• Iran

     

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    Salam! Bienvenue en Iran!
    (par Sylvie)
    Débarquement en ce 31 mars sur le sol de ce moyen orient inconnu.
    Après 8 mois de pérégrinations en Asie,  le choc culturel est total. Tout est complètement nouveau pour moi dans ce pays, dont on nous a tant mis en garde. Et l'impression est bien plus que positive! Cuisine,  hospitalité, architecture des monuments, ambiance des rues, sourires fréquents malgré l'apparente rigueur... Tout est surprenant pour moi et attise la curiosité. Ici, nous renouons avec les saisons continentales: nous arrivons avec le printemps, arbres en fleurs et vert tendre des feuilles...
    L'Iran sera aussi  la terre des retrouvailles, puisque nous rejoindrons ici Éric, Cécile et Pierre.
    Arrivé plus tôt que nous,  Eric nous attend à l'hôtel Sasan de Shiraz. Le lendemain,  c'est Cécile et Pierre qui arriveront.
    Retrouvailles avec émotion, c'est tellement incroyable de se revoir ici!

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    Eric a déjà parcouru la ville en nous attendant et nous guide avec assurance à travers le labyrinthe du magnifique bazar Vakil de Shiraz.  IranOn s'arrête à chaque échoppe,  on bade l'architecture des rues du bazar, fraîches et abritées du soleil et de la chaleur.Iran  Quelle différence avec les grouillants marchés asiatiques!  Ici,  hors moment d'affluence,  l'ambiance est presque feutrée,  intimiste. Les stands des commerçants sont organisés par catégories,  minutieusement agencés.  On est déjà aimablement invités à goûter  beaucoup de spécialités: les incontournables "gaz", sortes de nougat aux pistaches,  des fruits secs délicieux,  des sirops de rose, de fleurs d'oranger... Beaucoup de gens nous interpellent pour nous souhaiter la bienvenue,  échanger nos impressions,  se rassurer sur notre regard sur l'Iran.  Ils ont tous le souci de réhabiliter la mauvaise image de leur pays, véhiculée à l'étranger.  On retrouvera partout cette attitude, lors de notre périple touristique.

    En Iran,  après la Chine et le Vietnam,  nous assisterons à notre troisième fête du nouvel an. Treize jours aprèsIran le jour du printemps,  les Iraniens fêtent "Norouz", début de la nouvelle année persanne. C'est un rituel paien d'origine zoroastrien qui remonte à des temps anciens. Le légendaire site de Persepolis que nous avons visité,  avait été conçu pour organiser cette fête très fastueuse. Le jour de Norouz,  tous les Iraniens sortent dans la nature pour un grand pique-nique au cours duquel ils pratiquent  des gestes rituels: ils déposent dans la nature une touffe de tiges de graines germées, en hommage au printemps et libèrent dans les rivières un poisson rouge.  Dans de nombreux lieux publics et maisons,  pendant Norouz, sont installés des sortes d'autels , "tables de Norouz", avec une exposition d'objets rituels: touffe de graines germées,  bocal de poisson rouge, fruits,  miroir, livre du Coran, divers aliments. C'est très étonnant à voir!

    IranCécile et moi nous évertuons à porter correctement notre obligatoire "hijab". On observe la dextérité des Iraniennes,  un réajustement de foulardIran avec élégance ne s'improvise pas! On croise de nombreuses  femmes en tchador noir (tchador voulant dire "tente", en persan...) ,  mais aussi beaucoup d'iraniennes qui portent le foulard avec plus de souplesse.  Cécile a commencé une classification,  allant du "foulard-mantille", "foulard-casquette" jusqu'au très osé "foulard-bikini"...
    Il nous semble que la transgression n'est pas loin, on croise pas mal de regards complices de la part de nombreuses femmes.



    Dans notre hôtel d'Ispahan,  on a découvert cette affligeante affiche... (traduction: "une feIranmme sans hijab,  est comme une chaise à 3 pieds..."). Le patron de l'hôtel, avec qui nous aurons des conversations très intéressantes, nous expliquera que cette campagne est imposée par le ministère de la "guidance" et que le hidjab est en Iran bien plus un symbole politique que religieux.  La transgression des femmes qui détournent la façon officielle de le porter est un signe de résistance. Il nous explique aussi qu'il y a une vie "underground" très importante.  Les jeunes se réunissent,  organisent des fêtes chez eux ou dans des lieux non officiels.  En apparence, rien ne se passe,  mais il existe tout un réseau de lieux parallèles.  On s'étonne que Ispahan,  ville d'art et de culture,  interdise toute manifestation  musicale dans ses nombreux parcs. La ville ne compte aucun théâtre, ni salle de concert, la musique dans les parcs ou les hotels est interdite...

    30 mars: Départ pour l'Iran (suite par Régis)Iran
    IranAprès 30mn de vol depuis Phnom Penh, on fait escale à Saigon, puis à Doha capitale du Qatar. L'arrivée de nuit dans cette ville sera magique, l'avion passant à une centaine de mètres du centre ville où sont implantés les hauts buildings de verre richement colorés et conçus par les plus grands architectes du monde.... une féerie de transparence, lumières et couleurs. L'aéroport de Doha est fréquenté par toutes les races du Moyen Orient, d'Afrique et d'ailleurs. J'aurais pu passer des heures à regarder tous ces visages et costumes qu'on n'a pas l'habitude de croiser vers chez nous... Qataris, Afghans, Perses, Kurdes... etc.
    Le vol Doha Shiraz sera très mouvementé, une tempête sévissant sur Shiraz. Nous atterrissons le 31 vers 13h avec 12 heures de retard.

