécie la quiétude, la plénitude de l'endroit. Des pèlerins tibétains arrivent, se dirigeant vers les énormes moulins à prières.  Leur démarche est toujours décidée, même pour les plus vieux, beaucoup d'entre eux boitent. Leur arrivée est toujours magique, ils avancent en file indienne, on ne sait jamais d'où ils viennent et comment ils sont parvenus là. 
     Le plafond est plus haut. En cette période de l'année et en cet endroit, ce lieu semble hors de notre temps et de notre espace, c'est Chinebeau, calChineme, zen, bienheureux, c'est tropChine pour moi...
    Chine

     

     

     

     

     

    On reprend nos vélos pour le village voisin, BaMei où un grand rassemblement de tibétains a lieu dans le temple; faut voir les physiques, les tenues, les coiffes, les chapeaux, les bijoux de ces gens là. Je n'arrive pas à croire ce que je vois...

     31 octobre: TaGong (par Sylvie) Chine
    Est-ce parce qu'ils vivent sur le toit du monde que les tibétains sont si "zen", si différents des peuples déjà rencontrés?
    On est vraiment touchés par leur comportement, leur culture et leur rapport au monde. D'un abord très facile, le sourire au bord des lèvres, après le traditionnel salut: "Ta shi té lek!", on a l'impression que leur seuil de tolérance à l'altérité ou à l'étranger est très élevé. Lorsqu'on se promène dans les temples ou leur monastère, cela ne dérange personne, on fait partie du décor de ce jour là...  Leur rapport au vivant aussi nous impressionne: cochons, yacks, vaches et chiens évoluent librement dans les rues, les cours des temples, sans sembler être inquiétés... Ils sont justes "déplacés", quand ils dérangent trop...
    La manière dont ils peignent l'intérieur et les façades de leur maison est admirable: passer des heures à colorer ces fresques détaillées, juste pour que ce soit beau... Et que dire de l'intérieur des temples où l'on ne se lasse pas de bader le foisonnement de draperies colorées, les statues et mille détails dans des ambiances feutrées... A chaque col, ou lieu céleste, sont installées des architectures de drapeaux de prières, de stupas ou de pierres peintes... avec un côté éphémère très touchant...
    ChineChineNous avons fait étape à TaGong, une très belle ville tibétaine, avec un monastère et des temples magnifiques. Les alentours sont aussi très beaux: de grandes landes d'altitude, vallonnées, parsemées de drapeaux de prières sur les sommets... Au loin, une chaine de montagnes enneigées ferme l'horizon. Tagong est un haut lieu de pèlerinages. Tout autour des murs du monastère, les traditionnels moulins à prière sont animés par des foules de pèlerins. On s'assoit ChineChinesur un banc tout près, face au soleil et devant la magie du cinéma permanent de ce défilé...

      

    ChineNous avons même croisé ici un "rasta chien", c'est dire si la "zénitude" tibétaine est contagieuse... D'ailleurs, on commence à se demander si nous n'avons pas nous aussi été contaminés... Nos étapes sont de plus en plus courtes en distance, mais s'étirent dans le temps...

     

    1er novembre: Descente céleste (par Régis)
    ChineJ'ai acheté une radio lectrice de musique et deux micro puces chargées de musique tibétaine, au magasin du temple, servi par une jeune bonzesse au crane rasé; ça lui va bien. Deux élastiques fixent la radio au guidon  du vélo.  Sylvie, dans un petit reChinestau chinois,  remplit nos deux tuperweres de rice and vegetables.
    Départ vers 10h 30, on va descendre de 300 m en dénivelé.  Sylvie a accroché plusieurs amulettes très colorées aux sacoches de son vélo,  dont une munie d'une clochette qui tintinambule au rythme de notre avancée. Nous voilà seuls sur la route. On entame la descente , il fait 7 degrés,  je porte presque tous mes habits. On longe, sur notre droite,  une rivière assez large emplie de gros blocs Chinede pierre,  arrondis. La cassette diffuse une mélodie tibétaine qui sied bien à l'endroit... et puis... de longs rubans multicolores apparaissent,  ils grimpent vers la montagne. Les blocs de la rivière se couvrent de calligraphies tibétaines sculptées et peintes. Des peintures aux effigies des divinités du lieu recouvrent les parois de la montagne... la religion s'étale dans la nature,  en harmonie avec les éléments,  dans l'altitude.... céleste!
    Quel bonheur de voyager à vélo,  freins bloqués,  tout près d'une nature habitée par les visions du peuple tibétain... et ça va durer plusieurs kilomètres.
    On dînera sur les marches d'un petit temple, dans la cour, face au soleil, à l'abri du vent.   

    Chine

     

    5 novembre: LiTang, altitude: 4014m.  (par Sylvie)

    A LiTang, on a vraiment l'impression d'être sur le toit du monde. La ville est nichée dans une vaste plaine d'altitude,  entourée d'un cirque de montagnes élevées. Il y fait très froid la nuit, il y neige un peu aussi mais en cette saison la visibilité est splendide.

    A LiTang, nous avons visité le monastère de Ganden Thubchen, encore magnifique ! et admiré les collections de statues de Bouddha,  avec un impressionnant Bouddha assis. 

                      

     ChineChineChineChine

      ChineChine

    A LiTang, nous avons fait une grimpette à 4400m
    pour découvrir un site de funérailles célestes,
    et tester notre résistance à cette altitude... comme dit Régis...

    A LiTang, Régis s'est converti un instant au Chinevégétarisme, 
    en découvrant sur le marché la triste fin d'un yack...

     

     A LiTang, nous avons découvert la collection automne-hiver version tibétaine...

    Chine

    Chine

    Chine

    Chine  

     

     

     

     Chine
    Création de patron
    à même le trottoir...

    Défilé final...ChineChine

     

     

     

     

     

    Depuis notre arrivée dans cette région,  je suis admirative des tenues portées par les tibétains: la créativité de leurs vêtements,  les couleurs, la façon d'agencer et de superposer les tissus, la richesse des coiffures...  tout cela me ravit et m'inspire beaucoup!
    Demain,  nous reprenons la route, si la neige nous épargne, pour une ultime traversée en altitude, mais non des moindres... A suivre!

     

     


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  •  9 Novembre: arrivée chez Estelle,  à Benzilan 

     Un peu de décalage temporel pour mettre à jour ce blog! 
    Nous sommes chez Estelle depuis une dizaine de jours, après avoir franchi de nombreux massifs montagneux et roulé à flanc de gorges impressionnantes. Nous avons suivi pour parvenir chez elle le fleuve bleu appelé Yang Tse Kiang. Sur 70 kms à vol d'oiseau,  d'est en ouest , 3 grands fleuves coulent dans 3 vallées adjacentes, la Salouen, le Mekong et le Yang Tse.  
    Ici, nous avons troqué nos bicyclettes contre outils et perceuses pour participer au chantier de restauration de cette grande maison tibétaine.  Estelle vit dans un hameau, Baigen près de Benzilan.

    Chine - Yunnan Elle est installée dans cette maison depuis 2 ans et elle la restaure courageusement,  dans le style traditionnel des maisons tibétaines en terre, avec en plus l'enjeu de construire en version écologique: toilettes sèches,  bassin planté pour l'assainissement,  chauffage solaire et murs en terre chauffants. Chine - YunnanSon projet à terme est de faire une guesthouse de bon standing,  d'y accueillir des groupes pour divers types de stages. Les Chinois sont friands de ce genre de tourisme et la maison est sur la route menant à Lhassa,  destination hélas devenue très convoitée. Estelle a vécu auparavant 7 ans à Kunming, parcourt le Yunnan depuis 23 ans et parle bien chinois. Voilà pour notre nouveau décor! Chine - Yunnan

    Nous avons donc participé à diverses tâches dans la maison,  entre installation d'un chauffage sur les murs en terre des chambres,  jardinage, bricolages divers. Chantier sympathique et formateur!  Sans oublier une activité intense de cuisine,  dans cet environnement de gastronomes! Le soir, on mange dans la cuisine, bercés par les mantras de Torge et son collègue,  deux ouvriers tibétains qui travaillent aussi sur le chantier.  Ils logent dans la maison le temps des travaux,  car ils vivent dans un village beaucoup plus loin. Tous les soirs, pendant une 

    Chine - Yunnan

    bonne heure, dans leur chambre attenante à la cuisine,  ils récitent leurs prières,  d'une voix douce et grave, on se croirait dans un monastère! C'est très apaisant! Les premières nuits, nous serons réveillés par des secousses sismiques. Cette zone a été touchée par un tremblement de terre en août dernier.
    Anne-Marie,  une amie d'Estelle est là en même temps que nous. Elle vit à Grenoble où elle est photographe. En fait Régis la connait, ils ne s'étaient pas vus depuis longtemps et se sont retrouvés ici! On forme une bonne équipe et on alterne journées chantiers et visites avec Estelle comme guide, au volant de son 4x4. Elle nous amène dans des villages perchés dans les vallées. La plupart des habitants campent à côté de leur maison dont les murs en terre sont fendus verticalement. Ils ont l'air impuissants devant ces brèches et ne savent comment réparer.
      Et si vous voulez voir la maison d'Estelle, rendez vous dans "Nos vidéos"... 

     

    17 et 18 Novembre: Visite de Shangrila (par Régis)

    Chine - Yunnan

    Chine - YunnanLa ville est installée dans une plaine d'altitude marécageuse.  
    A l'écart du centre ville, trône son vaste temple, un petit Lhassa reconstruit par les Chinois en béton camouflé terre. Nous boirons un thé au beurre de Yack (c'est la boisson la moins chère) sur la terrasse de l'hôtel luxueux du groupe Accor tenu par un Français ami d'Estelle; le temple nous fait face. Nous partons ensuite  pour la vieille ville, vitrine du savoir faire des maçons, architectes et menuisiers tibétains. Les ruelles sont pavées de grosses dalles de pierre, toutes les maisons sont en bois peint ou ouvragé.
     
    Elle est dominée par un petit temple et un immense moulin à prières que des bus de Chinois s'évertuent à faire tourner.Elle fut magnifique avant que le tourisme s'en empare, toutes les maisons   ont été transformées en guesthouses, restaurants, bars, boutiques. Nous y dégusterons pâtisseries,  pizzas, marmite tibétaine, crêpes,  expressos.
    La ville moderne m'enchante,  je m'y sens léger.  Cette ville a le charme des cités brassant des genres architecturaux surprenants... bureaucratique dominé par de grands dômes d'or, Walt Disneyen avec Mickey et Mini géants, peints sur la façade rose et verte fluo de l'établissement 
    public d'éducation, américain par l'inventivité aculturée de certains bâtiments, tibétain moderne, chinois pagodant, stalinien parlementaire, aseptisé faïence blanche...

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     Au gré des courses dans les divers marchés, boutiques de tissus traditionnels, boutique informatique... je flotte... entouré d'une foule bigarrée: femmes en tenues tibétaines avec des costumes d'ethnies que je n'avais pas encore aperçus, vieilles en costume et casquette mao englobée dans leur nombreuses nattes entourées de fil de coton rouge, Tibétains habillés à l'occidentale,  Chinois Han, vendeurs ambulants... cerné d'ateliers débordants sur le trottoir, livreurs, marchands de poissons vivants nageant dans de grands aquariums à même la chaussée,  réparateurs en tout genre, étals de fruits, légumes quincaillerie.  

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    L'activité et la vente s'ouvrent à la rue, débordent, l'occupent, même s' il fait froid... quelques degrés en dessous de zéro, tous les vendeurs sont gelés et pourtant leurs magasins restent des espaces ouverts aux grandes chaleurs de l'été,  aux grands froids de l'hiver et .. aux acheteurs. 

    Chine - Yunnan

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    Le rayon viande d'un des marchés,  sous une halle couverte, me sidère... quel choc! la barbaque s'expose allant du rouge vif au brun mûr, les carcasses pendent, les têtes de yacks cornues et pelées gisent dans des bassines, des têtes de cochon toiletées semblent sommeiller, des récipients remplis d'oreilles,  de groins, de pattes, de boudin, de tripaille, occupent une partie de l'étal... le boucher clope au bec découpe,  scie, tranche... sa femme sert les clients... le tout dans une ambiance peu éclairée... sombre... deux couleurs dominent... le rouge et le noir.
     Chine - YunnanChine - Yunnan

     

     

     

     

     

     

     

     19 novembre: visite guidée (en carrosse !) du nord Yunnan (par Sylvie )

    Chine - YunnanChine - YunnanNous partons 1 semaine avec Estelle qui nous emmène en voiture avec Anne-Marie, Yo et Toladji (les 2 chiennes), visiter le nord du Yunnan. Estelle connaît bien la région, voilà plus de 23 ans qu'elle parcourt cette province d'adoption. Nous visitons d'abord un très beau monastère, sur la route qui mène au Tibet autonome. Estelle nous fait découvrir des tas de salles insoupçonnées, au dessus du temple traditionnel, avec de véritables merveilles. On atterrit sur le toit du temple, avec une vue imprenable sur les montagnes environnantes. Les bonzes nous laissent paisiblement faire notre exploration... On découvrira notamment des salles avec des mandalas en volume, somptueux,

    Chine - Yunnan

      de très belles tankas et des sculptures éphémères en beurre, très colorées. 

    Chine - Yunnan

     Nous partons ensuite pour les montagnes de Ba Ma shei shan et Meli shei shan avec plusieurs cols à plus de 4000m. On apprécie de ne pas les franchir sur nos vélos... Les paysages sont ouverts sur une chaîne de hauts sommets enneigés. Une rando à pied nous permettra d'apprécier la nature de plus près et de descendre en suivant un ancien chemin de caravaniers, 1500 m plus bas, jusqu'aux rives du Mekong. On le suivra ensuite sur plusieurs jours pour aller visiter un village où des missionaires ont converti la population locale. Une communauté catholique perdure depuis et c'est assez surréaliste de trouver une église dans ces lieux de boudhisme. On dormira dans ce village chez des habitants qui nous accueillent chez eux, occasion de découvrir l'agencement et l'intérieur de ces belles maisons en bois. 

    Chine - Yunnan

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    Le lendemain, toujours en suivant le fleuve Mekong, on ira à la découverte d'un village de l'ethnie des Lissous, perché sur un flanc de montagne. Ils vivent dans des maisons de bois à étage, avec le bétail sous l'habitation. C'est la saison où l'on récolte le mais. Des épis colorent les balcons d'un jaune éclatant. Les Lissous sont des cultivateurs et des éleveurs, avec la particularité d'élever des troupeaux mixtes. On les croisera sur le chemin montant au village. Vaches, chèvres et cochons partent ensemble pour rejoindre les pâtures escarpées, accompagnés par leur "berger". C'est une joyeuse pagaille qui réussit finalement à s'organiser...

    Chine - Yunnan

    Nous terminerons notre escapade avec la visite d'un monastère très haut perché, au dessus du fleuve YanTse, que nous avons rejoint. Estelle, qui n'a presque peur de rien, s'engage au volant sur une piste escarpée et interminable, pour rejoindre le monastère. On en découvrira deux finalement, dont un accroché à la falaise, avec une vue superbe. Ce lieu nous inspirera, on le rebaptisera pour l'occasion "Montagnes de la Longévité"et on y tournera un petit film pour l'anniversaire d'un copain... 

    Chine - Yunnan

      De retour à Tulu, chez Estelle, on s'activera pour préparer notre départ: lessives, nettoyage du matériel, réorganisation des saccoches et révision générale des vélos... 

    Chine - Yunnan

    Le 30 novembre, les vélos briqués et harnachés sont quelques peu fougueux... Anne-Marie immortalisera notre départ avec quelques beaux clichés. Un dernier regard à la maison d'Estelle, et en selle pour continuer la route!

     30 novembre, 1er, 2 décembre: Sur la route de Dali (par Régis)
    Nous faisons nos adieux à Estelle, Anne Marie, Torge et son oncle. Nous enfourchons les vélos avec grand plaisir.

    Chine - Yunnan Nous suivons à notre rythme le Yan Tse Kiang ou fleuve bleu et non fleuve jaune, nous changeons 3 fois de rive. Après Benzilan, dans les gorges, de gros cailloux et quelques éboulis encombrent la chaussée. C'est le tremblement de terre de la veille, force 4,6 (dixit Estelle) qui en secouant la montagne a provoqué ces chutes sur la route. 

    Chine - Yunnan

    Les hôtels sont de moins en moins chers dans les petites villes où nous faisons étape, 50 et 60 yuans (6 et 7 euros), les chambres sont très correctes; ça "rassure un voyage " de savoir le gîte assuré, pas cher et facile à trouver. De fait nous sommes hors période touristique, souvent seuls dans les établissements et les prix sont cassés.  La vallée s'élargit, les montagnes reculent, l'agriculture s'installe, les premiers buffles apparaissent, les yacks ont disparu, les paysans laborieux sont au travail, bêche à la main, jusqu'à des âges très avancés. Ils récoltent les choux et plantent les patates sans oublier dans les sillons la poudre grise; ce ne sera pas du bio... Ce jour là nous roulons dans les 80 kms... quel bonheur pour moi que d'appuyer sur les pédales sans manquer d'air, nous sommes à 1800 m. Vers 11h du matin le compteur indiquait 12 degrés, 20 dans l'après midi. Je retrouve les maisons de la Chine traditionnelle, aux murs de terre, aux toits recouverts de tuiles grises, bâties autour d'une petite cour, avec à l'entrée un portique décoré de caractères chinois et beaucoup de bois ciselé au premier étage. 

