• Asie Vélo ça y est...DERNIER RELEVE SUR COMPTEUR ALTIMETRE:
    112 656 m gravis, dénivelé positif cumulé.
    9 809 kms parcourus, j'ai oublié parfois de mettre en place le compteur...

    BILAN DU MATERIEL:
    42 kgs, vélo plus bagages, parfois plus selon l'intendance et l'eau, c'était dur à hisser en montagne. Si je repartais demain je ne prendrai pas de filtre à eau, de chaîne de rechange, j'amènerais un seul jeu de patins de freins, une seule chambre à air par vélo. J'avais aussi un pneu de rechange. La tente n'était pas des plus légère, 5 kg répartis sur chaque vélo.  Je pourrais donc rogner dans les 3 kg. Nous avions peu d'habits. Ils étaient techniques et légers,  de même pour les duvets et matelas. Nous avions une mini tablette Samsung et une liseuse avec des livres téléchargés sur les deux. Nous avons beaucoup lu et utilisé la tablette pour écrire et taper les textes du blog.
    Les vélos:
    rien à redire, pas d'ennuis particuliers. Avec des sacoches avant ils s'avèrent très stables même en option tout terrain et guidon de voyage. Sur les chemins pierreux ils restent très confortables. Pas de chute à signaler. La géométrie de ces vélos m'interpelle tout de même,  pourquoi doit-on rajouter une potence orientable, réglée à son plus grand angle, pour avoir le guidon au bon niveau? et cela sur les 2 vélos. Pneus Schwalbe: 3 pneus ont effectué la boucle entière sans crevaison  et peuvent rouler encore. J'ai du changer mon pneu arrière déchiré en 3 endroits sur les flancs après les pistes caillouteuses du Viêtnam, les flancs m'ont paru bien fins comparés à ceux du pneu neuf de rechange (même modèle Marathon mondial) ... défaut de fabrication? 
    Freins Magura: j'avais pris deux jeux de patins de rechange pour chaque vélo, aucun vélociste n'ayant su me dire la durée de vie de ces patins. Les patins d'origine ont tenu tout le voyage, soit dix mille kilomètres,  il me faut à présent les changer.
    Rayons: pas de rayons cassés... Chaîne: J'ai dû changer un maillon sur mon vélo, il s'était ouvert lors d'un déraillement en se fichant dans une Asie Vélo ça y est...patte du dérailleur avant. J'ai été très heureux de constater que mon extracteur était adapté à ce type de chaîne ainsi que l'attache rapide. A ce sujet, j'ai trimballé tout le voyage une chaîne neuve, ça ne me semble pas utile, les pros amènent un morceau de chaîne et des attaches rapides.
    Selle: Sylvie est très satisfaite de sa selle "Proust". Pendant 6 mois j'ai souffert sur ma selle Brooks, mes ischions reposant sur les rivets en cuivre. Des amis m'ont amené au Viêtnam une selle Proust. J'ai passé quelques temps à chercher le bon réglage.... pour moi légèrement inclinée vers l'avant... Ce fut un vrai soulagement de pédaler avec... bon confort! Il est à noter qu'aucun de nous deux roule avec une peau de chamois.
    Réchaud Primus: Très satisfait de ce réchaud à essence, j'ai dû désencrasser 2 ou 3 fois l'axe du bouton de réglage de la flamme.  Il nous a été vendu quelques essences douteuses,  pas très bien raffinées. 
    Filtre à eau MSR: Cassé à la quatrième utilisation. Gros effort à chaque pompage pour peu d'eau récoltée. Nous nous sommes débrouillés en montagne avec de l'eau bouillie, de l'eau de source plus tablettes micropur et de l'eau minérale en bouteille dans tous les pays traversés. 
    Couteaux Opinel: RAS....   Matelas Expe: ... gonflables.. aucune crevaison, bon confort pour un volume minimun une fois pliés. Condensation intérieure souvent... Sous vêtements mérinos Woolpower Ullfrote: excellents, vêtements très chauds et confortables... pas d'odeur de sueur.
    Vestes imperméables respirantes Gore-Tex Haglofs (Sylvie) et Salewa:  Très légères,  lourdes par le prix.. 300 € chacune, décevantes lorsqu'il pleut de façon soutenue... elles prennent l'eau sous la nuque,  au cou, et aux bras en ce qui me concerne. Bon coupe vent.
    Téléphone portable: Nous n'en avions pas... En Asie du sud est les jeunes rencontrés équipés de portables avaient le GPS et les cartes locales.