    Du 1er au 4 avril
    : Visite de Shiraz et ses alentours. Iran
    IranNous retrouvons Eric avec émotion. Le 2 nous visitons ensemble les bazars. De nombreux Iraniens viennent à nous pour parler, en Anglais et parfois en Français. Nous dégustons  les diverses spécialités de la ville que les commerçants nous offrent, beaucoup de personnes nous sourient, heureuses de nous voir là. Les mosaïques des mosquées sont impressionnantes de beauté.  Le soir nous retrouvons Cécile et Pierre.
    Le 3 nous partons visiter la tombe de Cyrus et deux tombeaux creusés dans la montagne, IranNaqsh-e Rostam et Rajab.

    Iran Nous remettons la visite de Persepolis à cause de la pluie drue qui s'abat sur le site. Un taxi nous amène au mausolée de Aramgah-e Shah-e Cheragh. Les filles sont obligées de se draper, comme les Iraniennes, dans un grand morceau de tissu, de la tête aux pieds. A l'intérieur les hommes et les femmes sont séparés. Le tombeau est protégé par une cage richement ornée de barreaux que les hommes serrent dans leur main et embrassent; ils récitent des prières. IranLes murs, la coupole sont recouverts de mosaïques faites avec des morceaux de verre de couleur ou façon miroir, l'effet est splendide, saisissant, hypnotique. Le 4 nous visiterons Persepolis, ses fameux bas reliefs qui me remémorent les photos de mes livres d'histoire traitant de la période des Achameniens.

    A Shiraz, nous avons assisté à un séance de sport très particulière: le " Zurkhaneh" 9 qui signifie "maison de force" en persan. C'est une pratique ancienne, unique en Iran, qui relève à la fois de la gym, du théâtre et d'un courant du soufisme. Sur un fond musical de percussion au Zarb et de chants inspirés du poète Hafez, un groupe d'hommes s'entrainent dans une sorte de chorégraphie. Régis a filmé.

    Iran5, 6 avril:
    Un petit bus privé, les bus réguliers étant complets, nous amène à YaIranzd, à 500 kms. C'est la période du nouvel an iranien, les Iraniens voyagent.
    Notre hôtel est dans une vieille maison traditionnelle de la vieille ville, bâtie toute en terre.
    Nous allons flâner des heures dans les ruelles, visiter les citernes d'eau fraîche, grimper sur les terrasses des maisons et approcher les espèces de grandes cheminées, les tours à vent, ventilant de l'air frais dans les maisons. Nous visitons le temple zoroastrien, la tour du silence où les morts zoroastriens  étaient exposés aux oiseaux, différentes mosquées, les bazars, une pâtisserie de grande renommée,  Yazd étant la capitale des sucreries. Iran
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    Nous prendr ons le bus de ville, Sylvie et Cécile entrant par la porte avant et se retrouvant au milieu des hommes... image saisissante que toutes ces femmes en noir parquées dans la deuxième moitié du bus.

    Iran7 avril
    : Nous partons dans le désert visiter un village de terre, Kharanaq, vieux de mille ans, désertéIran maintenant par ses habitants. Les maisons, les ruelles imbriquées et couvertes sont conçues pour garder la fraîcheur. Les chauffeurs des taxis ont amené le thé, des petits gâteaux et surtout, ne nous pressent pas.
    Nous visiterons Chak Chak, haut lieu de pèlerinage zoroastrien.  Vingt mille Iraniens de confession zoroastrienne vivent en Iran. Zaratoustra était un des leurs.

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    Iran8 avril: Ispahan
      (par Sylvie)
    IranA Ispahan,  nous avons dû faire de nouvelles démarches pour faire prolonger notre visa qui n'était que de 15 jours. Au bureau des visas,  sous haut contrôle policier,  on erre devant des affiches où tout est écrit en persan. On finit par rencontrer Ali et son frère Nasser,  de nationalité koweiti et iranienne. Ali a étudié 2 ans à la Sorbonne à Paris et est enchanté de pouvoir pratiquer le français.  Ils vont nous piloter dans les méandres de cette administration.  Au final,  on obtiendra une extension d'un mois. Merci Allah comme a dit Ali! Nous, on dit merci Ali! Sans son aide, on était bien mal partis! Nous avons été invités à manger dans leur famille un soir. Nous avons rencontré la demi soeur Fatya et la maman Fatima. Ils nous ont parlé de l'histoire de leur famille,  assez compliquée, partagée entre plusieurs nationalités. On a eu droit à un excellent repas de plats Iraniens et Koweïtis. Une soirée agréable,  avec beaucoup d'échanges entre des mondes, des modes de pensée et de vie vraiment différents. On est rentrés à l'hôtel avec des boites remplies des restes du repas et un bracelet doré offert par la maman à Cécile et moi...  Cette hospitalité me rappelle celle des tadjiks, au début du voyage.
    IranA Ispahan, nous avons fait le tour des sites touristiques, avec l'incontournable place royale Naqsh-e Jahan, une des plus grandes au monde avec Tienanmen. La mosquée de l'Imam sur cette place est vraiment impressionnante entièrement tapissée de mosaïques,  celle de Lotfollah, tout près n'est pas en reste. Le quartier arménien avec l'église Vank est très agréable,  plus huppé que ceux du centre,  avec ses nombreux cafés et restaus. En dehors des monuments,  le reste de la ville n'est pas exceptionnel.  Certains quartiers font trèsIran délabrés,  les maisons sont des sortes de cubes au toit plat,  avec quelques immeubles. On a apprécié les nombreux parcs autour des monuments qui apportent un peu de calme et de fraîcheur à cette ville grouillante.  Les Iraniens y vont nombreux les jours de repos (le vendredi ici), pour y faire le très traditionnel pique nique.  On ne se lasse pas de les regarder s'organiser,  assis sur des tapis dans l'herbe,  les femmes de leur côté et les hommes de l'autre,  réchaud et bouilloire pour le thé,  paniers gorgés de nourriture que l'on a souvent été invités à partager.  IranOn a fait nous aussi avec Cécile et Pierre plusieurs pique-niques dans le parc du magnifique palais Kahk-e Chehel Sotun. A chaque fois,  on a été abordés gentiment par des Iraniens qui veulent discuter avec nous, et finissent souvent par nous inviter chez eux.  Cela fait partie de la courtoisie iranienne (le "ta'arof"),  de proposer ces fréquentes invitations, mais pour qu'elles soient réelles,  il faut qu'elles soient formulées 3 fois.  L'invité doit donc décliner poliment les 2 premières avant d'accepter. On a un peu de mal à s'y retrouver dans ce protocole,  à distinguer ce qui est "ta'arof" et ce qui ne l'est pas!