    Chine - YunnanLe soir nous descendons dans un super hôtel tout neuf, à Shegou. La chambre est à 120 yuans, je marchande, je l'ai à 100 yuans (12 euros), ça fait rire le patron qui du coup nous offre le thé, s'asseoit et discute avec nous. 

    Chine - Yunnan

     Les affaires posées nous rendons visite à la fameuse boucle du Yang Tse. C'est  vraiment étonnant, le fleuve qui coulait plein sud, en cet endroit, vire et repart plein nord abandonnant son ancien lit. Plus loin, il coulera vers l'est, vers le centre de la Chine. 

     Nous grimpons ensuite dans la vieille ville et visitons au hasard des ruelles. 
    Encore une journée à ciel serein; je réalise que depuis que nous sommes partis nous roulons sous un ciel bleu, excepté 4 à 5 jours neigeux au Sichuan tibétain. 

    3 décembre: Nous quittons Shegou, c'est jour de marché, il fait 5 degrés, la campagne est recouverte de gelée blanche. 
    Nous grimpons un petit col et la chaîne de mon vélo commence à faire des siennes, elle quitte les plateaux sans me prévenir et déraille... soucis! Je retends le cable du dérailleur avant, ça ne vient pas de là, je me débrouille pour arriver en haut du col; avec le pouce je pousse sur la manette du dérailleur avant, j'ai des crampes mais ça tient à peu près. Au col, on dîne dans un petit resto, installés au soleil. Sylvie avise l'entrée d'une autoroute en construction et ne peut s'empêcher de nous y propulser. Nous roulons sur les collines, de manière étagée, ce qui fait que de notre balcon autoroutier nous dominons la plaine d'altitude. La vue est magnifique, les villages traditionnels sont nombreux. 

    Chine - Yunnan Dès qu'il y a de la terre cultivable, la vie s'installe. On s'arrête pour faire quelques photos appuyés sur la balustrade en béton. Nous sortons à Jian Cheng, la sortie (où l'entrée dans l'autre sens) est gardée. Le jeune garde gêné s'avance et nous demande ce qu'on fait là, on fait les imbéciles et il conclue "Ah les étrangers!" et nous laisse passer.Chine - Yunnan Une ville moderne a surgi du sol, de nombreux immeubles sont achevés, pas encore livrés, une centaine sont en construction, de grands hôtels, des bâtiments ultra modernes font partie du projet. Plus loin nous traversons la ville actuelle et apercevons la vieille ville bien indiquée sur les paneaux routiers. Ma chaîne s'en donne à coeur joie, je finirai en poussant le vélo. 

    On s'installe dans un bon hôtel; Sylvie de retour de la vieille ville me dit qu'elle est magnifique, je suis dans le cambouis. Dans la cour de l'hôtel, alors que j'essaye de réparer, un vieux Chinois à l'air allumé me harcèle, il me poursuit avec un verre plein d'alcool et des cigarettes, il a l'air pompette, bien éclaté... dans son état normal! !
    Je peste contre ces dix pignons qui croisent trop la chaine, j'abandonne avec la nuit...

    4 décembre: Je déjeune rapidement et retourne au vélo. J'avise un maillon abîmé, je le remplace Chine - Yunnan par l'attache rapide, je désaxe un peu la roue, je fais un long essai, ça a l'air de tenir??

    Nous voilà partis pour les montagnes du Shi Baoshan, un bon test pour la chaîne. Partis de 1800 m, on campera le soir à 2800... ça monte, ça descend puis ça grimpe en continu, du 8 et 9%. Dans la montée je m'occupe en comptant les briques semées par le Petit Poucet local. Ah! l'endroit est beau, bucolique, perdu... et mérité. On arrive au portique de l'entrée du site qui va s'étendre sur une Chine - Yunnan

    vingtaine de kms à travers les montagnes. Je pédale, je sue, ça monte, on parvient vers 17h à un village de la minorité Bai. Les maisons en terre sont superbes; des fresques en noir, blanc, nuances de gris , décorent les murs. Elles représentent des scènes de la vie de chaque jour et mon animal préféré, le buffle... au regard de velours. D'autres maisons sont en rondins. Des gamins ne sont pas rassurés devant les étrangers, ils baissent les yeux quand on les croise. Le soir tombe, personne ne voulant nous louer une chambre, on campera en face du village, sur l'autre rive du petit lac, il fait froid. Avec le peu d'eau qui nous reste je cuis deux sachets de nouilles déshydratées chinoises "des mamas". La nuit sera très froide, moins 3 degrés dans la tente à 9h du matin.

    Chine - YunnanChine - Yunnan

    5 décembre: Vers 8h45 je sors de la tente, le village en face est déjà au soleil et nous, bien sûr, à l'ombre. Tout est blanc, les vélos ressemblent à des sapins de Noël recouverts de givre. On déjeune dans un coin au soleil, on y transporte la tente afin qu'elle sèche. On repart vers des grottes nichées dans la falaise, contenant des statues, certaines sculptées à même la pierre. Les gardes rouges sont peut être passés par là, il manque des têtes, des mains, des troncs, on devine les coups de marteaux. On découvre une sculpture unique au monde (commentaire chinois) .... un sexe féminin de 50 cm de haut, dans une niche et reposant sur une fleur de lotus. Une statue représentant une femme Bai au visage souriant est comparée à la Joconde.... Nous sommes à 2 kms à vol d'oiseau Chine - Yunnande Shaxi où nous ferons étape, mais on doit tout repédaler en sens inverse, en montant et descendant comme d'hab, soit 17 kms pour rejoindre à nouveau l'entrée du site. Les quelques Chinois rencontrés nous félicitent pour notre courage. Sur le chemin du retour nous visitons un temple magnifique niché dans la falaise. Chine - YunnanDes singes s'en donnent à coeur joie dans les arbres au bord du chemin. Dans le temple les personnages, les divinités sont étranges, très humains, très colorés, hallucinés. Vers 17h nous quittons ce lieu pour Shaxi distant de 24 kms, ça descend. On double des femmes disparaissant sous de grands fardeaux d'aiguilles de pin qui serviront de litières aux animaux. Avec ces litières les paysans feront du compost. On arrive à Shaxi qui semble superbe. On avise un hôtel, un ancien établissement caravanier, notre chambre toute en bois donne sur une très belle cour.Chine - Yunnan

     

    6 décembre: Grasse matinée jusqu'à 9h30, déjeuner dans la chambre, du 2+1 (pour les initiés) et des gâteaux de la boulangerie. C'est vendredi jour de marché, nous ne savons où poser le regard, les paysans des environs en costume traditionnels sont là,
    Chine - Yunnanvendent, achètent. Les vieilles mémés sont nombreuses habillées chacunes à leur façon, non conventionnelle, ça me rappelle mes grands mères. Certaines arrivent à mi bras de Sylvie, elles mesurent dans les 1,20 m. Beaucoup de ces femmes sont encore vives, souples et ont beaucoup marché pour venir là. Sylvie en photographie quelques unes, discrètement... 

    Chine - Yunnan

     

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    Des dentistes de rue, devant leur étal reconstituent des dents. Des "herboristes" vendent des plantes médicinales, parmi eux j'avise un Tibétain. Après le marché nous partons visiter la vieille ville, elle paraît très ancienne. Toutes les maisons sont en terre tassée ou adobes recouvertes d'enduit. 

    Chine - Yunnan

     

    7 décembre: Départ vers 10h, il nous faut passer un massif montagneuxpour rejoindre Chine - Yunnanune vallée parallèle à la nôtre. Le patron de la guest house me dit que nous allons emprunter une piste sur 37 kms. Nous voilà partis, altitude 1600 m; la piste est bétonnée au départ, puis dallée comme une voie romaine pour retrouver enfin sa vraie nature, la latérite. Et bien sûr... ça monte... sec par moment. Pour penser à autre chose que la grimpe, je mets de la musique achetée la veille au marché. J'avais demandé au marchand " wo yao may lao yinyue" (je veux acheter de la musique traditionnelle) ...due..due... (oui, oui)... il me semble qu'il a compris. Je me retrouve avec du disco chinois et en plus chanté en anglais.
    Ca me donne le bon rythme de pédalage. Au col je demande à Sylvie qui m'attend depuis un bon moment Chine - Yunnande combien nous sommes montés en dénivelé d'après elle...

      "400m !", me dit-elle! (traduction: facile la grimpette!)...
    De fait nous sommes, après 21 kms de montée, à 2983 m: soit 1387 m de dénivelé positif... Nous descendrons sur 18 kms, la piste est horrible, caillouteuse comme les plus mauvaises pistes de nos garrigues, ça soubresaute sec. Sur ce type de chemin notre choix de vélo s'avère pleinement justifié, ils se comportent comme des VTT et restent très confortables. Après 37 kms nous arrivons à la route. Sylvie peste contre le trafic, les bus, les camions, les voitures, les engins archaïques de la Chine maoïste qui semblent fonctionner au pétrole brut ou au charbon tellement ils dégagent une fumée noire et dense. Quand ils rétrogradent, en côte, on est obligé de s'arrêter pour ne pas succomber asphyxiés.
    Nous trouvons un très bon hôtel dans une ville récente, 100 yuans... classique!♥

    8 et 9 décembre: Nous rejoignons tranquillement par des routes avec très peu de circulation (ça n'a pas été simple),  en 
    suivant le bord du lac Erhai, la ville très touristique de Dali.Chine - Yunnan

    Chine - Yunnan

     Chine - Yunnan

     

    Chine - Yunnan16 décembre: Descente vers le sud du Yunnan (par Sylvie ) 
    Une escapade à Kunming ( à 400 km de Dali: nous avons fait le trajet en bus, les vélos nous attendaient Chine - Yunnansagement à l'écurie... ), nous a permis de récupérer les visas du Vietnam, en seulement 3 jours d'attente. Nous en avons profité pour visiter le musée des minorités ethniques, très intéressant, et arpenter cette ville en pleine expansion: débauche de constructions verticales et de rues commerçantes. Un lac au centre de la ville apporte un peu de vert et d'oxygène. Le soir, des groupes de chinois dansent dans plusieurs coins du lac, danses de groupe, ou en couple, c'est assez étonnant de les voir évoluer, avec sérieux et application ...
    A l'auberge où nous logions, nous avons récupéré de la musique à charger sur la petite radio de Régis (ils avaient de très bonnes compilations) . Nous voilà équipés d'une bonne sélection de musique qui va nous changer de la musique tibétaine écoutée en boucle!       
    Nous repartons vers le sud du Yunnan, 700 km nous séparent de la frontière du Vietnam.   

                                                      Changement climatique?

    Chine - YunnanIl neige sur Dali! Au réveil ce matin, surprise! La ville est couverte d'un manteau de neige.... Voilà plus d'un siècle, au dire des habitants, qu'elle ne s'était pas vêtue de la sorte. Nous avons, compte tenu de ces conditions exceptionnelles, différé notre départ au lendemain, craignant les routes glissantes et surtout les automobilistes inexpérimentés...
    La neige provoque le même état fébrile, lorsqu'elle est rare, dans tous les pays... L'âme enfantine de bon nombre de chinois a pu s'exprimer librement: bataille de boules de neige et surtout frénésie de construction de bonhommes de neige en tous genres, dans les rues de la ville... 

    Chine - Yunnan

    Chine - Yunnan
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    Chine - YunnanChine - Yunnan                                               Et notre préféré, le bouddha            Chine - Yunnande neige....

     

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    19 décembre: Weishan et les temples Taoïstes de Baoshan (par Sylvie )
    Chine - YunnanNous quittons Dali pour rejoindre la petite ville de Weishan,  60 km plus loin.  Les montagnes environnantes sont encore enneigées, la végétation a souffert de ce brusque accès de froid. Sur la route, on roule bien emmitouflés, il y a par endroits des plaques de verglas.  Les vélos passent bien...
    La ville de Weishan nous enchante.

    Chine - Yunnan

    Beaucoup moins touristique que Dali, elle a gardé sa vie propre,  avec dans la vieille ville, une architecture traditionnelle et vivante. Dans les échoppes ouvertes à même la rue, s'exposent les commerces du quotidien.  Ça respire la tranquillité et la quiétude.  On savoure, en flânant au hasard des vieilles rues et en s'émerveillant sur quelques détails qui interpellent notre oeil d'occidental...
    Le lendemain,  nous partons à la découverte des Baoshan,  à quelques kilomètres de la ville, montagnes sur laquelle sont disséminés plusieurs temples taoïstes.  L'endroit est quasiment désert,  le froid a fait fuir les rares touristes en cette saison.  Le lieu nous est offert en exclusivité,  magnifié par des vestiges de neige qui le rendent encore plus intemporel.  Nous arpentons la montagne le long d'un sentier bien balisé, nous conduisant d'un temple à l'autre,  dans une lente ascension. Nous sommes touchés par l'harmonie des lieux,  en accord avec la philosophie taoïste,  qui inclue l'humain dans la nature.  Les temples sont littéralement enrobés de végétation,  construits sur 3 niveaux avec des cours intérieures agrémentées de plantes et de bonsaïs Chine - YunnanChine - YunnanChine - Yunnan
    savamment  taillés. Ils sont habités par quelques vieilles dames qui semblent les garder,  et nous offrent à notre visite, du thé et une patate douce brûlante...

    Chine - Yunnan

    Dans l'un des temples,  nous rencontrons un moine taoïste qui vit là. Il peint des aquarelles chinoises qu'il expose dans les premières salles.  A notre arrivée,  il pratique, solitaire et concentré,  un exercice de tai chi dans la cour.  Régis est mpressionné par son expression et ce qui émane de sa personne.

    Chine - Yunnan 

     

     

     

     

     

     

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    On échange quelques trop rares mots. Il nous montre la neige, exceptionnelle,  et nous demande s'il y en a dans notre pays...

     

     

     

    Shi Che Lou,  la ville où l'on n'arrive jamais... (par Sylvie )
    Chine - YunnanNous avons quitté Weishan pour continuer notre descente vers le sud, munis d'un carte de la région du Yunnan,  très sommaire et d'un atlas routier de 5 ans d'âge (tout en caractères chinois),  mais certainement beaucoup plus ancien... (Ah! Nostalgie de nos cartes IGN, de vrais bijoux de précision! )
    Cet équipement est suffisant si l'on suit les grands axes routiers,  mais si comme nous,  on a envie de prendre des chemins de traverse,  pour échapper à la circulation,  les choses se compliquent considérablement.  Nous décidons donc de bifurquer sur une hypothétique route secondaire repérée après des heures à explorer les cartes.  Chine - YunnanPrévoyante, j'organise les choses: villes repères identifiées,  recopiées sur un petit carnet en caractères chinois et latins, le tout rangé dans ma sacoche de guidon, prêt à l'usage. A plusieurs reprises,  nous sommes obligés de demander  notre route,  prononçant de 10 manières différentes les noms des directions, sans succès. En montrant le nom écrit c'est un peu mieux. On nous a déjà indiqué deux directions opposées pour une même destination... Alors on apprend quelques principes de base: demander au moins à 3 personnes différentes la même information et attendre trois réponses qui se  recoupent, avant de s'engager, éviter les questions du genre: "Shi Che Lou,  c'est par là? ",   car si un Chinois poli ne connait pas  la réponse,  il  nous repondra tout de même "oui" , avec un grand sourire.  La question de la distance est aussi problématique. On finira par comprendre que tout dépend du moyen de locomotion employé par la personne interrogée. L'échelle varie selon que l'on se déplace à pied,  en moto ou en voiture. Concernant notre fameuse ville de Shi che Lou,  nous avons eu dans le même temps,  une estimation à 40 km, 70km et même 100km!  C'est ainsi que l'on s'est retrouvé à franchir des montagnes sur des pistes en terre, à des kms de notre destination initiale,  et sans apercevoir l'ombre du clocher de cette Shi Che Lou convoitée,  après 3 jours d'intense pédalage... dans une ignorance totale de là où on était et de vers où on allait.  Bel apprentissage de "lâcher prise", pour moi qui suis toujours le nez dans les cartes à traquer l'avancée de l'itinéraire.  Pas facile à vrai dire de perdre le contrôle de la direction...  Quand on lâche enfin un peu de lest, les yeux découvrent l'environnement: des paysages splendides et inédits  vierges de tourisme, et en prime tous ces "petits riens" qui font le bonheur d'une journée de voyage: un hôtel inespéré quand les jambes commencent à tirer, un thé offert sur la route,  une orange savoureuse oubliée dans la sacoche, les sourires incrédules des gens croisés, des encouragements...
    Finalement,  c'est peut être quand on se perd que le voyage commence ...