    Asie Vélo ça y est...BILAN HUMAIN DE CETTE PARENTHESE D'UN AN
    Régis
    Si c'était à refaire je repartirais.... mais avec un visa d'un mois et demi au Tadjikistan afin d'avoir du temps pour réussir la fin de la Pamir Highway et arriver plus tôt au Tibet.  En Chine et ailleurs je ne changerais rien à ce que nous avons fait. Ce voyage a ouvert un grand espace de joie, de nouveautés chaque jour renouvelées, de liberté... a amené un grand bol d'air frais dans ma tête.. Vive l'évasion!! C'est la légèreté qui a prédominé malgré le poids de l'attirail. Le nomadisme me convient. Je garderai un grand souvenir des vastes espaces parcourus loin de tout et de notre monde actuel hyper développé, des gens rencontrés, souvent des paysans pauvres et modestes. J'ai beaucoup apprécié ce voyage en immersion  dans la nature, dans ces paysages impressionnants. Nous sommes restés les 8 premiers mois dans les montagnes et ne le regrettons pas, c'est là que se cachent souvent les paysages les plus beaux. Et puis... le vélo.. quel moyen d'appréhender ce qui entoure! Je ne suis pas d'un tempérament contemplatif, le vélo, l'effort,  me restituent cet état, le temps s'étire. En immersion lointaine et durable, quel plaisir de s'adresser aux montagnes, au dieu des vents, aux arbres quand ils se font rares, aux rivières descendant des montagnes, aux eaux si cristallines, à cet O2 qui se fait rare en altitude, aux animaux... je deviendrais presque animiste. Partout les gens sont venus à nous, curieux, gentils, simples et spontanés dans l'échange,  le sourire aux lèvres, l'envie de nous aider, nous inviter parfois à partager un repas ou leur maison, heureux de nous voir chez eux, Asie Vélo ça y est...dans leur pays. Des fruits, du pain, de l'eau, du thé, de l'alcool de riz, des spécialités locales nous ont été offerts. Après... la planète ne nous appartient pas, elle est aux mains des gouvernements,  des administrations, les visas sont là pour nous le rappeler. J'ajouterai que, bien sûr, la carte bleue si discrète au fond d'une poche, a rassuré ce périple.
    Sylvie:
    Bilan complètement positif pour moi! Pas une ombre au tableau, en dehors de petites galères mineures qui ont juste pimenté le quotidien... J'ai trouvé que le temps a filé très vite,  malgré la lenteur de notre moyen Asie Vélo ça y est...de transport. Il me semble que c'était hier que nous enfourchions nos vélos tous neufs avec nos sacoches encore bien propres et bien rangées. Une année s'est écoulée,  pleine de paysages splendides,  de rencontres, du plaisir de l'effort quotidien en vélo et d'énormément de sourires et de bienveillance. On a survécu sans problème  avec juste 4 sacoches contenant l'essentiel, que l'on pourrait encore alléger, rétrospectivement. Ce qui n'a pas survécu par contre,  ce sont tous les préjugés que l'on avait: le fait de visiter ces pays, de voir les "gens d'en bas", fait tomber beaucoup d'à prioris forgés bêtement ou par méconnaissance. Comme le dit M. Twain, "le voyage est fatal aux préjugés,  à l'étroitesse, à l'intolérance d'esprit"...
    J'aime résolument ce mode de voyage en vélo,  qui permet d'aller lentement assez vite (!), d'être libre et autonome, d'avoir un peu un statut de touriste différent et de pouvoir s'arrêter là où on veut, faire une pause,  un brin de causette ou prendre une photo... 
    Que faire de tout ça,  maintenant que l'on est revenu? Difficile de ne pas se faire happer par une vie qui menace les valeurs que l'on a redécouvertes et appréciées. Difficile aussi de ne de ne pas être frappés par l'individualisme  que l'on retrouve ici, suivi de près par une surconsommation que l'on avait oubliée.
    Alors, rester vigilants, conserver vivace le souvenir du voyage et.... repartir bientôt pour une piqûre de rappel? 


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