    13 avril
    : en route pour Kohram Abad
    Nous quittons Pierre et Cécile vers midi,  pour monter dans un bus qui nous emporte 350 kms vers le nord ouest, dans les montagnes du Zargos. Après l'Iran des villes,  nous partons à la découverte de "l'Iran des champs "...  C'est là que nous allons renfourcher nos vélos,  après une longue séance de desemballage, remontage,  révision. Nous partons pour le nord ouest,  vers la région montagneuse du Kurdistan iranien.  Nous sommes contents de retourner pédaler dans ces beaux paysages,  après une longue pause.

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    EnIran route! (par Régis)
    15 avril: Départ de Khoramabad, quel bonheur de retrouver la route à vélo. J'angoisse un peu devant l'inconnu. Les Iraniens nous regardent passer avec étonnement, nous saluent, nous klaxonnent, la majorité éprouvent le besoin de se manifester à notre approche. En un jour nous aurons eu un aperçu des comportements des bords de route, saluts amicaux, offre de nourriture,  invitation à boire le thé, approche curieuse et échanges sommaires, tentative de drague... une famille nous arrête même pour voir ou échanger des euros??
    Pour une reprise ça grimpe, on avance sur des hauts plateaux verts en cette saison, cultivés et entourés de montagnes, certaines enneigées. Les voitures roulent vite mais s'écartent quand elles nous doublent.. attention quand elles se croisent, la route étant souvent étroite. Chaque fois que l'on peut on roule sur les bas côtés. J'ai mis mon casque. Un vent de face se lève vers 15h, au soixantième kilomètre je fatigue.Iran Dans le village de Firuzabad je demande à un groupe d'hommes s'il y a un hôtel,  la réponse est négative. Nour Mohamed, professeur à la retraite nous offre le gîte et le couvert. Sa femme et sa fille, intelligentes et souriantes nous reçoivent sur le grand tapis de la salle à manger où nous sont servis le thé,  des fruits et des sucreries. On essaye d'échanger,  Sylvie s'en sort bien en persan, avec son carnet et de nombreuses phrases préparées,  ils possèdent quelques mots d'anglais.  Les photos de la tablette et la carte d'Iran fournissent les conversations. Majedin nous prépare un bon souper.
    16 avril: Départ après un bon petit déjeuner. Nous évoluons dans le même type de paysages avec le vent de face, d'emblée. Impossible de trouver un lieu pour cacher la tente. Nous camperons près des maisons d'un village, sur un peu de verdure. La nuit sera courte à cause des chiens cantonnés autour de la tente et qui ne cessent d'aboyer.
    Iran17 avril: Un petit déjeuner nous est livré par le garçon de la maison d'à côté avec qui nous avions discuté la veille. Ça grimpe et ça descend jusqu'au moment où nous rejoignons 15kms avant Kermanshah une route à deux fois trois voies. J'avance,  les yeux fixés sur le rétroviseur, beaucoup de vehicules s'écartent mais roulent très vite. L'un deux venant de la voie du milieu, je ne pouvais pas le voir, se rabat, me vient dessus, me frôle, perd momentanément le contrôle du véhicule et repart. J'ai la colère en pénétrant par les multi voies de Kermanshah, Iranc'est la jungle, les voitures ne respectent pas notre présence,  on arrive à s'imposer par gestes et de la voix. Pleins de mecs sur les trottoirs se donnent de grands coups de coude pour s'avertir qu'une étrangère est là. Du coup ceux qui viennent nous parler quand on s'arrête,  sont très mal reçus. On trouve un hôtel. Une ballade dans le centre ville près du bazar, la gentillesse de beaucoup de gens, m'apaisent. 72 kms parcourus.

    18 avril
    : Repos, nous avons besoin de récupérer après ces 8 mois d'efforts. La ville est déserte,  les magasins sont fermés,  c'est vendredi jour de la grande prière,  le dimanche iranien.
    19 avril: Départ vent dans le dos, c'est plat, on envoie sec. Nous roulons sur les bas côtés de la route, Iranle regard toujours dans le rétro.Une Iranfemme âgée traverse la 2x2 voies, manque se faire écraser par un camion, ramasse des cailloux qu'elle nous jette, le regard halluciné. Lorsque la route passe à une voie, une voie en construction nous permet de rouler tranquilles. Après 65 kms nous nous arrêtons dans une guest house, à Karmayan. Au rez de chaussée les hommes viennent boire le thé,  fumer le narguilé,  jouer aux dames, manger. Nous sommes installés dans une chambre cellule, avec une fenêtre. Nous partons visiter les bazars de la ville et faire des courses, moi qui aime passer inaperçu... c'est raté... les regards convergent vers nous, lesIran questions fusent. Faut voir les physiques des hommes... impressionnants... yeux sombres, parfois verts ou cendrés,  tignasses brunes, barbe drue non rasée, traits taillés à la hache, costumes traditionnels parfois, vieux pleins de dignité, rouquins à la peau claire. On remarque moins le physique des femmes trop enveloppées de la tête aux pieds dans leur vaste tissu noir. Chez un opticien nous achetons des lunettes loupes, impossible de payer... et ce sera souvent comme cela.  