    Dans les montagnes du Yunnan...
    Mollets, souffle et volonté... (par Régis)
    Chine - Yunnan20 décembre: 50kms tranquille,  peu de circulation,  route paisible,  musique excellente,  très bon restaurant à midi, menu unique,  soupe, 2 plats de légumes,  2 plats de viande,  50 yuans, 6 euros 30.
    La carte chinoise du Yunnan achetée dans le pays ressemble à un dépliant touristique gratuit figurant les balades du coin. On avance prudemment nous fiant aux indications des gens rencontrés,  notre prononciation est rarement bonne.. aie!  On voudrait se rendre à Hon Tou Pe. Un gars en moto nous indique un raccourci, une piste à travers la montagne et qui grimpe. Arrivés sur la crête,  sur une route goudronnée, un chauffeur de mini bus nous envoie à droite, on plonge dans la vallée. Il est 18h, on arrive après une très longue descente, dans un petit village. L'hôtel est sommaire,  dans la rue les gens se réunissent pour nous voir, on apprend qu'on est au mauvais endroit,  qu'en haut il fallait aller à gauche. Le patron de l'hôtel nous dit qu'en continuant on peut rejoindre une ville qui se trouve sur la route qu'on voulait emprunter, Shi Che Lou, mais plus au sud.. dans la rue personne n'est d'accord sur la distance, ça va de 50 à 70 kms. On insiste bien pour savoir si ça passe, sur la carte c'est le vide. On se fait noter sur un papier le nom de quelques villes ou villages à traverser, Ho Tia Tchun, Tcho Loin, Ka Sa Tchin..etc. Nous doutons de tout ce qui nous est renseigné,  quelle décision prendre, demi tour et notre ex descente se transformera en col ou on écoute l'hôtelier qui a l'air sûr de lui? On soupe, on verra demain. On a parcouru 75 kms.
    21 décembre: Lever 8 heures, petit déjeuner dans la chambre, puis conciliabule avec le patron, avec carte, papier, crayon. Sylvie nous rejoint,  le dialogue de sourd avec l'hôtelier bat son plein, finalement il nous convainc,  on opte pour son option. Chine - YunnanOn démarre, au niveau d'une rivière,  ça grimpe sec, du 7 à 9 %, on s'élève à flanc de montagne. Dans le premier village rencontré on se renseigne, on s'est trompé,  il fallait prendre une piste 6 kms avant et qui descend à la rivière. Sylvie avait hésité en cet endroit. Notre nouvel interlocuteur nous fait un plan sommaire du trajet, me montre du doigt un lieu où nous devrons passer, c'est déjà très loin à vol d'oiseau et tout en haut d'une montagne. Arrivés à la rivière la grimpe commence, va durer 8h, pas un instant de répit avec du 7, 9, 12, 14 %. De temps en temps je m'arrête pour regarder derrière moi, je suis impressionné de voir ce qu'on a déjà monté et ce n'est pas fini. Notre destination est sur notre gauche, on part à droite pour contourner par la montagne les nombreux vallons. Autour les paysages sont superbes, il faut nourrir la Chine, sur 1000m de dénivelé les montagnes ne sont que terrasses cultivées en petites parcelles. Les villages sont éparpillés sur ce dénivelé. Les paysans rencontrés ne sont pas des Hans mais une ethnie minoritaire comme disent les autorités. Ils sont très timides, très pauvres et sont étonnés de nous voir là.
    Question cyclisme, quelle bagarre pour hisser ces vélos chargés,  si haut. J'ai la forme, je l'ai senti dès le départ, j'ai les jambes, le souffle et du coup le moral. Vers la fin, à 2800m, on est parti de 1700m, on arrive sur une route goudronnée qui reste au même niveau, à flanc de montagne. Quel bonheur de pédaler faux plat montant, bourré d'endorphines,  sur la musique de Fela Kuti et d'Otis Redding. Arrivés dans la petite ville de Hou Tin Cha, on avise un hôtel très bien à 60 yuans (7 €), pas chauffé comme la majorité des établissements à ce prix, il gèle dans la chambre, il fait 6 degrés à 19h, on va dormir dans les duvets et sous la couette. Demain il nous faut monter un col, on espère rejoindre la ville de Shi Che Lou et l'itinéraire qu'on s'était fixé au départ ... cette ville à l'air indiquée sur un panneau routier mais deux noms très différents nous ont été lus..??
    55 kms au compteur...

    Chine - YunnanChine - YunnanChine - Yunnan

    22 décembre: 5 degrés dans la chambre à 8h30, c'est dur de s'extraire.  Vers 10h on attaque. Après le col, pendant 30 kms on va rouler en haut, à flanc de montagne. On domine, la vue est superbe,  incernable, en dessous c'est un chaos de montagnes, de vallées, de vallons, de promontoires. Le fond majeur de vallée est à 1000m plus bas et s'oriente dans tous les sens. Les montagnes et les vallées s'étirent dans toutes les directions à perte de vue.... comment et où, allons nous sortir de ce piège si exaltant? 
    Pour l'instant on reste à niveau, un vrai plaisir à vélo,  de la musique andalouse et cubaine m'accompagnent.
    Sur mon vélo je rêve,  je jubile, je plane, ce que je vois me transporte de joie. Dans les villages traversés, ils tuent le cochon, la saucisse pend accrochée à de longs bâtons. On contourne les amorces de vallée,  les avancées montagneuses, on monte, on descend, les kms défilent. Arrivés à une ville en crête on s'arrête pour acheter quelques provisions. Aussitôt c'est l'attroupement. "Nous sommes Français, je suis à la retraite, nous voyageons un an, j'ai 64 ans, Sylvie 51..." ceux qui captent, heureux et avec grand sérieux, diffusent l'info. J'aime l'ambiance de ces villes qui par leur emplacement semblent coupées du monde. 
    Chine - YunnanPour tout ces gens rencontrés au bord de la piste, loin est relativement près, beaucoup se déplacent à pied et leur périmètre de vie est très restreint. Aussi, quand on leur demande notre chemin, ils nous renseignent sur des villages ou villes où ils ne sont jamais allés.. pour les distances, ils nous disent n'importe quoi. On repart, les choses sérieuses vont commencer. On arrive à un croisement, deux pistes caillouteuses démarrent, fini le goudron, on prend à gauche. On descend fort, on remonte fort, je m'étonne de grimper aussi vite le dénivelé, j'ai la forme, je vois tout en positif. Après deux heures de pédalage  et de contournements on se retrouve en face de la ville où on a mangé, une vallée d'altitude nous sépare. Une famille chinoise nous arrête pour boire le thé,  ils veulent nous offrir à manger, c'est trop tôt, avant de partir on se soumet à la traditionnelle séance photos. Je demande souvent la route, on ne veut pas plonger vers un fond de vallée. Deux jeunes chinois m'annoncent la ville à 100 kms, par gestes ils me disent que ça monte trop et qu'on ne pourra pas passer.... on va passer. On se lance dans un col, tout en haut on traverse un village,  il est 18h30, on déniche l'hôtel. Les chambres sont propres "de murs", le sol, les draps, les couettes, les oreillers sont sales, pas changés depuis longtemps, je demande 2 oreillers propres... la patronne se bidonne. Avec Sylvie on entreprend le grand ménage, on dormira dans les duvets. La chambre est grande, bien éclairée,  l'hôtelière nous amène un grand thermos d'eau chaude... le paradis. J'installe mon réchaud préféré,  mon araignée Primus et cuis des nouilles qu'il me restait du Kirghistan,  avec un vieux morceau de fromage, un reste d'huile et un peu de levure, ce sera parfait. Je suis excité comme un pou, les endorphines again, si c'est comme la nuit dernière je vais peu dormir. Encore une journée de ciel bleu, 53 kms parcourus... Shi Che Lou semble nous échapper, s'éloigner à mesure qu'on avance. Dans mon lit je lis du Giono "Que ma joie demeure".
    Chine - Yunnan23 décembre: Départ 9h30,  nous roulons sur une piste caillouteuse,  on fait les bordures quand on peut. Comme d'habitude ça monte, ça descend,  ça contourne. Nous traversons des villages poubelle. La rue unique et principale ressemble à un dépotoir,  il y a des monceaux de bouteilles,  des amas de cartons,  des détritus partout. Chine - YunnanLes déchets s'entassent au bord des maisons et s'étalent sur la chaussée. A voir certains visages, il y a de la consanguinité dans l'air. Plus loin la piste file droit en haut de la montagne... un petit col. Les pourcentages sont terribles, 14 et 15 %, je me repose sur du 9, 10%. J'escalade d'une traite, j'ai les jambes, je descends du vélo et cours à côté pour me regarder passer, j'admire mon aisance et mon style de pur grimpeur... En haut du col, des "spectateurs" nous invitent à nous asseoir sur de petits tabourets au soleil. On se restaure d'une pomme et de mangue séchée,  on palabre. Shi Che Lou n'est plus qu'à 10 kms.... à voir! On l'aperçoit enfin mais en haut d'une montagne,  sur notre carte cette ville figure au bord d'une rivière... l'angoisse!  Arrivés à l'hôtel on se renseigne,  c'est bien Shi Che Lou... et toujours autour,  des vallées profondes et des montagnes.
    Ce qu'il y a de bien dans les hôtels chinois c'est qu'on peut laisser la chambre dans un état lamentable,  écraser les mégots par terre, laisser au sol les bouteilles vides, les divers emballages, salir les murs jusqu'à des hauteurs impressionnantes. On laisse nos chambres clean, j'ai des regrets... 51 kms au compteur..
    24 décembre: Vers 10h nous quittons l'hôtel. Comme chaque fois depuis 4 jours une descente nous attend.  De fait les villes sont en crête,  en haut de petits cols, en y arrivant on monte, en les quittant on descend. Après 30 kms il me semble apercevoir du foncé sur la route... the goudron! On va pouvoir cesser de regarder le pneu avant.  La campagne autour est peuplée de grands rochers,  de villages aux petites maisons de terre, les versants ouest sont recouverts de forêts de bambous et de bananiers,  le versant est, d'acacias. Les paysans sont dans les champs, certains s'affairent à agrandir leur petit lopin de terre à la pioche et à la barre à mine. Ils ont l'air très pauvres et charrient sur leur dos, protégés par un équipement végétal, de très lourdes charges de bois. Certains guident les buffles.
    Chine - YunnanQuand à moi, avec les efforts que je déploie je sue, en haut des côtes je me couvre, en bas des descentes je me découvre. J'avale les montées, exalté, avec la joie intérieure, la musique à fond, je croise de grands sourires, je fête la venue de Noël sur mon vélo. Arrivés devant l'hôtel de la ville étape, Tcho Loin, Sylvie s'informe:
    - "You mei you Wifi ma?" (Avoir pas avoir Wifi?, "ma": particule interrogative)
     -"You, you!" (Avoir, avoir)
    Elle est contente, sûrement des mails l'attendent,  elle va pouvoir Skyper.
    On s'invite au restaurant d'à côté, une bière à deux pour fêter Noël,  soupe courgettes et patates, un plat de petits pois, une assiette de champignons... et du riz.
    Les cadeaux...! Les cadeaux...! : une très belle pochette pour moi, pour Sylvie, un bracelet bambou argent.
    25 décembre: Départ 10h30, avec les abus de la veille on a eu du mal à se lever... Je m'arrête à une épicerie près d'un petit marché, pour acheter de l'eau.  Les vendeuses accourent,  beaucoup de mémés.  Ca rigole, ça discute, ça commente, je leur mime les montées,  ça s'esclaffe. Tout ce monde est joyeux du contact avec les étrangers. Une très longue descente nous amène au bord d'une large rivière. La température est plus clémente, on pédale toujours sous le ciel bleu au milieu des champs de mandariniers et de bananiers.  Après 75 kms on s'arrête dans une ville neuve, dans un hôtel ultra neuf. Chambre à 6 €, au resto, les Chinois de la table voisine nous offrent le repas, prix de revient de la journée,  avec le repas de midi, 68 yuans soit 8 €50.
    26 décembre: Sur la piste alternent goudron et terre, montées et descentes... Nous sommes dans une zone où l'on cultive la canne à sucre, les bananiers, les orchidées, c'est toujours un coin reculé de Chine. Ca fait longtemps que nous n'avons pas vu de touristes chinois et étrangers. C'est jour de marché à Mou Tsa Tchin. Les minoritaires sont là,  Chine - Yunnanen tenues traditionnelles. Des herboristes étalent toute une panoplie de plantes médicinales et de bestioles séchées.
    Chine - YunnanA Ma Lai Tchin on trouve un hôtel somptueux à 8 €, tout neuf. Le patron nous offre le repas du soir. Nous sommes étonnés de la gentillesse des gens de cette région.
    27 décembre: La route est tranquille, on croyait en avoir fini avec les montagnes, elles sont toujours là,  les montées aussi. Je me fiche des pourcentages,  du poids des bagages,  j'avance comme un tracteur, un véritable diesel... Sylvie aussi, mais en ce qui la concerne c'est ainsi depuis le départ, ... et Chine - Yunnantoujours aussi heureux de ce que je vois.. On arrive à Yuan Jian, ville de moyenne importance. On va prendre un jour de repos. Je vais faire un peu de lessive. On va reposer les organismes, 43 225 m de dénivelé positif depuis le départ... et mon altimètre fonctionne bien, je le surveille depuis deux mois étonné de ce qu'il indiquait...

     

    31 décembre: réveillon et rizières (par Sylvie )
    Chine - YunnanNous passerons le 31 décembre dans la ville de Honghe, près du fleuve rouge. La ville n'étant pas forcément une étape gatronomique, nous assurerons le "réveillon" avec une (hélas) très traditionnelle soupe de nouilles, et dans notre chambre d'hôtel, nous arroserons cette année nouvelle avec une bonne tasse de thé vert, sans bulles... Les jeunes de la ville s'occuperont de l'ambiance de la soirée, puisque l'hôtel où nous nous trouvons est également et surtout, un lieu de karaoké. Après avoir vociféré pendant une partie de la nuit, ces nouvelles stars ont conclu la soirée par une magistrale explosion de pétards dans la cour de l'hôtel, puis dans les rues de la ville. On a imaginé que c'était par solidarité festive, puisque le nouvel an chinois est seulement le 31 janvier (merci Do pour les détails!).

    Faute de festival des papilles, nous nous offrirons les 1er et 2 janvier, un festin visuel, dans la région des Chine - Yunnanrizières d'altitude, au dessus du village de Jiayin, d'après les conseils éclairés d'Estelle. Dans cette région, il y a une importante population de la minorité Hani. Les femmes portent un costume traditionnel très coloré et je me réChine - Yunnangale de regarder la manière dont ces vêtements sont conçus. Les rizières sont établies en altitude, à plus de 2500m, au dessus de la zone boisée de la montagne. Les Hanis qui les construisent et les cultivent sont de véritables sculpteurs de paysages. C'est un travail colossal de les créer et de les entretenir. On se réjouit d'être en vélo, malgré une sérieuse grimpette, pour avoir toute la liberté de bader dans ces paysages splendides. On s'offrira le traditionnel coucher de soleil sur les rizières étagées, qui brillent comme une myriade de miroirs. Nous traversons plusieurs villages typiques, entre les "amphithéâtres" de rizières. Dans l'un d'eux, une femme Hani est en train de fabriquer une sorte de cordelette décorative en cordonnets colorés, avec un système tout à fait astucieux. On l'observera un bon moment et elle acceptera de se laisser filmer...

    D'autres détails...      (par Régis)
    Chine - Yunnan
    29 décembre: En route pour Honghe, 60 kms, montées et fort vent de face et au final 5 kms de rude ascension, genre Mt St Clair à Sète, pour accéder à la ville bâtie en haut d'une montagne. Chambre secouée jusqu'à minuit par le karaoke de l'hôtel du premier étage, on loge au 4e.

    30 décembre: Nous visitons un ancien caravansérail, imposante bâtisse toute en pierres. Des artistes exposent, peintures, calligraphies, bois sculptés, bijoux. On nous offre le thé, on bavarde, près de nous des Chinois fument leur cigarette à l'aide de grandes pipes à eau, ancestrales dans tout le Yunnan. On se ballade dans ce qu'il reste de la vieille ville. Nous baignons depuis quelques jours dans une brume froide paChine - Yunnans facile à gérer en vélo si on ne veut pas attraper froid. Le soir, rebelote pour le karaoke, les jeunes s'y défoulent et braillent faux.
    31 décembre: On change d'hôtel. Journée repos et mécanique, ma chaine frotte sur le dérailleur avant. Le soir je repère une trentaine de motos garées autour des vélos dans la cour de l'hôtel. Des jeunes courent de partout dans les étages, puis le karaoke commence, on ne l'avait pas repéré. A minuit, ça pétarade dans toute la rue principale, les pétards explosent, sur le coup j'ai un doute, les Chinois fêteraient ils le passage en 2014? Je descends dans la rue, nos excités du karaoke ont envahi la ville et font parler la poudre, ils célèbrent à leur façon 2014.

    Chine - Yunnan
    1er janvier 2014: Nous laissons une bonne partie des bagages à l'hôtel et partons visiter l'attraction du coin, les rizières en terrasses. Comme elles sont en eau, elles miroitent. Bien sûr, elles se trouvent en haut des montagnes. On démarre à 1320m, on attaque un col, dans la montée une voiture de touristes chinois nous arrête pour la séance photo traditionnelle. Ils s'éclatent, ils posent avec nous entre nos deux vélos, ils sont très amicaux, nous prennent par les épaules, nous offrent des pommes... La brume s'écarte pour laisser place au soleil sur fond de ciel bleu. La route est bordée de bambouseraies, on arrive à 2530m dans la petite ville de Jiaying. Vers 17h, le patron de l'hôtel me dit que c'est maintenant qu'il faut aller voir les rizières, la lumière est bonne. Le site majeur est à 6 kms. Quel spectacle que ces centaines de parcelles d'eau miroitant sous le soleil couchant. Merci à ces Hanis, paysans, architectes et bâtisseurs d'un tel ensemble agricole. Toute la nuit, le vent soufflera en tempête. 
    2 janvieChine - Yunnanr: Le vent s'est calmé, plus de brume, grand soleil. En crête, nous contournons le 1er site, grimpons sur une montagne et accédons à une nouvelle vallée avec implantation de rizières sur tous les versants, elles s'étalent à perte de vue, spectacle saisissant. Les Chinois refont la route,Chine - Yunnan ils utilisent la main d'oeuvre locale. Beaucoups de femmes travaillent sur ces chantiers, elles font les manoeuvres, préparent
     et charrient le béton à coup de brouettes, bêchent la terre du fossé; les hommes assurent les tâches techniques. Ces gens travaillent avec application, consciencieusement, ils ont gardé le sens du travail bien fait.. et ce n'est pas le salaire qu'ils touchent qui doit les y encourager... Ils sont les descendants de ceux qui ont implanté les rizières. On mange à Baoha puis entamons une descente interminable vers la vallée. 73 kms au compteur. On récupère nos bagages et changeons d'hôtel pour la 3e fois.

    3 janvier: Nous roulons Chine - Yunnantranquilles vers Yuan Yang.


    4 et 5 janvier
    : Nous laissons les vélos et bagages à l'hôtel. Après 60 kms de montée sans efforts, en bus, nous arrivons à la ville ancienne de Jianshui célèbre pour l'architecture de ses vieilles demeures, son temple de Confucius et ses potiers. Le prix des hôtels a changé, 156 yuans, 20 €... je remarque qu'on se fait très vite à des prix bas!



    Chine - Yunnan

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    4 janvier: La ville de Jianshui (par Sylvie)
    Chine - YunnanNous gravissons les 80 kms de montée qui séparent les villes de Jianshui et Chine - YunnanYuanyang, dans un vieux bus aux sièges défoncés.  Les vélos se reposent avec les bagages dans un petit hôtel à Yuanjiang,  sous l'oeil vigilant de la concierge. Jianshui est une petite ville avec une partie ancienne de vieilles maisons typiques.  C'est le même tableau que dans les autres villes de ce genre: les maisons aux façades magnifiques sont occupées au rez de chaussée par des commerces ouverts sur la rue. Il faut lever les yeux pour découvrir la beauté des facades, les fresques des balcons et le travail remarquable du bois sur les étages.  Cette ville est parcourue de cours d'eau souterrains et dans les rues des tas de puits émergent pour l'accès à l'eau.  Ils sont encore beaucoup utilisés par les habitants des quartiers. Chine - YunnanOn ira visiter à quelques kilomètres de Jianshui,  le village de Tuanshan. Pour cela,  on a loué deux gimbardes de vélos qui nous ont fait apprécier la qualité et le confort de nos chers vélos de voyage.! Chine - Yunnan

    Pour une journée,  c'était supportable... La route longeait un canal, traversé par plusieurs ponts anciens.  Tuanshan garde encore un grand nombre de maisons anciennes qui ont la particularité d'être habitées. On visite donc des maisons "vivantes", dans la cour desquelles sèche le  linge, où est organisée la vie quotidienne.  J'ai trouvé très agréable de découvrir ces architectures superbes, au milieu des familles qui y vivaient.


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    C'est l'opposé des "villes musées" où tout est en sommeil... Jianshui est aussi fameuse pour son art de la poterie, de véritables merveilles réputées dans toute la Chine ,  notamment dans les mini services à thé utilisés pour la cérémonie du thé.  Chine - YunnanJ'aurais pu acheter le magasin entier,  tellement les pièces étaient belles et raffinées.  
    Chine - YunnanMais bon,  tant de délicatesse sur mon bon gros vélo,  n'aurait pas fait bon ménage! 
    Nous avons aussi découvert dans cette région des spécialités culinaires particulières,  que nous avons longuement observées,  sans avoir toutefois eu l'audace d'y goûter: assortiment d'insectes et autres larves et gros verts, savamment embrochés et grillés. Régis pense que ce sont peut être les "protéines des pauvres". Un petit échantillon en images...

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    9 janvier: Xingjie et 2 parenthèses (par Régis)
    J'ai le sourire du boudha après une montée continue de 32 500 000 mm et 1 380 000 mm de dénivelé positif... Nous sommes à Xingjie, nouvelle région de rizières étagées,  à 2393 m d'altitude. Il fait froid, nous arrivons dans le brouillard,  la ville est étagée,  construite à flanc de montagne. 

    10 janvier: Nous partons tranquilles, 30 kms nous séparent de la prochaine ville étape, Hon Tsa Li. Chine - YunnanLa route est entravée par une barrière gardée,  nous sommes déviés vers l'office de tourisme, de fait le péage pour accéder aux différents sites de rizières. Nous ne paierons pas argumentant que nous ne sommes pas là pour visiter mais en route pour le Vietnam. Après 30 kms de descente nous parvenons dans une ville qui n'est pas Hon Tsa Li. On nous l'indique à  8, 20, 30 kms. De fait il nous faudra rouler 74 kms pour l'atteindre, finir par une montée de 20 kms et grimper 700m de dénivelé.  Nous arrivons à la nuit, l'hôtelier est très sympa, l'hôtel très bon marché.  Ce soir on se contentera d'une soupe en sachet, de pâtisseries, de chocolat vraiment mauvais... les restos ouverts de la ville n'étant vraiment pas engageants.

    Chine - Yunnan11 janvier: Nous demandons la direction de notre ville de destination Lao Mang. Les personnes rencontrées nous indiquent tous, la direction d'où l'on vient?? L'hôtelière de Xingjie
    s'était trompée en lisant le nom des villes, elle plaçait Hon Tsa Li avant Lao Mang, notre route de fait ne passait pas par Hon Tsa Li. Et nous voilà partis pour 20 kms de descente, on arrive à Lao Mang un samedi, nous resterons le dimanche, un grand marché ayant lieu ce jour là dans cette localité. 
    12 janvier: visite du marché. 
    13 janvier: Lever 10h, très mal dormi, les 2 Chine - Yunnanchambres voisines alcoolisées ont vociféré une grande partie de la nuit.
    La route est étroite, pavée, très sympa et va grimper 52 kms pour 1300m de dénivelé. On longe des paroies végétalisées,  des bananiers, des bambouseraies,  des terrasses étagées, la forêt tropicale.  Les maisons villageoises sont très basiques, modestes. Devant  l'habitation les cochons et Chine - Yunnanbuffles ont leur case, les excréments s'étalent dans le fossé, en bord de route, le trajet est visuel et odorant. Les cochons de race authentique sont noirs, affublés d'une scoliose, le ventre touchant presque le sol. On arrive à la mine d'or qui s'étend sur des kms et mange les versants de montagnes et les cultures, il fait nuit, la route est boueuse. Au col on avise des baraquements en dur, éclairés,  construits devant une station de pompage de la mine. Des gens vivent là, on est reçu par une dame, sa fille, le mari qui campent là durablement.  Ils nous installent dans une pièce. Un lit métallique avec une grande planche pour sommier, une table basse, un petit banc, une ampoule électrique au bout de nombreux fils entremêlés,  nous souhaitent la bienvenue. On balaie, on s'installe comme des rois, matelas gonflés, duvets, eau chaude au dehors. On avale une soupe en sachet et au lit... dehors il fait 5 degrés,  la toiture Chine - YunnanChine - Yunnanprésente quelques trous préoccupants en cas de pluie..
    14 janvier: Petit déjeuner, nous avons Chine - Yunnandes provisions, et en route. On attaque par une longue descente de 21 kms, suivie d'une montée de 25 kms avec... pléonasme,  des pourcentages très élevés sur les derniers kms. Je ne vous dirai pas afin de ne pas vous lasser le dénivelé grimpé,  900m. On voit les rivières couler dans les vallées et filer vers le Vietnam; au lieu de les suivre on préfère jouer à "saute montagnes". Les 5 derniers kms tranquilles nous amènent à Jin Ping; la ville est vraiment laide. Nous sommes mardi, le grand marché a lieu le vendredi, dilemne... on attend, on file, lundi prochain nous devrons quitter la Chine, la frontière vietnamienne est à 200 kms.... 


    Parenthèse ordures ménagères:

    Chine - YunnanTous les villages, les villes, les fossés,  les rivières, les ruisseaux, Chine - Yunnanles rues, les abords des maisons, des combes, des ravins, sont emplis de déchets...  Tout le monde a accès à de la nourriture, des objets manufacturés emballés. Les emballages, les canettes en verre ou alu, les sacs plastique, le polystyrène ont envahi le territoire et pas de collecte d'ordures. Luc, Chinois, architecte, parlant bien le Français, nous avait dit que seules 4 grandes villes chinoises avaient un ramassage d'ordures organisé.... et où vont les eaux usées?  Un Chinois ayant en main des emballages vides, paquets... gâteaux,  cigarettes.. s'en débarrasse à l'endroit où il se trouve, trottoir, rue.... J'ai même vu des camionneurs finir des bidons d'huile, les écraser à même la chaussée et les laisser là. 
    Et... dans tous nos hôtels,  2 poubelles dans la chambre,  et à notre disposition, chaussons, brosse à dents, peigne, savon, shampoing,  bonnet de bain, gant à chaussures.... le tout dument emballé et jetable. Quand nous jetons nos ordures dans une poubelle je me sens un peu hypocrite, je sais comment ça va se terminer, en tas quelque part.. et parfois en fumée...

    Parenthèse commerces chinois....
    Ce qui me surprend dans les villes chinoises où nous sommes passés, et j'observe ce phénomène depuis 4 mois, c'est le nombre incalculable de boutiques, magasins luxueux, vendant bijoux, vêtements, chaussures, cosmétiques, matériel de sport, électroménager, téléphonie,  artisanat chinois, thé... toujours vides d'acheteurs. Elles emploient souvent de nombreux vendeurs qui visiblement s'ennuient, discutent entre eux, sont connectés sur leur portable, sommeillent parfois sur le comptoir.
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    Tout cela ressemble à une société de consommation trop en avance par les prix demandés sur le pouvoir d'achat de la majorité des Chinois qui achètent sur les marchés des produits de moindre qualité mais nettement moins chers.
    Qui finance tous ces établissements? pas des emprunts je suppose... comment rembourser quand on ne vend presque rien...? la diaspora chinoise d'outre mer qui place son argent à travers la famille restée au pays?
    Je n'ai pas eu de mal à faire quelques photos pour illustrer ce petit article, tous les magasins de la rue étant vides d'acheteurs, on apercoit les vendeurs.

    Chine - YunnanJeudi 16 janvier: minorités ethniques (par Sylvie )
    Dans la région montagneuse du sud Yunnan,  la population Chine - Yunnan( plus d'un million d'habitants) est constituée à 82%  par des minorités ethniques: 56% sont de l'ethnie des Hanis,  cultivateurs,  les autres,  Meos et Yaos, vivent plus en altitude. Les quelques 18 % de population restants sont des Chinois Hans. Le Yunnan est un véritable pays dans le pays et pourtant Chinois...  Au fur et à mesure que l'on s'enfonce dans les zones montagneuses,  on rencontre de plus en plus ces populations que l'on repère à leur tenue traditionnelle souvent très colorée. Le moyen privilégié pour les voir est de visiter un grand marché,  souvent hebdomadaire,  qui a lieu dans les petites villes environnantes.  Sur les bons conseils d'Estelle,  c'est ce que nous avons fait dans les villes de Lao Mang et de Jinping. On assiste à un véritable festival de costumes traditionnels,  coiffes,  guêtres,  ceintures brodés et autres originalités très bariolées. Un défilé à faire pâlir d'inspiration certains créateurs de mode.

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    Chine - YunnanJe suis admirative de toutes ces tenues dont certains détails semblent s'inspirer d'éléments naturels: ceintures en forme d'ailes,  tabliers portés dans le dos comme des queues d'oiseaux... Ce sont les femmes et les petites filles qui sont les plus costumées. Le jour du marché,  les tenues portées sont soignées et impeccables, plus ordinaires pour la vie quotidienne,  d'après ce que l'on a observé en traversant les villages.  On a vu énormément de femmes occupées à broder des tissus, assises devant leur maison. Je trouve que c'est une certaine forme de résistance,  à l'heure de la mondialisation et de l'uniformité vestimentaire,  que de s'habiller d'une façon si dissidente...

      

      

    18 janvier: Hekou (par Sylvie )
    Chine - YunnanPour quitter les montagnes et rejoindre Hekou, la ville frontière,  nous avons longé le Honghe,  le fleuve rouge.
    Rouge, c'est aussi la couleur des bonnets que portent les femmes Chine - Yunnande l'ethnie des "Yaos à tête rouge",  un peu comme des "mères Noël". Elles arrivent pour moi en tête du palmarès des tribus que l'on a rencontré.  Leur costume est très coloré, pantalon et tunique brodés de couleurs gaies. Ces femmes ont l'oeil qui pétille et ont un abord facile et enjoué.   Elles sont spécialisées dans la récolte de toutes sortes de plantes, racines et écorces de la forêt semi tropicale, qu'elles utilisent pour soigner ou faire des bains. Un vrai régal de les rencontrer,  et un vrai regret de ne pas pouvoir communiquer plus...
    A Hekou,  le fleuve rouge sépare la Chine du Viêtnam.  Depuis la rive, nous apercevons sur les berges d'en face la ville de Lao Cai.
    Il nous suffira de passer le pont pour changer de pays...

    Nous quitterons la Chine,  parcourue pendant 4 mois, la tête pleine de très belles images et de bons souvenirs. L'envie d'y revenir nous  effleure déjà,  en ayant appris auparavant à parler un minimum,  pour pouvoir échanger...

      Chine - YunnanChine - YunnanChine - YunnanChine - YunnanChine - Yunnan


    26 commentaires
  • C'est parti pour le Vietnam !!!    
    Viêtnam20 janvier: Vietnam, premières impressions (par Sylvie ) 
    A peine quelques kilomètres franchis (à vélo!), et nous basculons dans un monde vraiment différent.  La langue,  qui sonne autrement  à l'oreille,  que le chinois, la monnaie,  (avec le passage au dong, on est devenus millionnaires!), le comportement des gens, tout cela nous interpelle...
    La première sensation est celle  d'un apaisement. On ressent plus de tranquillité, moins d'agitation déjà dans la première ville abordée,  Lao Cai et les premiers coups de pédales sur les routes vietnamiennes. L'environnement nous paraît plus soigné,  les alentours et les cours des maisons bien agencés.  On retrouve avec bonheur des terrasses de café où siroter un étrange café et bader la vie autour. On découvre dans des petites gargotes les fameux " pho", soupe vietnamienne à base de nouilles et de coriandre, que l'on parfume avec du jus de citron et les traditionnels et délicieux nems. Au niveau de la langue,  je me dépêcheViêtnam d'apprendre les rudiments,  surtout les chiffres,  car ici, il faut être vigilant et ne pas hésiter à marchander des prix majorés spécialement pour nous...  Le contact  avec les gens est beaucoup plus froid et distant qu'en Chine,  mais ce n'est qu'une première impression. 
    5 jours après notre arrivée au Viêtnam,  nous retrouvons Claudine et Claude avec qui nous avions rendez vous dans le nord du Viêtnam.  Au petit matin,  dans la brume de la ville de Ha Giang,  nous nous retrouvons chaleureusement à la gare des bus,  pour embarquer ensemble en mini bus vers des villages près de la frontière chinoise. Claudine et Claude vivent actuellement en Chine, dans la ville de Schenzen où ils travaillent dans un établissement de la mission laïque. C'est un grand plaisir de les retrouver sur ce quai de bus à 5 heures du matin!   
    Le long de nos premiers kms sur les routes vietnamiennes, quelques images captées...