                                                                                                   Tenue de camouflage de rigueur, la version "casque hidjab"...

    IranL'hospitalité iranienne (par Sylvie )
    Elle est omniprésente et nous interpelle vraiment.  On l'apprécie, elle nous surprend toujours, on la redoute parfois quand on est fatigués et moins disponibles...
    A Furazabad, hébergés chez Nour Mohamed,  avec son adorable femme MajedineIran et leur fille Azadée, nous avons été accueillis comme des rois.  Dans leur grande pièce couverte de tapis persans, Majedine s'affaire autour de nous comme une fourmi pour notre confort: elle nous sert du thé,  redresse les coussins derrière Régis,  lui conseille d'étendre ses jambes pour qu'il soit mieux, change le thé de nos tasses parce qu'elle le juge trop froid, va chercher des fruits, nous invite à en manger et en manger encore, tout cela avec beaucoup de douceur et un sourire constant. Elle nous parle sans cesse en persan,  se réjouit quand je capte quelques mots.... Azadée, leur fille qui a 25 ans et travaille dans le village voisin,  exhume un livre scolaire en farhsi et anglais qui nous permet de trouver les mots qui nous manquent. On échange longtemps, autour du thé et des fruits, sur nos modes de vie différents,  la situation de l'Iran.  Majedine parle à sa façon de l'embargo américain en répétant "Obama, bad!"... Pour le repas du soir,  elle nous a cuisiné un plat délicieux typique du Lorestan, (la région où nous nous trouvons), à base de poulet et de légumes verts,  et des "kebabs" locales. On mange assis par terre sur Iranles tapis, dans une pièce près de la cuisine.  Leur maison est sobre, avec peu de meubles, mais accueillante et confortable. Après le repas,  le frère de Nour Mohamed arrive avec son fils.  Rebelote pour du thé,  des fruits et des sucreries.  On discute encore,  mais on commence à fatiguer après la journée de vélo! Nos Iranhôtes eux, semblent partis pour la nuit!  Vers minuit,  voyant certainement nos mines, ils nous invitent à dormir dans leur salle de prière,  une pièce vide et couverte de tapis encore.  Ils s'apprêtent à déménager matelas, couvertures et tapis pour nous installer. On leur montre vite nos duvets et matelas gonflables. Ils assistent curieux à notre installation.  Majedine nous rappelle que "Obama, bad!", lorsque Régis explique que nos matelas sont fabriqués en Amérique.... Le lendemain,  petit déjeuner généreux,  avec un "nan" (pain iranien) délicieux.  Majedine,  nous prépare un sac avec des provisions,  fouille dans ses affaires pour m'offrir un foulard... Nour Mohamed nous invite à rester et ne partir que le lendemain.  Ils sont heureux d'être avec nous. L'invitation,  réitérée les 3 fois rituelles, est bien réelle... On s'arrache difficilement.  Toute la famille nous accompagne au bord de la route pour un dernier salut...
    Cette hospitalité se répète fréquemment au long de notre route.  Des voitures nous doublent et nous arrêtent.  On discute un peu, on refuse poliment l'invitation et on repart avec des sacs de fruits,  des concombres, des tomates, un melon. Un semi remorque a même frolé l'accident pour nous offrir... 2 bouteilles de boisson... Les vélos s'alourdissent après chaque arrêt!

    IranLe "Ta'arof", c'est trop! Une autre pratique qui nous a surpris ici en Iran,  c'est leur rituel de politesse,  lors d'un achat chez des commerçants,  qui fait partie je suppose,  de ce fameux "ta'arof" dont j'ai déjà parlé.  Lorsqu'on fait un achat dans un magasin,  au moment de demander l'addition,  le marchand commence par refuser en disant certainement des formules du genre "ce n'est rien", "il n'y a rien à payer". Il ne s' agit pas alors de remercier et de partir! Il faut palabrer à notre tour (en persan bien sûr!) et insister. On finit par obtenir le chiffre de la somme à payer, et lorsqu'on tend l'argent,  cela recommence: refus, on insiste et on finit par payer. On a été assez déroutés par cette attitude au début,  maintenant,  on trouve cela assez amusant, une manière de déguiser la transaction pour préserver un peu de relation "non marchande". Il y a eu par contre plusieurs fois où l'on n'a rien pu payer du tout, malgré les palabres. C'était un véritable cadeau qui nous était fait et on en est toujours à la fois touchés et gênés...
    Nourritures persannes...
    IranEn Iran,  nous avons retrouvé une variété de nourriture qui a considérablement enrichi nos précieux pique-nique. Fruits secs délicieux, ( en particulier des dattes succulentes produites dans la région de Bam), des légumes "de chez nous", (radis, concombres), des variétés de yaourts et de fromages frais, bien sûr,  du "nan", sorte de galette fine et souple qui remplace le pain, et pour le dessert une quantité de pâtisseries gorgées de miel, de pâte d'amandes ou de figues. Beaucoup de calories que l'on essaie ensuite d'évacuer à coup de pédales! 

                                                Un cliché d'un de nos pique-nique, avec cependant un "intrus" made in France (merci Cécile! )

    Iran20 avril: Sanandaj
    Dans la région du Kurdistan iranien,  Sanandaj est la capitale. C'est aussi une des villes les plus sympathique et esthétique rencontrée depuis notre départ en vélo en Iran. Construite sur un ensemble de collines,  la ville est assez aérée,  entourée au loin des montagnes du Zargos.  Nous y avons fait étape pendant 2 jours,  le temps de visiter quelques sites et de sillonner le bazar pour collecter des provisions pour la suite de notre voyage.
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                                                    La mosquée et la maison Azef, transformée en restaurant traditionnel dans une très belle cour intérieure et en musée sur la vie kurde

    IranA partir de Sanandaj,  nous allons tenter de nous extraire du réseau routier principal,  assez emprunté (même si on finit par y trouver les astuces pour y circuler plus en sécurité), pour bifurquer par des petites routes de montagne vers Marivan, proche de la frontière irakienne.  On a déniché une carte plus détaillée du coin,  et dans l'incertitude des étapes à venir,  on a fait le plein question ravitaillement: yaourt,  fromage,  légumes,  dattes fraîches, oranges, et quelques incontournables pâtisseries locales... Toutes ces victuailles n'étant pas distribuées en dessous du kilo, on se retrouve avec des vélos bien lestés pour attaquer les montagnes! On assume notre goût pour la "gastronomie",  tant pis! 
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    Les vitrines des très nombreuses et délicieuses pâtisseries!

     

     

      Dans le bazar, nous avons découvert un nouveau métier: casseur de morceaux de sucre!IranIran

     