                                   un étendage minoritaire...                             et un saucisson de cochon vivant...en partance pour la fête du Têt
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    ViêtnamBonjour Vietnam! (par Régis ) 
    Nous quittons He Kou en Chine, traversons un grand pont qui enjambe le fleuve rouge et arrivons à Lao Cai au Viêtnam.  Les postes frontières se trouvent de chaque côté de ce pont. Les formalités sont assez vite effectuées. De nombreux Vietnamiens traversent avec nous, ils commercent et importent des marchandises chinoises.  ViêtnamCe qui nous frappe d'emblée c'est la tranquillité,  le calme,  la propreté côté vietnamien; seuls les automobilistes et camionneurs continuent à agresser avec leurs klaxons stridents. Les boutiques préparent les ventes pour le nouvel an vietnamien... lanternes et suspensions décoratives rouges et or, corbeilles de friandises emballées et présentées avec goût,  vin, cognac, orchidées, bonsaïs, bouquets de fleurs somptueux.  Sans le faire exprès nous prenons un hôtel près des halles et des rues les plus animées de la ville. Les vendeuses de rue occupent le bord de la chaussée... que d'efforts déployés pour gagner leur vie. Sur de vieux vélos (une seule vitesse) elles ont amené les denrées à vendre. Le soir elles remballent tout et ne peuvent monter sur le vélo tellement il est chargé.  Sylvie retrouve avec plaisir les pains, style baguettes, garnis de pâté,  concombre,  mortadelle,  coriandre. L'hôtel est hyper propre... même les murs; la chambre est spacieuse, lumineuse,  tout fonctionne,  même les ampoules. Par contre elle coûte une fortune.... 250 000. Après être passé à la banque, me voici multimillionnaire,  j'ai en poche 15 000 000 de dongs. ViêtnamDe fait, la chambre coûte 8 € environ. Le soir on se régale d'une soupe vietnamienne,  de caramels (flans) et d'une fouace achetée à la boulangerie.  J'aurais aimé rester un jour de plus dans cette ville pour me reposer, mais le 26 nous avons rendez-vous à Ha Giang avec Phuong, Claudine et Claude qui nous rejoignent en bus pour visiter dans la région 3 villages d'un nouveau projet de l'association de micro crédit Zebunet. Ils m'amènent mon cadeau d'anniversaire,  très attendu,  la fameuse selle Proust, commandée en France où ils étaient pour Noël.  ViêtnamJe n'en ai jamais parlé,  mais depuis le début du voyage je souffre sur ma selle Brooks, changeant de position toutes les 30 secondes. Parlant "matériel", avant He Kou, au bord de la route, j'ai avisé une bascule pour camions tenue par la police chinoise. La pesée me fut autorisée,  100 kg pour l'équipage,  40 kg pour le vélo chargé,  60 kg pour le cycliste tout habillé... il va me falloir mettre les bouchées doubles.

    21 janvier: Nous partons dans la mauvaise direction et découvrons du coup, le coin des cafés avec terrasses, près du fleuve, terrasses qui nous ont manqué en Chine. Etape de 67 kms. Nous grimpons en fin de journée un col de 15 kms, 900 m de plus à l'altimètre. La montée s'avérera sévère, 15% au plus pentu. Nous avons droit à des encouragements sincères, les pouces se lèvent pour nous féliciter de cet effort.

    Viêtnam

    Les adultes et tous les enfants, même les plus petits, nous lancent des "hellos". Nous arrivons à Bac Ha à la nuit. Les rabatteurs se précipitent pour nous amener dans leur hôtel,  je trouve cela pénible,  ça amuse Sylvie. Nous choisissons un bon hôtel,  le gérant parle anglais et français. Demain, repos, on ne bouge pas. Dans l'hôtel il y a la wi fi qui fonctionne de manière sporadique.
    22 janvier: Lever 10h après avoir été réveillés à 6h du matin par le bulletin "d'infos" des autorités locales vietnamiennes, diffusé par haut parleur dans toute la ville. Nous avons ressorti les habits en mérinos,  il fait anormalement froid.  Nous déjeunons d'un thé Lipton et d'une crêpe sucre citron. Le gérant nous rejoint, nous étudions la "carte" et le trajet des jours à venir. Nous voilà repartis dans les montagnes avec des sections de routes non goudronnées... de la piste. Les montagnes sont très belles, découpées par endroit, genre baie d'Halong.

    23 janvier: THE étape...Départ 10h, nous attaquons par un col, ça monte en continu, du 14 % par moment.
    Arrivés en haut du col, je me dis "la grimpette c'est fini pour aujourd'hui". De fait, nous quittons la route et partons sur une piste au milieu de paysages et montagnes typiques du Viêtnam,  les "pains de sucre", reliefs karstiques. Nous alternons montées et descentes, la piste devient horrible, caillouteuse... les cailloux sont fichés dans la latérite.  Dans une descente très raide, je dis à Sylvie: "heureusement qu'on ne fait pas ce trajet dans l'autre sens!"...Plus bas nous débouchons sur un cul de sac, devant une maison magnifique toute en bois?... mal renseignés au dernier carrefour!  Demi tour, des enfants très jeunes, 5 à 9 ans courent à côté de moi, rigolent, s'excitent et ViêtnamViêtnamsoudain, les voilà qui se mettent à me pousser, impossible de les arrêter. De temps en temps je fais une pose afin de souffler avec eux, l'épreuve est rude. Les gamins sont pauvres, ça se voit, la morve au nez, la toux grasse,  les pieds nus ou en claquettes, très peu couverts pour le froid qu'il fait. Ils sont énergiques, endurants dans l'effort. On rattrape Sylvie, poussée à son tour. Arrivés à l'embranchement maudit nous faisons halte et distribuons aux enfants des morceaux d'ananas confits. Ils me font de la peine, j'aurais aimé leur donner plus. On repart sur de la très mauvaise piste caillouteuse et là,  on va pousser sur une pente sévère pendant deux kms, reprenant notre souffle tous les 50 m. Arrivés vers le haut nous dînons avec deux femmes Hmong avec qui nous partageons notre repas... ananas et riz cuit avec des haricots dans une feuille de bananier. Nous sommes très haut dans les montagnes. Les paysages sont superbes, nous roulons à flanc, puis arrive la grande descente qui nous amène à Sin Man où nous passons la nuit... karaoke pas loin de la chambre.
    Viêtnam
    24 janvier
    : Départ 9h30.  Quelle étape! ce n'est plus du vélo,  c'est de l'alpinisme,  on va finir par s'encorder! Viêtnamdes pourcentages énormes,  un col franchi, 71 kms parcourus. Nous voilà dans la zone des Hmongs noirs au costume bleu foncé et noir. Les vieilles femmes nous sourient la bouche rouge de béthel, des hommes Hmongs noirs en costume traditionnel portent le béret.  La zone traversée est boisée,  peu cultivée à cause des versants pentus et rocailleux. Nous croisons de nombreuses motos 100 cm3 transportant des cochons en route pour leur fête du Têt... les pauvres! 3 cages en fer à béton cylindriques sont fixées sur une plate forme en bois arrimée à la selle, 2 cochons voyagent latéralement,  le 3e en travers de la moto derrière le conducteur. Quand les animaux sont plus petits les cages sont en bambou. Dans un village traversé,  c'est jour de marché,  on s'arrête pour acheter des biscuits locaux et taillons la bavette avec des jeunes femmes Hmong qui se marent pour un rien. A la nuit nous parvenons dans un très petit village, nous sommes au pied du 2e col. A tout hasard nous demandons s'il est possible de dormir quelque part. Les gens nous désignent un ensemble de bâtiments officiels. On nous installe dans une pièce avec une ampoule et 3 lits. Ce sera parfait! On sort nos matelas et duvets et installons le campement. On se sent chanceux de cet hébergement situé juste au bon endroit. On file vers le petit resto du coin. La télé diffuse un film chinois, sous titré en Coréen et commenté en Vietnamien par une voix féminine monocorde...
    ViêtnamViêtnam

    25 Viêtnamjanvier: Le col était assez facile, 78 kms parcourus. Nous verrons nos premiers arbres fougères. Une longue descente nous amène à Tan Quang où s'effectue la jonction avec la nationale qui nous mènera à Ha Giang. Nous nous installons  dans un hôtel près de la gare routière. Nous avons rendez vous avec Phuong à 5h du matin.Viêtnam

    Viêtnam26 janvier: Les vélos restent à l'hôtel. Nous partons en bus pour Quan Ba visiter les villages zebunet. La route est superbe; dans le brouillard les formations karstiques s'enchevêtrent.
    Nous visitons en arrivant le marché hebdomadaire du dimanche guidés par Phuong qui parle la langue locale. Nous dînons,  puis nous nous rendons dans le 1er village Kmong, Quyet Tien où les familles attendent les prêts retardés par le froid et la neige.  Avec cet argent ils achèteront 4 jeunes cochons ou une vache. ViêtnamNous évoluons dans le brouillard.
    Je questionne des paysannes et paysans,  je dois revoir toutes mes questions, peu adaptées à ces populations Hmong tellement pauvres et démunies.
    Ils ne possèdent aucun animaux. Leurs maisons sont en terre ou bambou, ils défrichent encore la montagne pour agrandir la surface cultivable. Les récoltes ne sont pas suffisantes pour satisfaire les besoins en  nourriture de la famille un an. Très peu d'entre eux Viêtnamvendent un excédent au marché de Quan Ba.

    27 janvier: Visite matin et après midi des deux derniers villages, Dong Ha et Lung Van.  Avec Sylvie nous interviewons plusieurs paysannes,  prenons des photos afin d'établir un rapport pour Zebunet.  

    A la recherche de Zomia perdue... (par Sylvie)
    Pendant notre séjour avec Claudine et Claude, nous avons évoqué Viêtnaml'existence de Zomia, à laquelle nos deux amis (membres honorables de l'académie des "perdants magnifiques" et des "économistes romantiques"), s'intéressent fort, virus qu'il m'ont transmis également... En visitant les villages du nord Vietnam pour Zebunet, en compagnie de Phuong, nous nous trouvions au coeur même de cet espace...
    ViêtnamMais qu'est ce donc que Zomia? Allez, un peu d'éclairage...
    Le terme de Zomia est utilisé par les géographes pour désigner un espace du sud est asiatique, environ de la dimension de l'Europe, qui se situe sur les frontières nord du Viêtnam, du Cambodge, du Laos, de la Birmanie et du Bengladesh, dans des zones boisées et difficiles d'accès, au delà de 300 m d'altitude. Pendant 2 millénaires, 100 millions de personnes ont résisté au pouvoir de l'état, grâce à l'auto organisatioViêtnamn. Ils pratiquaient une agriculture itinérante et une vie nomade, choix délibéré pour échapper à l'emprise d'un état. Peuple des montagnes, les Zomians, réfractaires à la domination d'un gouvernement et à toute forme de pouvoir, ont développé des formes d'organisation sociales égalitaires et horizontales.
    Que reste-t-il de Zomia aujourd'hui? Les visites que nous avons effectuées dans les villages ont confirmé sa disparition. Les populations que nous avons rencontrées sont sédentaires, témoignent peu de ce mode de vie disparu.
    Le développement des réseaux de communication, en permettant l'intrusion de l'état et du monde marchand dans ces régions autrefois inatteignables, a sonné la fin de la parenthèse Zomia.
    Ce modèle d'une autre organisation sociale interpelle, permet d'imaginer d'autres fonctionnements de nos sociétés... Des alternatives qui pourraient nous inspirer, quand les modèles actuels faillissent...Pour en savoir plus, se plonger dans l'ouvrage de James Scott:
    "Zomia, ou l'art de ne pas être gouverné. "  

    ViêtnamHa Giang- Hanoï: (par Régis)Viêtnam
    29 janvier:
    Nous quittons Claude et Claudine, le bus de Lao Cai ne partant pas faute de passagers, ils retournent à Hanoï. Pour nous, départ sous la bruine, on enfile les tenues de pluie. On traverse le marché aux fleurs, magnifique en cette période de fête, suivent les étals des fruits et légumes puis le coin des volailles. Sortis de la ville, nous cheminons sur une petite route qui monte, descend tranquillement et se faufile entre le relief, les pitons karstiques recouverts Viêtnamde forêts tropicales. Dans ce relief tourmenté s'ouvrent de petites vallées où sont installés les maisons, les champs, les jardins, les rizières. Nous sommes chez les Tay, leurs maisons sont splendides, sur pilotis, spacieuses, en bois précieux, le toit fait de végétaux. A voir l'implantation des maisons, les installations pour les animaux, les mares aménagées, on voit que la vie est plus facile, la nature plus généreuse. On sent des populations apaisées et un art de vivre. Sylvie me fait remarquer les dents laquées en noir des vieilles femmes. Nous naviguons dans une brume légère, les lignes de crêtes sont très découpées, ce sont de véritables lavis qui s'offrent à nous. Pour moi, c'est une des plus belles routes d'Asie du sud est. A 13h on s'arrête à côté d'une épicerie, avisons deux sièges et une table; nous boirons deux thés au citron glacés. Nous sortons notre repas: du pain, des vaches qui rient, du porc sucré mélangé à de la farine de riz, le tout enveloppé dans des feuilles de bananier et cuit à la vapeur, délicieux. Le propriétaire du lieu qui jusque là n'avait rien dit, nous amène du lard Viêtnamlégèrement cuit. A bicyclette il faut de la protéine, je me dévoue. Voyant que j'ai tout fini il me ramène une deuxième ration. Nous repartons, les gens en moto sont déchaînés, on nous salue de partout et à tout âge, de 7 mois à 77 ans. Nous sommes invités à boire le thé dans une maison isolée, en bord de route. ViêtnamTrois hommes et deux femmes nous accueillent, les ancêtres sont à l'intérieur de la maison. Un gars de 40 ans s'approche, nous salue, serre nos mains dans les siennes à la vietnamienne, les embrasse. Il est tout excité.... Phap Viêtnam... Amitié franco vietnamienne. On se marre, Sylvie fait la conversation comme elle peut, on nous sert le thé qui attendait sur la table et bien sûr, un moment après, c'est de sous la table que sort l'alcool de riz. Les toasts commencent... Phap, Vietnam... Amitié, les verres s'entrechoquent, on boit cul sec, on se seViêtnamrre les mains; un peu de thé et ça recommence, les femmes très typées s'en mêlent... puis c'est la séViêtnamance photo. En partant Sylvie va voir les ancêtres, ils ne lâchent plus sa main, ils veulent que nous mangions et dormions chez eux. On réussit à s'extraire. Au bord de la route nous achetons à des femmes Tay des bananes et du riz gluant cuit dans un tube végétal. Il nous faut prendre des forces, un col se présente à l'horizon. On le grimpe, on le redescend, on attaque le deuxième. Ceux qui nous croisent en plein effort nous souhaitent la "Bienvenue au Viêtnam" et c'est sincère... Ils ne se moquent pas. Une très longue descente nous rapproche d'une rivière et de Ba Mê où nous faisons étape. C'était l'étape idéale pour le cyclotourisme, les paysages, les rencontres. Tous les restaurants sont fermés, la fille de la patronne nous prépare le souper.
    30 janvier:
    ViêtnamQuelle journée de vélo! On va traverser une chaîne de montagnes et toutes les montagnes intermédiaires. Mon altimètre va grimper jusqu'à du 17%. Dans ces coins reculés les populations sont très avenantes, la température se réchauffe. Quand la nature est généreuse avec l'humain les constructions, les aménagements sont recherchés, réfléchis. Dans les coins de montagne rocailleux, peu généreux, à la terre ingrate, c'est la survie pour ceux qui s'installent là...leurs cases, sur frêles pilotis de bambou, font dans les 9 m2. Le sol en bambou, les murs en canisse laissent passer l'air, le froid, le toit est fait de végétaux. Une petite porcherie de bambou jouxte les maisons, quelques poules picorent autour. Ces paysans possèdent quelques petites parcelles où poussent du riz s'il y a de l'eau et un maigre maïs. La terre est argileuse.


    31 janvier:

    Bon anniversaire Sylvie!
    Sur la carte, la route longe une rivière dans une zone verte, une plaine ou une vallée... bref!..Viêtnamon va grimper toute la journée dans les montagnes, comme des forcenés. Le goudron s'effacera et ce sera la piste. Les paysages sont superbes, typiques du Viêtnam, les jeunesViêtnam
     rencontrés imbibés... happy new year! les minoritaires Tay toujours prêts pour la causette. A midi le repas sera frugal à cause de la fermeture des magasins ... Têt oblige... une mangue, une banane et des biscuits sucrés avec de la Vache qui rit. Après 7 heures à besogner, on a parcouru 33 kms. Nous sommes à flanc, une vallée devant nous, une montagne en face.... On attend toujours notre rivière.... d'altitude! J'aperçois  en face, une routeViêtnam qui grimpe droit du fond de la vallée tout en haut de la montagne, "je m'ai dit à moi même"... comme le conseiller municipal à la culture de Daniel Villanova... ce n'est pas possible un truc pareil! Notre route c'est celle de la vallée longeant la rivière....! 30 minutes après on escalade, c'est le soir, un paysan et son buffle nous informe qu'il y a pour 4 kms de verticalité et qu'après ça descend jusqu'à Ba Bê. Sylvie se lance, attaque à son rythme malgré la fatigue de la journée, met peu souvent pied à terre. Quand à moi, je donne tout ce qu'il me reste dans les jambes, je jette mes dernières forces dans la pente, je vais vers des limites peu explorées de mon corps, et je grimpe. La nuit efface le dénivelé, estompe le col. Dans la descente, tout ce qu'on vient de vivre dans la montée est oublié, c'est cela le vélo. On savoure l'instant, on cause, on pense à l'hôtel qui nous attend.