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    23 avril: Départ de Sanandaj sous grand ciel bleu, il pleuvait la veille. A la sortie on parfait notre ravitaillement avec des espèces de grandes galettes (crêpes) très fines à l'oignon émincé. On roule une heure avant d'attaquer un col, vent violent de face. Un Iranien, en haut du col, me voyant ramer dans les rafales de vent, semble vraiment navré,  il IranIranvoudrait m'aider mais ne sait comment faire. Dans la descente il faudra pédaler tellement ça souffle. Sur la route le concert de klaxons, de hellos, de salam, i love you, welcome to Kurdistan continue, tout le monde tenant à nous saluer. Vers 18h on avise une petite route, après Negel, et la suivons afin de trouver un emplacement pour camper. Apercevant 4 femmes Kurdes assises près d'une maison en train d'ouvrir des amandes, on s'approche pour demander la permission de camper près de chez elles. Elles nous offrent le thé,  des amandes, des noix et nous demandent d'attendre l'homme,  c'est lui qui décidera. Ce dernier arrive, enthousiasmé de notre présence. Il veut à tout prix que nous dormions dans la maison, ici c'est  une bâtisse de sa ferme et sa demeure est dans le village à 6 kms. Nous pensions rester tranquillement là,  mais c'est raté. Nous embarquons avec la famille dans la Toyota à plateau,  les hommes devant,  pour partager le repas du soir chez eux. Le repas s'avérera très simple mais délicieux, riz, un peu de viande, tomates en sauce, grandes galettes extra fines que l'on garnit de menthe et de diverses plantes du coin, yaourt, le tout arrosé d'une boisson rafraîchissante au yaourt et aromates. Après un dernier thé,  retour à notre campement où nous passerons une très bonne nuit. C'est frustrant de ne pouvoir échanger plus.
    24 avril: Lever de bonne heure, l'étape promet d'être longue et difficile, et en effet ça monte sec, ça descend aussi. Ce jour la nous serons contrôlés deux fois par la police, d'abord par un policier en civil dans une voiture banalisée qui réIranIranclame en plus du contrôle une photocopie du passeport, puis 50m plus loin,  à la sortie du virage suivant, par les policiers d'un checkpoint. Vers 15h nous prenons le thé à Sarvabad, c'est là que démarre la route pour la vallée d'altitude et le fameux village de Horaman à flanc de montagne. Nous avons parcouru 57 kms, il en reste 37 et un col à passer, on campera en route. Après le thé,  nous nous élançons, vite stoppés par un vieux chauffeur de taxi et sa vieille camionnette de 38 ans, qui propose de nous amener. Etant obligés de faire la route en sens contraire le lendemain, nous n'hésitons pas et embarquons. Nous ne regretterons pas notre décision, le col est très dur dans les deux sens, ça promet pour demain. Nous nous installons dans l'unique hôtel d'Horaman, grande bâtisse toute en pierre, et partons nous ballader dans le village à flanc. Les vieux Kurdes sont en tenues traditionnelles, coiffés de turbans divers, portant le fameux gilet marron à épaulettes cornues et le pantalon bouffant soutenu par une large ceinture de tissu. Dans un tel village il vaut mieux n'oublier aucun achat à l'épicerie du haut ou celle du bas! De la chambre nous avons vue sur la chaîne de montagne enneigée, face à l'hôtel.
    Iran25 avril: Lever 7h, départ 8h. D'emblée ça grimpe fort. Nous mettrons 2h20 IranIranà escalader le col, 10 kms parcourus, 900m de dénivelé. Arrivés en haut, en dehors de la vue magnifique,  nous apercevons les premières voitures garées et les pique niqueurs. C'est vendredi pour les Iraniens,  jour de repos. Une famille iranienne, de l'aïeule jusqu'aux petits derniers nous aborde, un des leur parle français, un autre anglais. Nous sommes cernés,  la séance photo commence dans la bonne humeur, ils nous offrent des fruits et nous invitent à partager leur pique nique, nous refusons,  il est trop tôt.  Sur la route c'est la folie, des centaines de voitures montent ou sont déjà garées.  Malheur, lorsque Sylvie prend une photo, les familles arrivent, nous demandent si nous avons besoin d'aide, nous invitent, palabrent avec nous. Un concert de klaxons nous accompagne afin de nous saluer. Des milliers d'Iraniens pique niquent. Les vendeurs de bois sont en place au bord de la chaussée, des fumées montent de partout, les grillades et le thé vont bon train. Nous quitterons cette route vers 15h, des voitures montent toujours. Arrivés à Marivan une famille en voiture tient à nous accompagner jusqu'à un hôtel.  Ils se garent sur du gazon, sortent le tapis et nous offrent le thé, l'aîné parle anglais,  le père veut à tout prix nous inviter dans sa maison, nous refusons gentiment en expliquant que nous voulons nous reposer, il est déçu. Sylvie me dit que si nous voulions, nous pourrions traverser l'Iran sans rien dépenser pour le gîte et le couvert, c'est incroyable l'hospitalité iranienne et le bonheur qu'ils ont à côtoyer les étrangers.
    Iran26 avril: Départ de Marivan après un déjeuner de gâteaux dans un salon de thé,  local. IranSur la carte j'ai bien vu qu'on allait traverser des montagnes mais  je pensais l'étape assez facile. Vers midi on s'arrête boire un thé, à la reprise la route se met à grimper fort sans discontinuer, avec de gros pourcentages par moment, nous comprenons qu'il s'agit d'un col. La majorité des voitures qui nous doublent transportent 2 machines à laver neuves... mystère.  La pluie menace, le vent se lève, nous pousse, dégage les nuages. Nous grimperons dix sept kilomètres sans parvenir au sommet. En fin de journée mes jambes ne répondent plus, je suis exténué,  Sylvie aussi. Le chauffeur d'un camion benne s'arrête devant moi et me propose de m'amener,  il a du thé,  à manger, il ne comprend pas mon refus... moi non plus.  Parvenus dans un espace ouvert où coule une rivière, nous quittons la route et suivons un chemin qui pénètre un vallon adjacent. Nous camperons là,  de la route on ne peut nous apercevoir.
    27 avril: On attaque  vers 9h. Le chauffeur d'une camionnette à plateau, un Kurde en tenue traditionnelle, très chic,  me propose de charger le vélo, il va à Saqqez, la ville où l'on aimerait faire étape. Je refuse, ma réponse le sidère,  le laisse sans voix, je le remercie très Iranchaleureusement.  Nous parvenons assez vite au col, là se dresse une sorte d'auberge, avec baie vitrée.  Nous avalons un petit déjeuner kurde, galettes de pain, fromage crémeux,  beurre, thé.  Sylvie répond aux nombreuses questions qui nous sont posées.  Des ouvriers Kurdes déjeunent, des costauds, les échangIranes sont virils. Et c'est parti pour la descente, des machines à laver continuent à nous dépasser. Je pense en avoir fini des difficultés... grave erreur, on va en baver toute la journée dans des montées interminables, je n'évoque même pas les descentes. De fait on va passer de nombreuses bosses de moyenne montagne, recouvertes d'herbes,  lieux propices au nomadisme. Les villages sont accrochés à flanc et se confondent avec la terre. Parfois le goudron disparait.
    Une nouvelle voiture de police banalisée me contrôle.  Un peu plus loin une voiture 4x4 de militaires gradés vient à ma hauteur. Ils me font signe de m'arrêter et me posent un tas de questions sur notre parcours, mais ne me demandent pas le passeport.
    La journée sera exténuante, sous la pluie par moment. Après 96 kms nous arrivons à Saqqez. Nous dénichons un petit hôtel en plein centre ville,  nous sommes l'attraction du secteur. Le patron nous accompagnera dans un très bon restaurant, il est fier de parler un peu anglais et de pouvoir communiquer notre commande.
    28 avril: Lever tardif, vers 9h, aujourd'hui l'étape sera courte, 38 kms, nos organismes ressentent la fatigue de ces derniers jours. Nous Irandescendons dans l'unique hôtel de Bokan. Le gérant nous signale que nous n'aurons pas de petit déjeuner,  trop peu de gens s'arrêtant dans cette ville et cet immense hôtel. IranJe fais une lessive, le jus coule noir, les diesels et moteurs à essence ont déposé leurs particules.
    L'Iran est un pays pauvre qui souffre de l'embargo. De très vieux véhicules sillonnent les routes, les matériaux de construction sont de mauvaise qualité,  les aménagements intérieurs bricolés. Une grande partie du parc automobile récent est composé de Peugeots 205 et 405.

    Énigme iranienne... résolue!  (par Sylvie )
    IranLors de notre étape à Sanandaj,  en nous promenant à pied dans la ville,  nous avions été assez surpris de croiser plusieurs personnes nous abordant gentiment pour échanger,  mais affirmant en préambule :"Shoma dou charhé hastid!". Ce que je traduis avec mon faible niveau de farhsi,  par: "Vous voyagez en vélo! ". On s'est longtemps interrogés sur le don de divination propre au peuple Kurde, en cherchant dans notre attitude de touristes piétons quel indice avait bien pu indiquer que nous étions des cyclo-voyageurs... On a ensuite pensé que peut-être,  plusieurs touristes en vélo avaient dû faire étape ici, d'où la généralisation? L'énigme est restée entière plusieurs jours,  jusqu'à ce que nous croisions sur la route une de ces nombreuses voitures qui nous arrêtent pour discuter.  Cette fois ci,  c'est un charmant couple de  Kurdes,  qui nous parlent,  très excités: "Shoma dou charhé télévision irani!". Ce qui doit signifier:"On vous a vu à la télévision iranienne! ". On a enfin compris d'où venait notre soudaine et locale célébrité!

    AIranu Kurdistan iranien, , beaucoup d'hommes portent la tenue traditionnelle: pantalon bagghir et ceinture en tissu.  La tenue du dimanche ( qui est ici le vendredi), est encore plus soignée,  portée par notre élégant marchandIran de glaces, qui nous en a gracieusement offert!
    Les femmes ont des tenues très gaies et colorées, des robes longues en tissu léger sur des pantalons et portent en guise de "hidjab", un simple foulard noué autour du cou. Celles qui travaillent dans les champs portent souvent par dessus tout cela un pantalon version homme. Moi qui souffre déjà de pédaler avec tuniqu et pantalon longs, foulard, je ne sais pas comment elles supportent tous ces entassements de vêtements! 
      Iran
                         Trouvez l'intruse!
    Iran
    Iran

     

     

     

     

     


    29 avri
    l: Quelle journée! des montées à n'en plus finir, du vent violent de face, une route étroite et pas mal de voitures dont des furieux roulant très vite. Je me demandais pourquoi j'étais insensible aux paysages de cette région...? pas le temps de m'ouvrir à ce qui Iranm'environne! j'avance l'oeil scotché au rétro,  concentré sur l'effort et la conduite du vélo afin de ne pas faire d'écarts dans les rafales et prêt à dégager sur le bas côté si nécessaire. Malheureusement il a plu cette nuit et le bord de route est de terre meuble, ça enfonce par endroit. Difficile aussi d'avoir de bonnes trajectoires en haut des côtes à petite vitesse et dans les rafales. Le vent s'engouffre dans les mini cols et dévale les montagnes. Quelques bons moments cependant... le repas de midi près d'un mazet où les paysans nous inviteront à entrer pour boire le thé,  une pause dans un lieu surréaliste où le propriétaire de l'épicerie salon de thé a reconstitué grandeur nature un mariage Kurde, il habillera Sylvie d'un costume de femme Kurde afin de faire des photos, une famille arrêtée en bord de route nous tendant par les portières des tasses de thé 200 m avant notre arrivée à leur niveau afin d'être sûrs que l'on s'arrête,  des fruits offerts et un arrêt à l'abri du vent dans la station service, juste avant la ville de Mahabad où nous souperons et coucherons dans un hôtel 2 étoiles. Un ordinateur est à disposition, Sylvie après le repas s'apprête à mettre à jour le blog quand l'électricité disparaît... au lit dans l'obscurité.
    30 avrilIran: Après 35 kms dans les mêmes conditions qu'hier,  nous jetons l'éponge et prenons le bus. Nous paierons pour 75 kms, 2 vélos et 2 passagers, 100 000 rials, soit 2€50. Les hommes Iranet ados d'Orumyeh nous semblent très excités,  nous sommes en Azerbaïdjan. Sur un des murs de la chambre d'hôtel,  comme souvent, une flèche indique la direction de la Mecque. Le bazar est magnifique, intimiste, les mosquées aussi. Celle près de l'hôtel a un dôme et des minarets recouverts de métal argenté, splendide dans la lumière du soir. IranQuand à la population, je ne sais même pas en parler, je n'ai aucun repère, des gens d'origines différentes, aux physiques très typés, se côtoient... et nous au milieu de cette foule! Sylvie me dit que l'Iran est le seul pays du voyage où elle se sent vraiment étrangère, pas de repères de proximité...
    1er mai: Nous quittons Orumyeh en bus pour rejoindre 150kms plus loin la ville de Khoy, en plein coeur de l'Azerbaïdjan iranien. Le vent IranIranest toujours aussi fort et la route un long cordon monotone,  rompu par le passage d'un gros col. Au départ, nous longeons le lac d'Orumyeh,  long de plus de 100km et complètement asséché.  Le cours d'eau qui l'alimentait a été détourné pour fournir en eau l'immense ville de Tabriz. Catastrophe écologique à bien des niveaux que ce lac asséché,  laissant place à une étendue désertique... Les paysages sont très beaux cependant, des sortes de steppes bordées de chaînes de montagnes. On découvre les premiers troupeaux de moutons en transhumance. Nous arrivons dans l'après midi à Khoy, ville tranquille et sympathique que l'on découvre en vélo à la recherche d'un hôtel. Nous sommes à 60km de la Turquie et c'est ici que Irannous franchirons la frontière pour pénétrer dans la région de l'Anatolie orientale.

    3 maiIran: Journée chanceuse... nous allons traverser des zones orageuses, pédaler sous des ciels noirs, vent de face... et recevoir seulement quelques gouttes de pluie de temps en temps. Sur la route circulent très peu de véhicules. Les échanges avec la Turquie ne se font pas par cette frontière apparemment. Après 63 kms à sinuer dans des gorges, le paysage s'ouvre et nous parvenons dans le village de Gothur. Ici, c'est le bout du monde, à l'entrée du village nous croisons que des hommes qui vendent ou discutent en bord de chaussée. Ils ont l'air très surpris de nous voir là. Nous sommes étonnés de trouver un petit hôtel en cet endroit. Nous espérons qu'il y aura, comme indiqué sur la carte,  un poste frontière ouvert un peu plus loin?
    Vers 20h30 nous descendons au restaurant qui de fait ne sert rien à manger, des ouvriers Turcs s'atablant nous invitent à partager le repas qu'un des leur a préparé,  poulet basquaise, yaourt au concombre et un pain entier... merci à eux.