    1er et 2 février: Visite d'un lac voisin... repos.
    3, 4 février:
    ViêtnamEtapes de liaison, bien agréables cependant, nous amenant à Thai N'guyen. C'est assez plat, on roule fort. On s'arrête près de temples où se tiennent des kermesses très populaires. Les routes sont emplies de motos, moyen de locomotion des jeunes et des familles. C'est souvent à 3 sur l'engin, qu'ils se déplacent. Ils viennent à notre niveau, ralentissent pour mieux profiter de notre présence, nous sourire et nous saluer. De nombreuses paysannes au chapeau conique vietnamien ont pris place au bord de la chaussée pour vendre des produits et des préparations agricoles. Le décors est planté.... imaginez maintenant tous ces gens, et ils sont très nombreux, attendant, et je n'exagère rien, notre regard pour déclencher rires, signes d'amitié, hello, salutations, happy new year, arrêtez vous! Venez boire le thé! et vous comprendrez qu'à l'arrivée à l'étape, j'ai des crampes Viêtnamdans la main droite et les muscles du sourire, crispés, ayant réagi à mon tour à tant de gentillesse. Le 4, par l'afflux des foules présentes en bord de route, ce fut une virée mémorable, digne d'une étape du tour de Phap ou du Viêtnam.
    Après deux guerres ils devraient détester les étrangers!! On ne dirait pas, c'est peut être le vélo qui nous rend sympathiques. Il faut dire que dans ces coins les étrangers passent en bus, invisibles pour les Vietnamiens des bords de route... quand ils "en tiennent deux" ils en profitent.
    Arrivés à Thai N'Guyen on se rend à la gare, fermée, mais on nous renseigne de la voix et par signes, un train à 7h, un autre à 10h. Sylvie ne veut pas entrer à Hanoï à vélo.
    5 février:
    ViêtnamEncore un train de raté, il fallait comprendre... départ 7h10. Les vélos ne contenant pas dans les soutes des bus, on va Viêtnamparcourir ces 77 kms en vélo, faux plat montant continu? ? (alors que les rizières autour nous semblent plates).. vent fort et humide de face (un vrai marinas..), sur une autoroute quasi
    déserte où des voitures, des motos, des vélos remontent à contre sens et que nous quitterons dans la banlieue d'Hanoï, à 12 kms du centre. C'est à l'hôtel des artistes (en français sur le panneau d'entrée) que nous allons loger, les vélos stationnés dans la cour arborée et fleurie d'une ancienne maison coloniale, cadenassés près de l'entrée de la cinémathèque qui propose des films en français.  

                
    Têt en tête...
    (par Sylvie )
    ViêtnamLe 1er février inaugure la nouvelle année asiatique, la fête du Têt. Elle s'annonce sous le signe du cheval, c'est certainement un bon augure pour moi. Il me faut donc être vigilante aux signes du destin!Viêtnam
    Les signes avant coureurs de la fête du Têt, nous n'avons pas su, encore naîfs et peu "en Têt és", en lire l'imposante présence...dans le bus bondé qui nous ramenait des villages du nord, en compagnie de Phuong, Claudine et Claude. Le plancher du bus était encombré par de gros bidons blancs, contenant un étrange liquide transparent. A chaque arrêt, de nouveaux bidons s'entassaient, s'immisçant sous les sièges, sous nos jambes... Quand l'intérieur du bus fût débordant, ils ont entrepris d'envahir le toit. Nous apprendrons bien rapidement que le liquide en question était en fait de l'alcool de riz, en attente de livraison dans les familles. Cette boisson est offerte aux convives dans d'innombrables petits verres que l'on boit " cul sec", expression que j'ai essayé d'exporter au Viêtnam, lors d'une des nombreuses invitations auxquelles nous avons participé. Prononcé avec l'accent vietnamien, c'est joli!
    Le geste d'offrande du verre en question est élégant, une main soutenant celle qui offre. Après avoir vidé le verre d'une traite, on se serre les deux mains, etViêtnam au suivant! Cela répété avec tous les convives ViêtnamViêtnamprésents.... ça finit par faire beaucoup et ça coûte cher quand il faut remonter sur le vélo et entreprendre une côte, en zigzaguant légèrement!
    ViêtnamUn autre signe annonciateur a été une étrange circulation d'arbustes roulants. Quelques jours avant le Têt, nous avons croisé sur les routes des hordes de motos avec ces fameux arbustes accrochés droits derrière le conducteur, ce qui donnait cette curieuse impression d'une forêt ambulante. Loin d'être un projet intense de reboisement, ces arbres coupés étaient en fait de jeunes pruniers en début de floraison, qui font office dans les maisons d'arbres du Têt, comme nos sapins de Noël. Pour cette occasion, les autels des ancêtres, plus ou moins présents dans chaque habitation, subissent un grand ménage et se parent de nombreux présents apportés par la famille. Phuong nous confiait que cette fViêtnamête leur coûtait beaucoup d'argent...
    Pendant la semaine que dure la fête du Têt, toute la vie urbaine se met au ralenti.  Les rues et les maisons sont fleuries de drapeaux rouges avec l'étoile d'or.
    Magasins et restaurants affichent fermé, bus et voitures arrêtent de circuler...pour notre plus grand bonheur, nous offrant une route quasiment déserte. Nous avons eu un peu plus de mal pour trouver de quoi manger dans les villages traversés, mais ça s'est toujours bien terminé.
    ViêtnamNous avons croisé un jeune Hmong sur la route. Il s'est arrêté et nous avons longuement échangé avec lui (en anglais) sur les traditions de la fête du Têt dans les minorités. Il nous a parlé d'une journée, "la fête des amoureuViêtnamx", entre jeunes gens. Des jeux sont organisés pour permettre aux jeunes filles de choisir un fiancé.
    Vers la fin du Têt, les familles se rendent rituellement au temple ou dans des lieux sacrés pour faire des offrandes. Nous nous sommes arrêtés en route dans une de ces manifestations qui prend vite une tournure très festive, avec toutes la foule des petits marchands qui gravite autour de ces évènements.
    Nous avons été très touchés par l'hospitalité des Vietnamiens pendant cette semaine. Les invitations étaient innombrables, on nous offrait à manger (et à boire! ) à chaque arrêt. Les gens sortaient des maisons pour nous appeler. On ne savait plus comment refuser en restant polis...
    J'imagine la même chose transposée en France pour notre fête du nouvel an. Ah! la France, terre d'accueil!  

    Viêtnam6 février: Hanoï (par Sylvie )
    Abordage de cette capitale en vélo:15 kms sur les avenues de banlieues dans un flot dense et continu de scooters et motos. Dans ce troupeau, nos vélos chargés font figure d'intrus, mais on apprend vite les règles de cette chorégraphie et cela finit par être assez amusant de faire partie de cette apparente horde sauvage de 2 roues...  La ville garde son charme,  avec ses belles maisons coloniales, ses grandes avenues bordées d'arbres et ses lacs disséminés. Nous nous sommes régalés de l'explorer en vélo.  Nous avons logé dans un hôtel du centre,  "l'hôtel des artistes", près du lac Hoan Kiem,  dans une vieille maison coloniale,  abritant la cinémathèque française.  Au coeur de la ville,  ce lieu fait figure d'îlot paisible,  hors du temps.

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    Notre séjour à Hanoï sera marqué par des rencontres inattendues et sympathiques (en dehors des visites de musées et des fastidieuses démarches pour la demande du visa iranien). Nous avons retrouvé avec plaisir Phuong,  qui nous avait accompagnés dans les villages du nord.  Elle nous a invités pour un repas familial, dans son minuscule logement. Son accueil nous a beaucoup touchés.  

    ViêtnamViêtnamViêtnamNous avons aussi retrouvé la famille Faure,  rencontrés au Kirgihistan.  Ils voyagent en famille avec leur 4 enfants pendant 2 ans,  par les voies terrestres. Ils logeaient chez des amis expatriés à Hanoï,  près du grand lac Tay. On a découvert ce très beau quartier grâce à eux et nous avons  passé un très bon moment avec toute la famille.  On devrait se recroiser au Cambodge...
    Viêtnam
    Enfin, dans l'hôtel où nous logions, nous avons fait la connaissance de Gna Nguyen,  une vietnamienne vivant entre Paris et Hanoï.  
    Elle est en train de créer une galerie d'art dans le même bâtiment que notre Viêtnamhôtel.  Nous nous sommes croisés dans la cour et elle nous a invités à manger dans sa nouvelle galerie.  Au cours du repas,  elle nous a évoqué son parcours atypique d'architecte,  amatrice d'art,  éditrice de collection d'albums bilingues pour enfants et tous les projets qu'elle a initiés,  notamment le grand festival sur le pont de Long Bien de Hanoï, construit par Eiffel à l'époque coloniale. Elle a construit tout un projet très ambitieux de rénovation de ce pont,  menacé de destruction, pour en faire un complexe culturel et artistique. Une rencontre riche et généreuse avec une personne débordant d'énergie!!  

    16 février: Hué (par Sylvie )
    ViêtnamA Hanoï, une fois nos visas Iraniens tant attendus en poche, nous avons pris un bus de nuit Viêtnampour parcourir les
    650 kmViêtnams qui nous séparaient de la ville de Hué. Là,  après quelques jours de repos,  nous avons retrouvé avec grand plaisir nos amies Estelle et Annie.  Estelle arrivait de Chine et Annie de Ho Chi Minh. Nous avons découvert quelques tombes royales et familiales avec Estelle au hasard de nos pédalages, et une cérémonie traditionnelle en Viêtnaml'honneur des ancêtres,  très surprenante.
    Viêtnam
    Viêtnam
    ViêtnamViêtnam
    Lorsque AnnViêtnamie nous a rejoints, nous avons visité la cité impériale et apprécié les spécialités culinaires, grâce à ses bonnes adresses. Dans ses bagages,  elle nous a acheminé quelques articles précieux et des petites surprises des amis,  merci!Viêtnam
     
    Il nous faut hélas nous séparer trop tôt de nos amies,  notre visa expirant dans 3 jours,  nous retournons dans les montagnes sur les pistes d'Ho Chi Minh pour franchir la frontière du Laos...                                                                                                              

     
    En route vers le Laos... La route Ho Chi Minh (par Régis)
    17 févrierLa reprise... Le Salers de la peurViêtnam
    Lever 8h, à 9h on rejoint Estelle et Annie à leur hôtel,  elles finissent leur petit déjeuner. On papote, à 10h c'est le départ, on regrette tous de s'être vus si peu. Nous voilà partis vers Viêtnamla route Ho Chi Minh,  vers les montagnes. Nous aurions pu choisir une option plaine; comme dit un ami Cévenol "on ne peut s'en prendre qu'à nous mêmes! " Aujourd'hui deux cols sont au programme. Il nous faut intégrer un nouveau paramètre, la chaleur; c'est tellement surprenant! Il faisait 12 degrés avant hier, aujourd'hui le ciel est bleu, le soleil chauffe, il fera 33 degrés à midi à
    l'ombre. De plus, j'angoisse,  je suis investi d'une mission qui m'oblige à chercher l'ombre coûte que coûte quand il y en a. Pour cela je roule des deux côtés de la chaussée, je prends des risques. C'est terrible, je dois amener à bon port, dans l'état où les produits m'ont été confiés, non pas de la nitro glycérine, mais le fromage du meilleur fromager de Grenoble offert par Annie et les tablettes de chocolat offertes par Anne Marie, Sylvie ne voulant pas les déguster à la petite cuiller. La route est sympa, les montagnes très arborées,  ça grimpe par moment. On passe le premier col et vers 13h nous faisons halte à la terrasse ombragée d'un café. La patronne nous vend des concombres et amène le thé. On sort notre pain, l'excellent fromage de chèvre succombe. Au dessert on se régale de deux barettes de chocolat chacun. Au tout début du repas, Sylvie la stratège de l'équipe, avait pris soin de confier nos victuailles, au frigo. Nous repartons, c'est dur d'accepter à nouveau l'effort intense, le poids de tout le barda, après une interruption d'une dizaine de jours. ViêtnamQuand je force trop, la chaleur jaillit vers le haut, j'ai la cafetière qui bout et déborde en grosses suées. Au 47ème km Viêtnamje n'en peux plus, auViêtnam 52ème j'agonise et il reste le deuxième col ardu à passer. Je me dis à moi même " Comment,  vu ton état,  tu vas t'en sortir?" Ne voyez pas là un signe de profonde détresse,  je garde bon espoir. J'avise un ouvrier en bord de route qui me dit que la montée s'étire sur 10 kms. J'entame le col, ça monte, en cela je ne suis pas désorienté; une idée me vient... implorer St Bernadette, c'est la seule que je connaisse et qui plus est, les saintes ça ne court pas les cols. Le miracle a lieu... des bulldozers,  des tractopelles élargissent, refont la route, avec de grandes saignées dans la montagne visant plus l'horizontalité que la verticalité. Pendant 5 kms ça va monter gentiment tout doux, régulièrement.
    Le moral est au beau fixe, ma pensée vagabonde!! Je double deux rouleaux compresseurs avançant au moins à 2,3 km/h, je file à 5,7... Viêtnamje les dépose... Je rattrape même Jannie et la double,  elle m'attendait arrêtée en bord de route. Au 7ème kilomètre, l'ingénieur en charge de la nouvelle route, mari de Bernadette, réalise soudain que, pour que sa route accède au col, et ne pouvant s'offrir le luxe d'un tunnel, il fallait  maintenant de la verticalité,  du pourcentage... et à partir de là ça va grimper fort. J'ai retrouvé l'envie d'effort intense, je hisse la charge, la durée se ralentit et se dilate,  l'espace disparaît, le pédalier et la chaine bien graissés s'éternisent dans l'absence de heurts et lorsque le col se propose un contentement paisible me saisit... Aleluia!... On a croisé pas mal d'églises dans le secteur. On finit à la fraîche, la nuit tombe, Sylvie n'est pas très en forme et c'est à souligner, elle pense avoir attrapé un coup de chaud, une sorte d'insolation. Dans le premier village rencontré, Bot Do, on trouve une chambre bien crade, draps et oreillers jamais changés, pour ce soir ça fera. La mémé qui tient l'hébergement est très gentille, bien allumée, elle veut à tout prix des cartes postales de Phap, on mettra un certain temps pour le comprendre. Une douche froide nous remet d'aplomb, on se restaure au petit resto du coin.
    18 février:
    ViêtnamDépart 10h, un col nous attend, annoncé difficile par Sylvie; sur la carte il est dans du Viêtnammarron foncé. Tout le début de l'étape,  nous roulons en peloton, escortés par les gamins à vélo qui vont... puis rentrent de l'école. On suppose qu'ils y demeurent un peu.. heureux instits Vietnamiens! Les plus petits,  selle réglée au plus bas, appuient sur les pédales avec le bout des orteils; les parents ayant fait l'achat de l'engin pour plusieurs années. Ceux à deux sur le vélo pédalent de concert, les quatre pieds sur les pédales. Nous roulons sur un plateau d'altitude. Il fait toujours très chaud, 35 degrés à l'ombre. Au 25ème kilomètre, le col est annoncé.. 8000M de long, du 12%. Nous approchons. A voir la physViêtnamionomie de l'endroit, il me semble, mais n'ose encore y croire, qu'en fait nous sommes en haut du col... Bernadette a encore frappé... et oui! le col, on va le descendre! En bas, au bord d'une large rivière,  on avise une épicerie bar. Le deuxième morceau de fromage,  du Comté délicieux est ingéré à son tour... accompagné de petits pains croustillants vendus par la mémé du négoce. On s'arrête au 45ème kilomètre à Ta Rut, dans un hôtel très sympa avec ventilo, air conditionné, wifi, la nuitée coûtant moins de 8 €. Le Laos est tout proche, à 12 kms, une route y mène... mais on ne peut y entrer par là. 

    19 février:

    ViêtnamIl a plu toute la nuit, le ciel est gris, le plafond nuageux très bas. La température a chuté, 15 degrés, hier l'été, aujourd'hui l'automne. On démarre vers 10h, un crachinViêtnam nous accompagne. On suit une rivière qui serpente à travers la montagne aux parois très proches, couvertes de forêts superbes. De grands arbres émergent d'une végétation luxuriante. Je me demandais pourquoi, dans les villages du coin, dotés simplement d'épiceries.. bazar, on trouvait des magasins vendant de superbes tronçonneuses Stihl. Des pans entiers de montagnes ont été déforestés.
    On croisera des camions chargés de grumes de bois précieux au diamètre impressionnant. La pluie s'intensifie. On roule avec plaisir dans ces paysages superbes. A 5 kilomètres de notre destination, nous rejoignons la route de la plaine... pour attaquer aussitôt un col qui nous mènera dans la ville de Khe Sanh, à 19 kilomètres du Laos. L'hôtel est superbe. 


    Etnie supplémentaire... (par Sylvie)
    ViêtnamIl y avait les Miaos, les Tays, les Hmongs noirs, les Yaos à têtes rouges...
    et très récemmemt, l'ethnie des ViêtnamViêtnamcyclistes à fesses noires!

    Viêtnam

     

     en tenue de camouflage...

     

     

     

     


    Tam biêt, Viêtnam !

    C'est par le poste frontière de Lao Bao que nous quittons le Viêtnam.
    Notre périple dans le nord, l'enquête pour Zebunet dans les villages reculés et la rencontre avec Phuong ont été une très bonne expérience. Nous avons découvert une région encore sauvage, aux paysages splendides. Le passage dans les zones plus touristiques nous a un peu déçus. Le Vietnam est devenu très attractif. Les touristes y affluent, concentrés sur les mêmes zones, impliquant un comportement très mercantile de la part de la population locale. Tout le monde veut profiter de la mane touristique... Dès lors qu'il y a un rapport marchand, les relations se dégradent. Heureusement, le voyage à vélo nous offre une précieuse liberté qui nous permet d'échapper, en étant autonomes dans nos déplacements, à pas mal de désagréments... On retrouve vite, hors sentiers battus, une autre qualité dans nos rencontres.
    ViêtnamViêtnamViêtnamViêtnam


    10 commentaires
  • LaosPathed Lao....le retour! (par Sylvie )
    Une fois de plus, nous constatons combien une frontière délimite des cultures et des comportements... Quelques coups de pédales, et je retrouve avec émotion ce pays dans lequel j'ai vécu avec Mathieu il y a presque 20 ans. La lumière, les odeurs exacerbées par la chaleur subite, la langue, la nourriture, tout cela convoque de nombreux souvenirs oubliés. Ce qui nous frappe le plus avec Régis, c'est la tranquillité que l'on ressent. Bien sûr, le Laos est plus pauvre Laosque le Viêtnam, bien sûr on rentre par un petit poste frontière dans un coin reculé du pays, mais cela je pense n'a pas d'influence sur notre ressenti. La réputation de sérénité du Laos est bien réelle, ainsi que la gentillesse de sa population. Je retrouve avec bonheur la saveur du riz gluant dans ses petits paniers, la salade de papaye verte, les plats mijotés avec citronnelle et gingembre, les rafraîchissants "nam mac nau" au citron vert et à la glace pilée... les mots du quotidien en laotien me reviennent vite. Je suis étonnée de pouvoir me débrouiller facilement pour tout le vocabulaire usuel. Dès que l'on arrive à échanger un peu, le voyage s'étoffe d'un plus...

    Vers le Laos  (par Régis)
    20 janvier:
    LaosNous aimerions quitter le Vietnam au poste frontière de Lao Bao, mais une panne d'électricitéLaos va nous retenir longtemps devant le guichet de la police des frontières octroyant le tampon de sortie. Je suis dans la file centrale... 3 guichets, 3 files. Après plus d'une heure la lumière revient, ça se faufile par les côtés, 5 files maintenant. Les ordinateurs chauffent, le programme met du temps à s'initialiser... c'est bon... nouvelle panne... tout à refaire 20mn plus tard. La tension monte, l'émeute n'est pas loin, nous sommes serrés comme des anchois afin de ne pas céder un pouce de terrain aux intrus des bordures. Dans ma file, quand le premier a le sésame, on pousse, on fait corps afin que personne ne s'immisce. Je suis en quatrième position, je passe assez vite. Ceux du fond doivent y être encore. Au poste laotien on se dirige vers le guichet "Visas on arrival", on obtient notre visa assez rapidement. Laos
    LaosDès les premiers kilomètres, nous sommes surpris par la grande pauvreté de cette région du Laos. Quand on s'arrête près des villages les familles et les enfants approchent, ils sont tous dans un état pitoyable, très mal habillés, sales, maladifs certains. On roule dans une immensité peu investie par l'homme, j'ai une sensation de liberté. On arrive à Muang Xepon, on s'arrête dans une guesthouse, 70 000 Kips, moins de 7 €.


    Tronçon de la piste Ho Chi Minh

    21 février:
    LaosLever tardif, on déjeune, je change 100$ en Kips.
    On démarre. Arrivés à Muang Phin, décision à prendre, tout droit c'est la route goudronnée qui traverse d'est en ouest et file sur Savannaket, à gauche c'est la piste Ho Chi Minh avec un pont indiqué détruit sur notre guide et fini le goudron. Nous n'avons pas de carte détaillée. Les Laotiens nous déconseillent de l'emprunter. Tant pis, on y va, on ne peut laisser passer cette piste chargée d'histoire. Je ne savais pas qu'une partie de la PHC passait par le Laos et le Cambodge. Le débuLaost est décourageant, nids de poules, tôle ondulée, puis travaux. Ca monte sur une piste en latérite recouverte de feschfesch, poussière très fine, soulevée en abondance par les camions et engins du chantier; nous avançons dans un épais brouillard. Arrivés à un croisement, la piste en travaux part à gauche, pour nous c'est tout droit. A partir de cet endroit la piste HCM est rectiligne, plate, et avance au milieu d'une forêt dense et tropicale, de grands arbres surgissent, les chants des oiseaux nous accompagnent. Vers 17h on avise une clairière, on s'installe pour la nuit. On sort les provisions, eau, gâteaux, riz gluant, salade de papaye, cochon cuit dans de la feuille de bananier. La lumière du soir est douce, il fait 25 degrés.
    22 février:
    LaosOn quitte assez vite la forêt pour arriver dans une espèce de savane arborée, l'homme n'est pas loin. La piste devient sablonneuse, on enfonce, on slalome parfois. Nous voilà au village du grand pont historique détruit par les bombardements US; détruit il l'est toujours. Un petit bac nous fait traverser la rivière large en cet endroit. Nous débarquons, la montée qui suit est raide. Nous aidons en poussant, deux motos chargés d'ustensiles destinés à la vente. FautLaos voir l'ingéniosité et l'amoncellement du chargement, pièges à rats, bassines en alu, grande gamate, tissus... Dans le village suivant on se restaure dans un petit bouiboui.. riz gluant et salade de papaye... pas une seule culture aux alentours? On nous renseigne sur la bonne direction. Des pistes filent dans toutes les directions, on essaye de rester sur la piste majeure.Laos Arrivés à un embranchement, quatre directions se proposent à nous... pas un véhicule, personne pour nous renseigner. Après deux heures d'attente, Sylvie part explorer à vélo la voie de droite qui débouche sur une piste plus large. On y va, un couple de jeunes Russes apparait comme par enchantement et nous confirme que c'est bien la piste de Salavan. Ils nous disent qu'elle est difficile. Ils ont acheté deux vieux VTT à Phnom Penh, trop petits pour eux, ils ont l'air ravi de leur voyage...pas matérialistes les Russes! of course... La piste va s'avérer très sablonneuse et chaotique par endroit. Il fait très chaud, dans les 35 degrés. On s'arrête à la bordure d'un village, pas loin de la pompe à eau. Après une bonne toilette on finit nos provisions... et au lit.
    23 février:
    LaosOn démarre tôt, le village nous observe, on salue tout le monde. Sur conseil des villageois et après plusieurs bifurcations on arrive à une fourche. Après 45 minutes d'attente, une moto nousLaos renseigne, c'est à droite. On rejoint une piste qui nous semble mieux marquée... la bonne. On ne va plus la quitter. On vient de comprendre que depuis deux jours, au démarrage, les locaux nous envoient sur des raccourcis où l'on se perd. Enfin, on avance... assez bien. La piste est très défoncée par endroits, sablonneuse à d'autres, traverse à gué des petites rivières. On se sent au milieu de nulle part, en pleine forêt tropicale, je m'attends à voir surgir les soldats japonais des films de guerre de mon enfance. Plus on avance et plus on entend les tronçonneuses des bûcherons qui abattent les plus beaux arbres. LaosOn arrive vers les villages, plus d'arbres, pas de cultures, seulement quelques animaux. Une fois la forêt disparue, la terre devient très compacte, rien n'y pousse. On achète de l'eau dans un village à l'ambiance étrange, électrique, les gens ont l'air très agités. On rejoint une très large artère dans le village de Toun Lan. On s'arrête dans une guest house neuve et déjà à l'abandon, les lits sont en vrac, draps non changés, des détritus en abondance. Le jeune Laosqui nous reçoit, après mes remarques, revient avec des draps tous neufs, encore dans l'emballage?? Je toilette et règle les vélos. On soupera dans une gargote.
    24 février:
    J'ai nettoyé les vélos pour rien, on va rouler pendant 20 kms dans la poussière. Ils préparent une nouvelle route; on en ressortira ocres. Arrivés au goudron on se désaltère au "bar resto" du coin. On roule sous la canicule, il fait 38 degrés. Le goudron fond, par instant nous sommes scotchés à la chaussée... et toujours cette impression d'immensité. Après 54 kms, nous faisons étape dans la petite ville de Salavan. Demain on ne bouge pas, on va reposer les organismes.

    Laos26 février: A Tat Lo, près de l'eau
    Ballade tranquille, 34,34 kms au compteur (Hérault,  Hérault), grand soleil et canicule...
    Pédaler par forte chaleurLaos
    c'est comme traverser un mirage
    qui trouverait son ancrage
    dans les haltes fraîcheur.
    Nous arrivons en début d'après midi à Tat Lo, site touristique paisible fréquenté par de nombreux Français. A la fraîche,  les locaux jouent à la pétanque. De la terrasse de notre bungalow sur pilotis en vannerie locale, nous dominons la rivière et la cascade toute proche. Le soir, nous soupons avec un couple de jeunes cyclos allemands et un couple de cyclos suisses, Sarah et Raphaël. Nous échangeons des informations, ils étaient où l'on va, ils vont où nous étions. Demain, c'est journée repos.
    Bilan provisoire: 68 898 m de dénivelé positif, 5 467 kms parcourus.

    La douceur de vivre au Laos, c'est d'abord cette étonnante lumière...

    LaosLaosLaos

     28 février: Départ tardif de Tat Lo, en pleine chaleur. Nous roulons jusqu'au village de Ban Houay Houn. Nous dégustons un bon arabica, préparé dans une cafetière italienne, dans une plantation du coin.
    Laos1er mars:Laos Départ pour Pakson, à la fraîche ce coup ci, on avait mis le réveil. On cherche du goudron, ce sera de la très mauvaise piste, la pire qu'on ait rencontrée pour l'instant, pas un instant de répis sur une cinquantaine de kms, ça tressaute sans arrêt. Nous sommes sur le plateau de Bolevens, région la plus bombardée de la 2e guerre d'Indochine, région stratégique pour les Vietnamiens et les Américains. La piste par endroit est complètement défoncée, on monte des bosses, on descend dans des grands creux (traces des bombardements? ). C'est la région du meilleur Arabica du monde, implanté par les Français pendant la colonisation. La plante se présente sous forme d'un arbuste pouvant atteindre 3 à 4 m de haut. Des grains sèchent devant toutes les maisons. Nous déboulerons enfin sur le goudron, rouges de la poussière de la piste. On s'offre une boisson au citron,Laos glacée. Devant un temple, à l'ombre, nous dînons d'un concombre et de pain à la vache qui rit. Nous dormons à Muang Paksong.
    2 mars: Nous descendons tranquillement du plateau de Bolevan, un vrai régal à vélo. Nous nous arrêtons à la cascade la plus haute du Laos, les Asiatiques en général sont très friands de cascades, on n'y sera pas seuls. Nous avalons les 56 kms rapidement, nous voilà à Pakse, grande ville près du Mekong déjà impressionnant en cet endroit par sa largeur. Beaucoup de touristes sont là et bien sûr, la nourriture, les pâtisseries, les boissons, y sont plus élaborées, on en profite. Au Laos, beaucoup d'annonces en bord de route sont en français. Nous ne ferons rien de spécial de l'après midi, il fait tellement chaud... douche, lecture, lessive, courrier.


    LaosLes tissages des Katus (par Sylvie)
    LaosUn clin d'oeil amical à notre amie Katou qui partage son nom avec l'ethnie des Katus, largement installée dans la région sud du Laos. Les femmes Katus ont développé une pratique du tissage qui perdure de nos jours.
    En traversant les villages de la piste Ho Chi Minh que nous avons empruntée, nous avons pu voir beaucoup de maisons sur pilotis avec les métiers à tisser installés sous les maisons. Les femmes tissent en utilisant 4 cadres et un système archaïque mais fonctionnel de pédales pour actionner les cadres. Elles créent des tissus très beaux avec des motifs compliqués en utilsant des fils de soie. Ces tissus sont portés par les femmes partout dans le Laos pour leur fameuse et élégante jupe en forme de pagne.
    Nous avons visité un autre village, au milieu des plantations de café, en montant sur le plateau de Boloven. Là, les femmes Katus utilisent une autre technique de tissage que je n'avais jamais Laosrencontrée. Elles tissent assises par terre, en tendant la chaîne avec leurs pieds et en y passant des bâtons de bambou pour séparer les fils. Elles utilisent seulement des fils de coton qu'elles filent et teignent avec des teintures végétales. Je me suis régalée de les voir travailler et d'observer toutes les petites astuces qu'elles avaient inventées, à force de pratique. Dans ce village, les femmes se sont organisées en coopérative où elles proposent leurs produits, dans une maison d'exposition. Comme c'est une zone touristique, ça a l'air de bien fonctionner.
    Tant pis pour les kilos en plus dans mes saccoches, je n'ai pas pu m'empêcher de ramener quelques pièces!





    Laos4 mars: Pakse-Champassak (par Sylvie )
    Nous quittons la ville de Pakse, encore trop pleine de touristes, à notre goût! LaosAprès pratiquement 6 mois sans croiser beaucoup de voyageurs, cette concentration subite nous déroute! Alors, nous prenons la route, en commençant par franchir sur un long pont le légendaire fleuve Mekong. Nous l'avions rencontré dans le nord du Yunnan, alors toute jeune rivière descendant des montagnes tibétaines. Après la traversée de la Chine et du Laos, le voilà grand fleuve chargé d'eaux marron, s'écoulant tranquillement vers le Cambodge. Nous allons le longer toute la matinée jusqu'à notre destination, la paisible petite ville de Champassak. Et pour séjourner encore à ses côtés, nous dénichons une petite maison sur les berges, avec terrasse et chambre au dessus de l'eau. La vue est superbe, l'endroit apaisant, on s'y posera 2 jours... A quelques kms de Champassak, se trouvent les vestiges d'une ancienne cité d'architecture Khmer, datant du 11ème siècle, Vat Phou. Elle est située au pied d'une montagne sacrée. De l'ancien palais, il ne demeure que des ruines, mais il y a dans ce lieu une étrange atmosphère, très apaisante et toujours cette indescriptible lumière laotienne. Le site escalade la montagne par un escalier en gros blocs de pierre massifs, bordé de vieux frangipaniers au tronc torturé. Nous avons de la chance, c'est le moment de la floraison, ce qui embaume l'air et embellit le paysage. Régis qui a déjà visité le site d'Angkor au Cambodge, a trouvé que cet endroit était bien plus remarquable, par son ambiance, la situation et le peu de monde... Le soir, juste à côté de notre auberge, nous avons pu assister à un spectacle de la compagnie du théâtre d'ombres de Champassak. Pratique artistique unique au Laos, cette troupe a été ressuscitée grâce à l'aide d'un français installé ici. Elle est composée de 14 musiciens et marionnettistes. Ils ont en particulier monté un projet qui s'appelle cinéma "tuktuk", cinéma ambulant circulant dans les villages et proposant de vieux films muets en noir et blanc dont la bande son est faite en direct par les musiciens. C'est assez exceptionnel! Le français qui dirige le projet prévoit de partir en tournée en France en 2016. Il veut proposer son spectacle au festival du Printemps des comédiens à Montpellier ... A poursuivre!
    LaosLaosLaosLaos














    6 mars:
    Mekong song et lumière... (par Régis)
    LaosLaosDépart 9h30 après un bon petit déjeuner. Nous roulons 5 à 6 kms sur le goudron puis empruntons une piste qui va nous mener au bord du Mekong. Nous allons le longer pendant 70 kms, traversant de nombreux villages aux maisons sur pilotis. Les pirogues en contrebas attendent les pêcheurs. Dans certains villages j'aperçois de très grandes cases, hautes, faites de végétaux tressés, avec un foyer en rez de chaussée. Je me demande ce que ça peut bien être. Sylvie m'éclaire, ce sont des saunas. Un grand chaudron est installé en bas, sur un foyer, au premier étage le sol en caillebotis de bambous laisse passer les vapeurs. La piste est surélevée par rapport au fleuve, de latérite rouge, plate. Nous sommes dans un environnement de bambous, de palmiers, de bananiers, plantes exotiques, buffles. Les rizières sont à sec, la terre semble très pauvre et compacte et pourtant... là où ils ont amené l'eau, le riz et les légumes se développent bien? Bien sûr, pas un touriste en vue et du coup les "sabaidi" fusent Laosdans les villages traversés. Arrivés à un petit affluent du Mekong, nous traversons sur une barge mue au jus de coude... pour la mouvoir le gars tire sur une corde reliant les deux berges, le prix du passage est tout bénéfice pour le passeur. A l'arrivée, sur la berge en hauteur, sa femme a installé une épicerie bar, nous nous arrêtons dégustant avec plaisir une boisson fraîche. A partir d'une certaine heure j'ai du mal à ingurgiter l'eau minérale chaude de ma bouteille, elle prend un goût infernal de plastique. Vers 16h la lumière devient magnifique, le Mekong aussi. En cet endroit de nombreuses îles et îlots de végétation l'occupent en partie, amenant des tâches de vert. Je m'arrête pour filmer, l'endroit est paisible, magique, la Laoslumière adoucit les contours, amène une impression de surnaturel, de paysage "pas vrai" tellement c'est beau. Une pirogue passe, des enfants se baignent. C'est dans cet éclairage que nous allons rouler et finir l'étape à Mounlapamok.