     IranA Yazd,  nous avons rencontré Ashkan Iranien et Miriam Allemande, un jeune couple vivant en France.  Ils accompagnent des voyages en Iran, parlent couramment français. (Ashkan,  merci de me renvoyer sur mon adresse courriel tes coordonnées,  je n'ai plus le carnet où elles étaient notées! Je les rajouterai ici!)

     

     

    Nous quittons l'Iran en ce début de mois de mai. En mai,  fait ce qu'il te plaît, dit le proverbe,  on est loin de pouvoir l'appliquer au peuple iranien... Nous avons parcouru une toute petite partie de ce grand pays, aussi il est difficile de tirer des conclusions. Juste donner notre impression.  L'Iran aura été pour nous un pays de contrastes. On y a découvert une hospitalité incroyable et une tension contenue de la population, beaucoup de contrôle policier visible ou sous jacent. Cette société, où les hommes sont omniprésents, à tous les postes, dans les rues, les commerces, les bureaux, les bazars, finit par être pesante, en plus des regards machistes fréquents... Le gouvernement a récemment déclaré que "les femmes et les hommes étaient égaux en Iran".  Il va falloir alors sérieusement penser à voiler aussi les visages des hommes et à les draper dans de grands tissus noirs... A moins qu'ils ne parviennent comme Ataturk l'a fait pour la Turquie, à séparer l'état et le religieux, mais cela semble loin d'être acquis.
    Je garderai un grand souvenir des mosquées de Shiraz et d'Ispahan et de l'architecture et du charme des bazars Iraniens,  en particulier ceux du Kurdistan . C'est dans cette région,  où l'on a beaucoup été en immersion dans une nature splendide que je me suis finalement sentie le mieux...

    IranIranIran

     

     

     






     

    « CambodgeTurquie »

  • Commentaires

    1
    do
    Dimanche 13 Avril 2014 à 21:51

    Vos premières impressions iraniennes confirment celles d'une amie française qui vivait à Delhi et était rentrée un été en France

    par voie terrestre.... Ce soir, une pensée particulière pour la paix des peuples, contre ceux que l'on nomme trop souvent les puissants

    et qui ne le sont pas... À vous lire, l'envie de feuilleter à nouveau l'Usage du Monde et de repasser l'hiver à Tabriz avec Nicolas Bouvier

    Je vous embrasse bien fort en espérant que vous pourrez rouler avec des roues non... voilées...!

    do

    2
    do
    Jeudi 24 Avril 2014 à 15:58

    C'est devenu un joyeux rituel.... J'ouvre l'écran et après quelques minutes de lecture je prends mon vieil atlasFrance Loisirs et je vous cherche sur la carte... J'ai trouvé Kermanshah et sanandaj mais pas Karmayan... J'ai bien aimé et souri à l'évocation des hommes "vant fumer le narguilé et jouer aux dames


     


    il semblerait que la fonction commentaires sur votre blog bugge un peu, alors je vous laisse en attendant que vous me donniez la réponse à cette question qui me titille "passerez vous par Tabriz"..??? à la prochaine, je vous embrasse


     


     

    3
    Samedi 26 Avril 2014 à 19:56

    Bonjour, Comment allez-vous ? Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, je m'appelle Ashkan et on s'est rencontrés à l'hôtel de Yazd. Je me permets de vous écrire car j'ai regardé votre blog qui est vraiment très intéressant. Par contre, vous m'aviez promis de mentionner également notre agence de voyages spécialisée Iran dans votre blog et de parler un peu de nous (moi et ma femme Miriam). Ce serait très sympa de votre part si vous pouviez le faire.


    Bonne continuation


    Ashkan

    4
    DomiRouaix
    Samedi 10 Mai 2014 à 01:28

    Je viens de tout lire, d'un coup d'un seul ! Ce moment est vraiment particulier, étrange presque à la lecture... D'un côté la gentillesse et l'hospitalité de ces personnes et de l'autre cette espèce de gangue de contrainte, de carcan immuable et de séparation dans cette société. Comment en sont-ils arrivés là ? C'est vraiment singulier... En tous cas, ce pays dans lequel je n'ai jamais eu l'idée d'aller pourrait faire envie à vous lire ! Et il y a un vieux sur une photo, celui qui est entouré de tasses et de théière qu'il semble vendre, hé bé ce vieux, on dirait tonton Robert ! Il faut absolument que je fasse lire cette page à une collègue iranienne qui a un beau visage très doux, un magnifique sourire et qui m'a chanté "bon anniversaire" en persan pour savoir comment elle sent le truc...

    Bon, de grosses bises à vous deux avec moins de cols !

    Domi

    5
    Lundi 12 Mai 2014 à 22:06

    Bonjour les voyageurs cela donne envie de vous suivre en Orient. Bonnes rencontres et pedalage


     

    6
    do
    Jeudi 15 Mai 2014 à 14:23

    Hello, j'ai eu un peu de mal à trouver K

    hoy sur mon atlas, là il s'écrit Khvoy et la grand lac qui est encore en bleu sur ma carte s'appelle Urmia

     au lieu de Orumyeh

     Finalempent, vous nêtes pas passé loin de Tabriz!!!

    L'actualité turque est bien endeuillée avec cette catastrophe minière qui fait la une du journal de France Inter ce midi..... À vous suivre, je vous embrasse dans l'atelier ensoleillé où sont en train de naître les Miroirs d'Icare... Des pensées dans le dédale des voyages....

     

    7
    Mimi
    Dimanche 8 Juin 2014 à 18:50

    Oh que c'est sympa de vous suivre.. merci merci pour ce moment de pur voyage partagé.. je vous envie


     

    8
    Samedi 14 Février 2015 à 06:54

     


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