    7 mars:
    Laos Nous allons rouler 20 kms sur de la mauvaise piste, vent de face et par très forte chaleur. Nous avançons bien et pourtant les kms semblent défiler lentement. Quelques 4x4 et camions se chargent de nous poudrer la peau. Un chemin étroit file vers le fleuve, Sylvie se renseigne, c'est justement là qu'on traverse pour la grande île. Une embarcation arrive de l'autre berge et nous fait traverser. Sur la grande île nous pédalerons 24 kms pour la visiter... c'est tranquille, on ne risque pas l'accident de circulation! Ce qui me surprend, et c'est vrai pour beaucoup d'endroits au Laos, c'est la beauté, la taille, de beaucoup de maisons... on ne voit personne au travail, ce n'est peut être pas la saison?... à part le riz pas grand chose ne pousse... comment font-ils pour financer de telles bâtisses. Nous arrivons à Don Khon, nous nous offrons pour la première fois, une très belle guesthouse avec piscine... la ruine! 15 € la nuit.

    LaosConjugaison laotienne... (par Sylvie )
    Je bade... tu flânes... il "grasse matine"... nous sirotons un breuvage sur les berges du Mekong... vous (les laos) souriez toujours!
    Ils (les cyclos) sont ... gravement atteints par la langueur locale!
    Escale piégeuse sur "Si Phan Don", dans un delta du Mekong qui découvre à la saison sèche une multitude d'îlots. "Si Phan Don" signifie " 4000 îles" en laotien. Le lieu atteint Laosle summum de la tranquillité. Pas de circulation, peu d'activité, il fait de toutes façons trop chaud... nous avons atterri dans un hôtel sur les rives du Mekong, vue splendide sur le fleuve depuis notre chambre, piscine pour se rafraîchir dans le jardin foisonnant d'orchidées... On ne fait ... rien ou si peu! De toutes façons, à quoi bon pédaler quand se prélasser de concert avec les laotiens est si bon! A quoi bon tous ces kilomètres accumulés depuis 7 mois...Quel vain but poursuit-on? La tentation du voyage immobile est pesante ici. Va-t-on réussir à s'en extirper?

    LaosLaosLaos
    Ah! Une lueur d'espoir ?
    Une esquisse de mouvement?



    Oui!
    Demain, on change d'île...
    en bateau...

     

     
    Au hit parade de la gastronomie pour notre voyage, le Laos arrive largement en tête. C'est le pays où nous avons le mieux mangé. Entre les "pho" empruntés au Viêt Nam, les "pahd thai" empruntés à la Thailande et tous les plats typiquement laotiens, variés et savamment épicés, nous nous sommes régalé les papilles!

    On vante dans les guides touristiques le Laos comme le pays du million d'éléphants et du million de sourires. Pour les éléphants, on n'a pas vérifié, mais pour les sourires, c'est totalement confirmé...
    Les économistes se sont trompés: le Laos est un des pays les plus riches du monde.....en sourires! 


    Laos

     LaosLaosLaos


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  • Cambodge10 mars: Départ pour le Cambodge (par Régis)
    A 9h30,  le père de notre aubergiste nous conduit sur le continent avec sa pirogue. Il se faufile dans un dédale d'îlots, le courant est fort à cet endroit. Nous accostons au petit port de Nakasang. Il est 11h, la frontière est à 20 kms. Nous partons; CambodgeSylvie serait bien restée dans une guesthouse du coin afin de partir à la fraîche le lendemain. La route est large, goudronnée, déserte, bordée de forêts aux arbres espacés. Arrivés à la frontière de Veun Kham, nous subissons quelques petites arnaques, les Laos demandent 2 $ par passeport pour apposer le tampon de sortie, les Cambodgiens nous font passer, avec fiche sanitaire à l'appui un contrôle qui consiste à prendre notre température dans l'oreille, 35 degrés pour tout le monde et l'infirmière n'a pas l'air étonnée... et 1 $ de plus. Enfin nous nous dirigeons vers le guichet qui délivre le visas cambodgien, 25 $ au lieu de 20. Tous ces fonctionnaires ont trouvé la combine pour améliorer leur salaire, beaucoup d'étrangers passant à ce poste.
    Nous avisons des gargotes, on s'y dirige pour manger et surtout boire, boire... de l'eau fraîche. On repart vers les 13h, moment le plus chaud  jusqu'à 16h. Il nous faut rouler 54kms sous le cagnard pour atteindre la ville suivante. Je vais payer mes efforts en plein soleil, j'attrape une espèce d'insolation de chaleur, ça serre du côté du plexus. Vers 17h la température baisse un peu mais le goudron relaie le soleil et renvoie la chaleur stockée.  Les derniers 14 kms n'en finissent pas, ponctués par les bornes kilométriques avec en annotation la distance restante. Je finis au courage, on arrive à la nuit à Stoeng Treng, on trouve enfin un hôtel... la douche et le repos sous l'air conditionné... un vrai régal.
    11 mars: Repos, on récupère, j'achète au marché un thermo chinois de 2l, verre et alu, il est un peu lourd mais je vais pouvoir boire glacé et une eau plus saine.
    Les Cambodgiens nous apparaissent très sereins et vraiment gentils.
    12 mars: Mais où sont les platanes?
    CambodgeLevers 6h, nous prenons le premier bac à 7h avec Cambodgede nombreuses  motocyclettes, on traverse le Mekong. La route est large, goudronnée, monotone, exposée au soleil, pas un arbre. Sur ces bordures de nombreux immigrants cambodgiens s'installent. Ils défrichent la forêt sur un demi hectare après avoir mis le feu pour débroussailler, tirent du bois de construction avec lequel ils construisent une maison sur pilotis très sommaire, souvent pas finie, vendent l'excédent de bois. Ils ne gardent même pas deux ou trois arbres pour avoir de l'ombre sur leur habitation. Une ou deux moustiquaires à l'intérieur et voilà le logement habitable. Ils plantent quelques bananiers, des plants de manioc, quelques papayers. De fait, ce ne sont pas des agriculteurs mais des Cambodgiens très pauvres, je ne sais pas comment ils survivent.
    A 11h30, 50 kms au compteur, on s'arrête sous une paillote, on se croirait dans un four, 37 degrés à l'ombre. On mange. Sylvie essaie de dormir, elle est très fatiguée,  une boule aux creux de l'estomac. J'essaie de lire sur la tablette. Des centaines de fourmis minuscules veulent à tout prix troubler notre séjour en cet endroit. CambodgeOn tient jusqu'à 15h puis repartons pour une trentaine de kms. Mon thermo est top, du coup Sylvie vient s'abreuver. Dans un estaminet local nous nous offrons une boisson glacée et achetons du sel complet. Nous en avalons pas mal, les maux de Sylvie disparaissent... Nous arrivons au 82e km dans un gros village. Après renseignements,  nous allons à la rencontre d'une dame qui loue des chambres dans sa cour. Elle n'en a plus mais nous propose un lit dans une grande pièce de sa Cambodgemaison sur pilotis, sans mur côté rue, une bâche en fait partiellement office... c'est bon, on aura de l'air! On se douche à la louche, l'eau est fraîche,  un vrai bonheur. On se couche à la nuit et allons connaître la nuit cambodgienne... très courte! Un gros groupe électrogène est lancé, il éclaire la pièce où nous sommes et pas d'interrupteur, ils l'arrêteront vers 11h ...ouf! pour en lancer un plus petit qui résonne fort dans la pièce et n'éclaire que le dessous de la maison où ils palabrent. Le jar, les oies, le coq, le géko s'en mêlent, c'est le barda. Au matin une musique puissante me tire de mon sommeil, c'est le voisin d'en face qui a mis sa sono pleine gomme, Cambodgedans la cour le concert des bestioles a repris,  le coq et le jar se répondent. Il est un peu plus de 5h, que faire d'autre,  on se lève... pour s'apercevoir que tout le village est déjà debout. Même le temple s'y met, diffusant de la musique à pleine puissance.
    13 mars: Re..tronçonneuse land...
    CambodgeUne soupe en guise de petit déjeuner et nous voilà donc en route pour Prehavihear où nous comptons arriver après une cinquantaine de kms et avant le plus fort de la chaleur.
    Côté gauche de la route, ça déforeste à grande échelle des hectares de forêt,  pour planter quoi? Côté droit, en de nombreux endroits, en bordure de route, sur une cinquantaine de mètres en largeur, ils mettent le feux aux broussailles, de beaux arbres succombent, alors que personne n'habite là et qu'aucune culture n'est implantée.  J'ai même vu deux gosses de 10 ans avec un bidon d'essence mettre le feu à l'écorce de la base d'un grand arbre magnifique pour le tuer, pourquoi? Je roule déprimé.
    A Prehavihear on passe devant une très belle bâtisse, avec parc... du ministère de l'agriculture et des forêts... ça gère, conseille et éduque sec! Le soir, au resto, de vieux Cambodgiens s'adressent à nous en Français.
    14 mars: Lever 6h pour rouler un maximun à la fraîche. La route bordée d'arbres est très agréable, l'ombre change Cambodgela donne. Les villages sont implantés tout le long, dans des zones cultivées, à l'ombre de palmiers et autres espèces. Le défrichement n'est pas récent. Quel bonheur de rouler dans la verdure. Je prends conscience que dans ces coins très chauds, les arbres, la végétation... c'est la vie! A 9h, 32 degrés... Après une vingtaine de kms, c'est la désolation,  tout a été passé à la tronçonneuse, plus d'ombre, plus de fraîcheur, le four à nouveau et ce sera avril le mois le Cambodgeplus chaud. A l'entrée d'un village un très grand panneau indique les méfaits de la déforestation,  des brûlis; j'en verrai deux dans la matinée. A 11h, 37 degrés à l'ombre. Au soixantième kilomètre, vers midi, on prend une chambre dans une guesthouse en bois. On dîne en terrasse abritée. Sur ces étapes on roule peu à cause de la chaleur et de la disposition des hébergements,  c'est 60 kms ou 120!
    15 mars: Départ 7h. Ça déforeste toujours, on aperçoit, sur des hectares, de très grandes plantations de bananiers et d'hévéas. A Beng Mealea, dîner dans un resto de touristes, ils arrivent de Sien Reap pour visiter le temple local, puis siesteCambodge dans des hamacs,  puis visite du temple. C'est un temple dans la forêt, les arbres l'ont bien envahi et il n'a pas été remonté par l'humain, c'est ainsi que j'imaginais Angkor. Vers 16h nous trouvons un logement chez l'habitant, dans une grande pièce en bois avec 3 grands lits et moustiquaires.  La monnaie du pays c'est le Rial et le dollar étasunien.  Les distributeurs donnent des $, on paye dans les deux monnaies, les centimes de dollars et souvent la monnaie, sont rendus en Rials.
    16 mars: Vers Siem Reap
    Les raccourcis qui rallongent...
    Après 10 kms nous tournons à droite pour emprunter notre raccourci. Nous le trouvons, c'est de la bonne piste au début,  puis elle vire sablonneuse, de plus en plus défoncée, étroite, pas plus d'un Cambodgemètre à la fin. Nous voilà en pleine forêt, seuls, la piste de moins en moins marquée, nous décidons de faire demi tour. A chaque bosse j'entends un bruit de verre, une partie de mon thermo a rendu l'âme.  Arrivés au goudron, après renseignements,  on emprunte une piste plus loin, défoncée mais très agréable par son environnement, elle  nous amène sur une route goudronnées à 32 kms de Siem Reap. Nous pédalerons 74 kms, 50 auraient dû suffire. Je retrouve l'hôtel où nous avions séjourné avec Annie et Estelle. Le gérant me reconnaît. Le soir on soupe dans un très bon resto lambrissé style colonial, dans le quartier touristique. Dans la rue la meute des étrangers est en goguette, tout est là pour combler le flâneur,  bars, massages, magasins d'habits,  pâtisseries,  librairies, pubs avec coupe d'Europe de foot, aquariums avec petits poissons dévorant les chairs mortes,  épiceries avec produits du monde entier... etc, etc. Le dollar flambe. C'est de Siem Reap qu'on visite les temples d'Angkor.

    Cambodge3 jours aux temples... (par Sylvie )
    La ville de Siem Reap est alimentée par ses poumons touristiques que sont les temples de la cité d'Angkor. On vient à Siem Reap pour visiter Angkor... les cafés, hôtels, restaus, sont tous des "perles", ou des "charmes" ou des "saveurs" d'Angkor...
    Nous avons donc consacré 3 jours, à arpenter le domaine d'Angkor et les alentours pour découvrir l'architecture et l'histoire de ces temples et vestiges de cités, remontant au 9ème siècle. En observant dans les temples les "apsaras", figurines des danseuses des très beaux bas reliefs, j'ai réalisé combien la culture khmer avait été influencée par l'Inde. La majorité des temples d'Angkor sont dédiés aux divinités hindoues, et ne sont devenus boudhistes que bien plus tard. Cela confirme l'impression que j'avais en découvrant le Cambodge, son peuple et sa langue. Il me semblait que c'était le peuple le moins "asiatique" de l'Asie du sud est.  Je le comprends mieux maintenant,  avec cette forte influence indienne qui est très perceptible...à mon humble avis...


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    Nous avons commencé lavisite en louant un tuktuk pour découvrir les temples des origines, qui se trouvent à l'extérieur du domaine d'Angkor.  Notre chauffeur est très gentil,  mais assez novice et ne semble pas plus que nous se repérer dans ce labyrinthe de temples. CambodgeAprès quelques errances on arrivera à bon port...
    Lors de la visite du "Bantey Srei", nous découvrirons un temple Cambodged'un grand raffinement dans les décors de ses frontons, et une grande surprise au détour d'une porte...
    Régis tombera nez à nez avec Jo Cambodgeet Martine Bertho, des amis de Montpellier! On pourra épiloguer longtemps sur les lois des probabilités,  du hasard ou du destin... On fêtera les retrouvailles le soir au restaurant. Ils décolleront le lendemain...



    CambodgeLes 2 jours suivants,  nous continuerons la visite en vélo,  plus économique et bien plus agréable.  LesCambodge temples sont assez éloignés les uns des autres,  parfois de plusieurs kilomètres.  Le domaine est sillonné de routes ombragées et rouler de l'un à l'autre nous semble idéal. Nous en verrons beaucoup,  beaucoup!
    Ceux qui m'ont le plus touchée ne sont pas les plus réputés ou les plus grandioses,  même si ces derniers sont des bijoux de ce type d'architecture.
    J'ai préféré les temples plus isolés,  plus intimes,  celui  de Ta Prohm, où les arbres enlacent les pierres dans une étreinte fatale...

    Le site pré-Angkorien de "wat Phu" visité au Laos est loin d'être détrôné.  Moins investi, moins touristique,  il garde dans sa sérénité quelque chose de sacré...

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                                                                                                       Un des emblèmes contemporains du Cambodge: le hamac...

                     Quand il fait trop chaud,  une seul remède: la sieste!
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     22 mars: en route pour Phnom Penh
    CambodgeNous quittons Siem Reap en pédalant seulement quelques kms, pour nous rendre... à la station de bus qui nous acheminera à Phnom Penh,  quelques 300kms plus au sud. La chaleur et l'état des routes ont vaincu notre énergie... nous pédalerons donc peu au Cambodge. Après 7 heures de route chaotique,  nous arrivons en soirée à Phnom Penh et renfourchons  les vélos pour courir la ville à la recherche d'une guesthouse pour nous baser, stocker vélos et cartons pour préparer le départ en avion. Les vélos nous permettent d'arpenter la ville longuement,  avant de tomber sur la perle rare, une auberge récemment ouverte,  avec une grande cour où bricoler à notre aise, une chambre spacieuse et lumineuse,  des hôtes adorables,  un prix très raisonnable et situé juste à côté d'une autre perle gastronomique, le restaurant " le Rega", près de l'ambassade de France.  Il deviendra Cambodgenotre cantine régulière durant notre séjour à Phnom Penh...

    Nous partirons passer quelques jours au bord de la mer, à Kep,  Cambodgeprès de Sihanouk ville, à lézarder sur une plage tranquille,  manger quelques fruits de mer.
    De retour à Phnom Penh,  nous reprendrons notre chasse aux cartons pour emballer les vélos.  Rolland,  un ami de Francoise D. installé au Cambodge depuis Cambodgelongtemps nous aidera dans nos recherches.  On finira par composer un grand patchwork de cartons enveloppant les vélos,  qui espérons  le supporteront le trajet. Nous aurons beaucoup visité la ville en vélo, à la poursuite de ces fameux cartons et du matériel,  ce n'est pas désagréable.  La circulation est très dense,  mais comme à Hanoï,  on navigue très facilement en vélo dans ce flot roulant.Cambodge


    Le soir avant notre départ,  Rolland nous invitera à manger avec sa famille,  une soirée sympathique,  où on découvre d'autres aspects du pays. Le lendemain, il vient nous chercher dans notre guesthouse. On arrive à tout caser dans son break et nous voilà partis pour l'aéroport de Phnom Penh. On y arrive vers 12h, quatre heures avant le départ, le bâtiment est climatisé,  un vrai bonheur. Qatar Airways nous a alloué 30 kg plus 10 kg pour les vélos,  le tout sans supplément, il faudra tout de même bien charger le bagage cabine afin de ne pas avoir d'excédent.
    Le Cambodge sera notre dernière étape en Asie. A partir de maintenant,  nous amorçons notre route du retour vers l'ouest,  en passant par la porte du moyen orient qu'est l'Iran.
    Ces 8 mois de pédalage en Asie auront été pour nous un fabuleux voyage,  riches de rencontres, de sensations, de découvertes. On monte dans l'avion qui nous emporte, avec une émotion certaine...

    CambodgeCambodgeCambodge


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